Rencontres

[Rencontre] Robert Downey Jr. : “Dolittle m’a rappelé les films avec lesquels j’ai grandi”

En 2020, un personnage pourtant déjà bien connu du monde du cinéma et de la littérature fait son retour sur le grand écran : le docteur Dolittle ! Ce personnage créé par l’auteur anglais Hugh Lofting, dans une série de romans à succès publiés entre 1920 et 1952, a déjà été incarné par Rex Harrison en 1967, puis par Eddy Murphy, dans de nombreuses adaptations très libres des romans en 1998 et 2001. C’est ensuite Maya, la fille du docteur Dolittle, incarnée par Kyla Pratt, qui a pris la relève pour trois autres films sortis directement en vidéo.

Après avoir campé le rôle d’Iron Man pendant une dizaine d’années, Robert Downey Jr. s’est donc trouvé un nouveau rôle et – potentiellement – une nouvelle franchise : Dolittle est un docteur qui a la faculté de pouvoir communiquer avec les animaux et comprendre leurs moindres besoins. Dans cette nouvelle aventure, qui troque l’époque moderne pour l’ère victorienne, Dolittle doit explorer le monde pour sauver la Reine Victoria, atteinte d’un mal inconnu. Il pourra compter sur l’aide de sa ménagerie d’animaux mais aussi sur celle de deux enfants : Tommy Stubbins et Lady Rose, incarnés par Harry Collett et Carmel Laniado.

À l’occasion de la tournée mondiale de l’équipe pour la promotion du film, nous avons pu rencontrer les trois acteurs au lendemain d’une avant-première nationale perturbée, à Lille, après que l’avion Robert Downey Jr. n’a pas pu atterrir en raison d’un fort brouillard… Évidemment, le casting aura eu une pensée toute particulière pour le public qui les attendait !

Comment vous êtes-vous approprié le personnage de Dr. Dolittle ?

Robert Downey Jr.Hugh Lofting écrivait ces histoires depuis les tranchées lors de la Première Guerre Mondiale et les envoyait à sa famille et a eu cette merveilleuse idée de les faire vivre du point de vue d’un enfant. Et pour la plupart des films que j’ai fait ces dernières années, il fallait justement couvrir les yeux des enfants lors du dernier acte, parce que des extraterrestres arrivaient, enfin ce genre de truc, quoi. Ce projet m’a rappelé les films avec lesquels j’ai grandi et je n’avais justement jamais fait un film familial, destiné au jeune public. Les enfants l’adorent et les familles passent un bon moment alors… mission accomplie !


Le premier film Dr Dolittle est devenu un si grand classique. Avez-vous eu la moindre hésitation quant au fait de ramener ce personnage à la vie ?

RDJ : J’étais en train de tourner les deux derniers Avengers et Harry est arrivé pour que l’on fasse des essais quand on a décidé de faire le film. Et j’ai tout de suite senti que j’avais trouvé mes partenaires pour le film. J’avais vu la cassette de l’audition de Carmel et je me disais “elle, c’est une star”. Et à partir de là, tout est allé très vite !


Est-ce particulièrement stimulant de donner la réplique à un grand adolescent tel que Robert et qu’avez-vous appris de lui ?

Harry Collett : On s’est énormément amusés sur le tournage, le film est aussi très drôle donc je pense que ça transparaît à l’image. Et Robert est déjà quelqu’un de très rigolo par nature, on peut voir à quel point ce personnage était fait pour lui. Le voir travailler m’a énormément inspiré, on a reçu énormément de soutien de sa part et de notre réalisateur Stephen Gaghan. Je me sens très chanceux d’avoir pu travailler avec une telle icône.

Carmel Laniado : Robert nous a aussi beaucoup invité à passer du temps avec lui en dehors du tournage, ce qui a beaucoup aidé à renforcer notre relation et comme Harry l’a dit, on peut le voir dans le film !

RDJ : On allait dans tous les coins de Londres ! On a aussi une histoire très amusante : pendant le tournage, les enfants étaient logés dans un hôtel qui s’appelle The Bear, et qui est supposé être l’hôtel le plus hanté de toute l’Angleterre…

Carmel Laniado : À peine arrivé, on pouvait sentir à quel point cet endroit était inquiétant, c’était tellement bizarre !

Harry Collett : Je ne savais pas du tout que l’hôtel avait cette réputation et pas grand monde n’y croyait, mais une fois que j’étais dans ma chambre, je me suis dit que je ne pouvais absolument pas y rester !

RDJ : Quand je l’ai vu le lendemain, il avait la frousse ! Donc à ce moment effectivement, si vous lui demandiez ce que ça fait de travailler avec Robert Downey Jr., il vous aurait sûrement dit que c’était comme s’il voyait des fantômes [rires].

Carmel Laniado : Notre coach était dans l’une des chambres qui était censée être hantée, et il nous a montré une vidéo des lumières qui clignotaient…

Harry Collett : Il m’a presque fallu aller dans cinq chambres différentes avant que je ne me sente à l’aise !

RDJ : Ça sera notre prochain film : Lady Rose [le nom du personnage de Carmel Laniado dans le film, ndlr.] et l’Ours hanté !


Évidemment, vous n’avez pas joué avec des animaux qui parlent ! Comment était-ce de travailler sur le tournage avec autant de fonds verts et d’effets spéciaux ?

Harry Collett : La plupart du temps, on devait jouer face à une balle de tennis fixée sur un bâton. C’est comme si on redevenait enfant et que l’on fait comme si des choses existaient autour de nous. Et quand on voit ce que ça donne dans le film, c’est un vrai choc !

RDJ : On a fait vivre un enfer à Harry ! Il était tout le temps en train de porter cinq sacs, de courir partout, parfois on lui disait “coupez !” et parfois non ! Il fait d’énormes cascades accroché à des fils, c’est comme si c’était lui qui jouait Iron Man alors que moi, je n’avais aucune idée de ce que j’étais en train de faire, c’est comme si j’étais juste là à me pavaner.

Carmel Laniado : Sur le tournage, il y avait des acteurs dans des costumes verts [pour ensuite y ajouter les effets spéciaux, Ndlr.]. C’était très amusant de les voir car ils bougeaient tout en faisant les mimiques et les sons des personnages. Pour jouer Chee-Chee le gorille par exemple, il y avait un acteur avec d’immenses coussins sur le derrière donc c’était très drôle à voir !

Harry Collett : Il y a une scène où je dois caresser un ours polaire dans une grotte mais il n’y avait rien à caresser ! Robert m’a dit “fais comme si tu caressais normalement un animal”. C’était extraordinaire de voir le résultat à l’écran !


W.C. Fields [un acteur et jongleur américain, Ndlr.] disait qu’il ne fallait jamais jouer avec un animal ou un enfant. Pour ce film, Robert, vous travaillez avec deux enfants et un zoo complet. Est-ce que c’est un défi punk que vous vous êtes lancé pour donner tort à W.C. Fields ?

RDJ : W.C. Fields était quelqu’un de fou, mais dans le bon sens du terme ! Il me semble qu’il disait aussi qu’il fallait s’éloigner de la nourriture et des téléphones si c’était possible. [Il s’adresse à Carmel] Qu’est-ce qui était inattendu pour toi, toute cette manière de parler, ton costume… ?

Carmel Laniado : Je devais porter un corset tous les jours sur le tournage qui me serrait énormément, mais c’était une bonne chose puisque cela me permettait d’être vraiment dans la peau de mon personnage, je sais que c’est ce qu’ils auraient porté à cette époque, donc oui, c’était un challenge !

RDJ : Et pourtant elle était tout à faire naturelle, elle n’avait qu’à faire une seule prise à chaque scène !


Quel est votre animal préféré dans le film ?

Carmel Laniado : J’aime vraiment beaucoup Chee-Chee [le gorille, doublé par Rami Malek en VO et Donald Reignoux en VF], car on s’attendrait à ce qu’un gorille soit masculin, fort, imposant… mais on peut voir qu’il a des sentiments comme n’importe qui d’autre. C’est tout à faire normal d’être soi-même et d’avoir peur, et je pense que beaucoup de gens peuvent s’identifier à son personnage !

Harry Collett : Pour moi c’est Kevin [l’écureuil, doublé par Craig Robinson en VO et Diouc Koma en VF], même s’il essaie de me tuer dès qu’il me voit !

RDJ : C’est toi qui as commencé en même temps ! [Au début du film, le personnage de Harry tire malencontreusement sur l’écureuil et il tente de le sauver, Ndlr.]

Harry Collett : Il y avait une scène qui a été coupée du film dans laquelle il me disait “je vais te casser la tronche”, et cette autre scène dans laquelle il crie “vengeance !”, il me fait beaucoup rire !

RDJ : Moi j’adore Barry, le tigre ! [Ralph Fiennes en VO, Jean-Pierre Michael en VF]


Harry et Carmel, quelle a été votre réaction quand vous avez appris que vous alliez jouer dans le film, et surtout avec Robert Downey Jr. ?

Carmel Laniado : Je revenais d’une longue journée d’école, j’étais donc chez moi, le soir. Mon père était en train de parler avec ma mère et de lui dire “il faut qu’on lui avoue !”. Et je ne savais pas si j’avais le rôle ou non ! Du coup je pensais que je ne l’avais pas, je me disais que ce n’était pas si grave, puis ils ont essayé de m’en parler, de faire durer le moment, ils me disaient “oui… on sait que tu as énormément travaillé pour ce rôle… ET TU L’AS EU !”. J’étais tellement heureuse, je n’arrivais pas à y croire, surtout parce que c’était mon tout premier rôle. J’étais tout de suite très impressionnée quand j’ai rencontré Robert, mais il est si chaleureux et gentil que toute cette expérience était incroyable.

Harry Collett : J’ai rencontré Robert la veille des essais. J’ai mis ma plus belle tenue pour faire bonne impression ! Je suis entré dans cette chambre d’hôtel, Robert y était et j’étais en train de me dire “oh mon dieu, c’est lui !”. Je me suis assis et j’étais tremblant tout le long de notre rencontre. Il me posait des questions et je ne savais pas quoi dire d’autre que “oui”, être d’accord avec lui…

RDJ : Je croyais que tu étais déjà dans ton personnage !

Harry Collett : Ça a permis d’évacuer toute la tension, j’ai pu passer les essais. Le lendemain, je demandais des nouvelles à ma mère, j’ai vraiment cru que ça n’allait pas le faire… Puis un jour, j’étais en voiture et je rentrais de l’école, puis on m’a appelé et on m’a demandé si je voulais jouer Tommy Stubbins dans Dolittle, et évidemment j’ai dit oui ! C’est un jour dont je me souviendrai toute ma vie.

Conférence de presse du film Le Voyage du Dr Dolittle organisée le mercredi 22 janvier 2020 au Four Seasons George V.
Propos recueillis et traduits par Gabin Fontaine.
Merci à Universal Studios Releasing France et Isabelle Sauvanon pour l’organisation de cette rencontre.

Le Voyage du Dr Dolittle
Un film de Stephen Gaghan
Durée : 1h42
Sortie le 5 février 2020

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