FocusRobert Zemeckis

[Focus Robert Zemeckis] La révolution performance capture

On s’émerveille a peine aujourd’hui des fantastiques effets spéciaux qu’on peut trouver dans les films. Pire, certains cinéastes vieux de la vieille comme Martin Scorsese s’invectivent de la recrudescence de blockbusters qui en sont chargés. Et d’autres cinéastes un peu moins vieux surfent sur la vague déclenchée pour promouvoir l’absence d’effets spéciaux dans leur film, à l’image d’un Todd Philips pour Joker. Ne pas faire d’effets spéciaux est devenu gage de qualité, semble-t-il. Mais penser ainsi, c’est refuser de reconnaître tout un pan de l’histoire du cinéma, et ignorer tout le travail et la filmographie d’un homme : Robert Zemeckis.

Pourtant, les films de Robert Zemeckis transcendent les générations sans la moindre difficulté. Qu’il s’agisse de la trilogie Retour vers le futur, de Forrest Gump, de Qui veut la peau de Roger Rabbit, le talent et le succès du réalisateur n’est plus à prouver. Néanmoins, peu sont ceux qui savent qu’on lui doit aujourd’hui l’utilisation des effets spéciaux qui permettent à Tony Stark d’enfiler d’un claquement de doigts l’armure d’Iron Man, à Jake Sully de transvaser son esprit vers son Avatar ; ou encore qui permettent à Benedict Cumberbatch de totalement incarner un dragon !

Robert Zemeckis a ouvert la voie à la démocratisation de la performance capture. Vous savez, quand des comédiens sont habillés tout en vert ou en gris avec plein de petits points partout sur eux, même sur le visage ? C’est de la performance capture ! Le principe part de la motion capture, c’est à dire la “simple” capture de mouvements qui sera traitée dans un second temps par des graphistes. Avec la performance capture, une méthode plus poussée, le jeu des comédiens (y compris les moindres mouvements du visage, jusqu’à l’expression des yeux !) est capturé pour être directement appliqué à un modèle 3D. De plus, le réalisateur a directement accès sur le plateau à une image proche du rendu final.

Bob l’oublié

Le 21 décembre 2009, Le Figaro signe un article à l’occasion de la sortie d’Avatar, titré « La révolution Avatar ». On peut y lire qu’en matière d’effets spéciaux, “finis les démarches raides et les décors figés du Pôle Express de Bob Zemeckis“. Plus loin, l’article avance même que ce film « annonce une nouvelle génération de films numériques parmi lesquels […] la nouvelle version de Yellow Submarine, le dessin animé des Beatles, signée de Robert Zemeckis (film qui ne verra jamais le jour).

Il faut quand même effectuer une sacrée gymnastique mentale pour, dans le même article, dénigrer l’incroyable technique déployée sur le Pôle Express, tout en arguant que désormais les films suivant ne s’effectueront qu’à travers le prisme d’Avatar. C’est juste oublier que cette révolution, Zemeckis la mène depuis des années déjà, avec une trilogie de film “tournés” en performance capture. Robert Zemeckis cherchait à créer un nouveau genre de cinéma, rien que ça, qu’il appelait à l’époque “cinéma virtuel”. Et il n’a pas attendu James Cameron pour s’y atteler.

Avant Le Pôle express

Robert Zemeckis est clairement un réalisateur qui cherche à faire progresser le cinéma. Il arrive, dans Qui veut la peau de Roger Rabbit (1988), à mixer animation 2D et film live (en prises de vues réelles) avec une fluidité et une pertinence qui n’est plus à prouver. Le mélange des genres n’est pas gratuit et la 2D est totalement incluse dans la narration du film. Les personnages animés (les “Toons”) ne sont pas que prétextes au gag facile et enfantin, ils sont des personnages du film à part entière au même titre que les comédiens “live” du film.

Plus tard, son film La mort vous va si bien (1992), une comédie fantastique qui réunit Bruce Willis et Meryl Streep, fourmille d’effets visuels réalisés par Industrial Light&Magic, la société de George Lucas, père de Star Wars. Sa société est la première à créer, pour ce film, une texture de peau humaine générée par ordinateur ! Le film remporte l’Oscar 1993 des effets visuels et est considéré comme une étape majeure dans l’avancée des effets visuels réalisés par ordinateurs.

Pour son film suivant, Forrest Gump (1994), Zemeckis réussit à intégrer Tom Hanks dans de véritables archives historiques, en faisant notamment rencontrer Forrest avec les présidents John Fitzgerald Kennedy et Lyndon B. Johnson. Des séquences qui fonctionnent encore parfaitement aujourd’hui.

En 1997 sort Contact, son film de science-fiction avec Jodie Foster. Ce film contient l’une des séquences les plus impressionnantes de l’histoire des effets spéciaux (voir vidéo ci-dessous) : un plan séquence (une séquence sans coupure caméra) qui se termine avec la caméra qui “traverse” un miroir, jusqu’à ce que le spectateur se rende compte qu’il regardait une image inversée depuis le début, un plan totalement impossible à tourner tel quel sans effets visuels. Ces derniers ont pour but de rendre invisible le travail de la caméra. Il est intéressant de noter déjà qu’à l’époque, le film fut nommé aux Oscars 1998 dans la catégorie meilleur mixage son, mais fut totalement éclipsé par Titanic, un autre petit film méconnu d’un certain James Cameron

A l’aube du XXIe siècle, Robert Zemeckis bute. Après deux nouveaux films sortis en 2000 (Apparences et Seul au monde), le réalisateur cherche à aller plus loin que ce qu’il sait déjà faire dans le cinéma. James Cameron tente de tourner Avatar dès 1997, mais finit par mettre le projet en suspens, estimant que la technologie n’est pas suffisamment avancée. Son salut viendra de Zemeckis lui-même, qui va prendre les choses en main. Avec son studio ImageMovers (justement fondé en 1997), il va mettre en projet trois films, distribués par trois sociétés de production différentes, qui seront réalisés grâce à sa méthode de performance capture: Le Pôle express, La légende de Beowulf, et Le drôle de Noël de Scrooge.

Le cinéma virtuel de Zemeckis

En 2002 sort le deuxième opus de la trilogie du Seigneur des anneaux : les Deux Tours, de Peter Jackson. Le film est un succès international, et le monde découvre avec merveille un personnage un peu différent des autres : un certain Gollum, interprété par Andy Serkis. Gollum est un habile mélange de captation réelle et virtuelle du jeu du comédien. Le résultat est très convainquant, et Robert Zemeckis va s’emparer du procédé utilisé pour rendre Gollum à l’écran pour le perfectionner à travers la performance capture.

Pour ses prochaines réalisations, intégralement réalisées en performance capture, Robert Zemeckis va réfléchir le cinéma “à l’envers”. Non pas commencer par la post-production et terminer par l’écriture (ça, c’est Ready Player One…), mais réfléchir le tournage de manière différente. Zemeckis va décider de s’affranchir des contraintes techniques impliquant les décors, les lumières, les caméras… Plutôt que d’attendre que toute une équipe de tournage soit prête au moteur, au risque de devoir corriger quelque défaut visuel au détriment du jeu de l’acteur si sa prise était bonne, Zemeckis va capturer le jeu de l’acteur seul, puis construire les plans, le décor, la lumière après, en post-production.

C’est pourquoi il ne faut pas parler de films d’animation lorsque l’on parle des films en performance capture de Zemeckis. Qu’il s’agisse de Tom Hanks, Angelina Jolie, ou Jim Carrey, les comédiens jouent de leur corps comme un film en live action classique. Un modèle 3D est créé, comme un costume que le comédien porte pour jouer. Ils ne font pas que doubler un personnage !

Le pionnier : Le Pôle express

C’est en 2004 que sort le premier film intégralement réalisé grâce à la performance capture : Le Pôle express. Tom Hanks y incarne pas moins de six rôles différents ! Y compris le rôle du jeune garçon héros du film : oui, Tom Hanks incarne un enfant dans ce film. Toute corrélation avec Big de Penny Marshall, dans lequel Tom Hanks joue un enfant dans un corps d’adulte, est purement fortuite ! Si le film connaît un certain succès public (300 millions de dollars de recettes mondiales), la réception critique est légèrement mitigée.

De nombreuses personnes à l’époque ne comprennent pas forcément qu’il s’agit du premier film en performance capture, qu’il ne s’agit pas d’animation 3D plus classique à l’image d’un Toy Story (1995) ou d’un Final fantasy : les créatures de l’esprit (2001). A l’image de l’article du Figaro précédemment cité, certains trouveront “l’animation” raide, dérangeante. Ils se situent en plein dans la “vallée dérangeante”, théorie du roboticien Mori Masahiro selon laquelle plus un robot ressemble à un être humain, plus ses imperfections, même les plus petites, vont nous paraître monstrueuses. En l’occurrence ici, il ne s’agit pas d’un robot, mais d’un modèle 3D.

Si on ne peut pas blâmer les spectateurs de ressentir une gêne (après tout, c’est littéralement le premier film de ce genre qui leur est donné de voir), il est dommage de s’arrêter à ce détail. Car c’est une véritable révolution à laquelle vient de procéder Robert Zemeckis. Plus que jamais, il donne la possibilité à un acteur d’interpréter pleinement des rôles très variés (un enfant, des adultes, un… jouet, tiens, Tom Hanks incarnant également une marionnette de Scrooge), et il est lui-même très libre d’interagir derrière avec le jeu du comédien. Des plans de caméras totalement impossibles à réaliser en vrai vont désormais être possibles, et l’idée de l’utilisation de la 3D comme outil narratif plus que comme simple outil immersif va voir le jour. Et Robert Zemeckis n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin : il persiste et signe avec son film suivant.

Le cinéma le plus neuf, l’histoire la plus vieille

Si Le Pôle express visait surtout les jeune spectateurs, son film suivant, La Légende de Beowulf, sorti en 2007, s’adresse clairement à un public plus âgé. D’où peut-être son échec au box office. Malgré tous les ingrédients réunis, la recette ne prendra pas et le film n’aura pas le succès qu’il aurait dû connaître.

Car La Légende de Beowulf est un film magnifique. Sur un scénario de Neil Gaiman et Roger Avary (Neil Gaiman est entre autres l’auteur de American Gods, le coauteur de Good Omens, Roger Avary est le coscénariste de Reservoir Dogs, Pulp Fiction…), le film adapte le très vieux poème anglo-saxon Beowulf, relatant l’histoire d’un héros qui tue un monstre et devient roi, perpétuant ainsi une vieille malédiction. C’est le producteur Steve Bing qui convainc Roger Avary (détenteur des droits du scénario) que Robert Zemeckis est le réalisateur qu’il faut pour leur histoire, grâce à la performance capture. Et ce dernier les convainc à son tour de réécrire certains passages, car à budget égal, le procédé de performance capture permet plus de libertés visuelles. Certaines scènes d’action, notamment sur la fin du film, sont donc introduites.

Robert Zemeckis adapte donc, avec la technologie la plus récente, un cinéma qu’il est en train d’inventer, l’une des histoires de fantasy les plus vieilles au monde. Il y déploie un casting de choix : Anthony, Hopkins, Angelina Jolie, John MalkovitchRay Winstone incarne le guerrier Beowulf, ainsi que le dragon de fin du film !

Malheureusement, malgré tous ces éléments réunis pour faire de La Légende de Beowulf le succès qu’il aurait dû être, il n’en sera rien. Le film est un échec au box office, totalisant moins de 200 millions de dollars de recettes dans le monde. Il récolte des notes critiques très mitigées, dépassant à peine la moyenne. Les spectateurs ne saisissent pas l’intérêt du projet. Pourquoi iraient-ils voir un “film d’animation” de fantasy sur une obscure légende anglo-saxonne, quand la trilogie du Seigneur des Anneaux est encore fraîche dans l’esprit de chacun, et qu’un an auparavant sortait Eragon, une repompe éhontée de Star Wars à la sauce héroïque fantasy qui n’a convaincu personne ? D’autant que “l’animation” est un peu étrange, non ? Peut-être que le message n’est toujours pas passé concernant la performance capture…

Le chant du cygne du cinéma virtuel de Zemeckis

Enfin, le dernier film de la trilogie du cinéma virtuel sort en 2009 : Le drôle de Noël de Scrooge, d’après A Christmas Carol de Charles Dickens (d’ailleurs, on pourrait tout aussi bien appeler cette trilogie “la trilogie de Noël de Zemeckis“, les trois films se passant entre le 24 et le 25 décembre). Zemeckis va tout donner pour cette histoire qui le passionne depuis toujours. De ses propres dires, “c’est comme si Dickens avait écrit son histoire pour en faire un film […]. C’est la plus merveilleuse histoire de voyage dans le temps qui ait jamais été écrite” (extrait de bonus du coffret DVD de Retour vers le futur). Comme pour son précédent film, Robert Zemeckis réunit un casting de poids, avec Jim Carrey, Gary Oldman, Colin Firth, Robin Wright, Bob Hoskins… Et comme pour ses précédents films, le réalisateur retrouve son compositeur fétiche, Alan Silvestri, qui livre ici une de ses partitions les plus mémorables.

Le film est une réussite en tout point de vue. Très proche du roman d’origine, il capture l’essence de l’histoire de Dickens sans rien y édulcorer sous prétexte qu’il s’agit d’un film de Noël. Il y a autant de séquences magiques que de séquences cauchemardesques. Véritable roller-coaster émotif et visuel, le film nous embarque sans jamais nous lâcher (tels les esprits de Noël qui guident Ebenezer Scrooge) dans cette histoire de rédemption tardive. Usant de la technologie de la performance capture pour nous livrer à nouveau des points de vue et des plans de caméra impossibles à obtenir en temps normal : des plongées vertigineuses, des contre-plongées d’un point de vue ridiculement petit…

Le film est un véritable best of de tout ce qui est possible de réaliser grâce à la performance capture. De plus, grâce au progrès des technologies, la sensation de malaise dit de la vallée dérangeante est tout de même fortement atténuée. Et le choix du cinéma en performance capture permet de ne pas avoir d’effets spéciaux vieillissants dans un film live : tout le film est au même niveau visuel, et il vieillit fort heureusement très bien.

Malheureusement, il y a un autre aspect que ce film partage avec ses prédécesseurs : son échec en salle. Avec moins de 300 millions de dollars de recette (pour un budget de 200 millions) Disney, qui distribuait le film, annonce cesser sa collaboration avec ImagineMovers, qui se voit donc contraint de mettre la clé sous la porte.

Un mois plus tard…

Avec l’échec du Drôle de Noël de Scrooge, il faut peut-être se faire une raison : la performance capture n’est pas destinée à fonctionner. Robert Zemeckis aura beau avoir les meilleurs intentions du monde, il n’empêche que les spectateurs ne sont pas prêts pour des personnages intégralement interprétés via la motion capture. Il leur faudra du temps. Disons, un bon mois. Oui, un mois, ça paraît parfait. D’ici là, le monde aura le temps de s’y faire.

En effet, un mois, c’est le temps qui sépare la sortie de Scrooge et celle d’Avatar. Là où a échoué, à trois reprises, Robert Zemeckis, James Cameron réussit du premier coup à démocratiser la performance capture. Et pas n’importe quelle réussite : il s’agit ni plus ni moins du plus gros succès de l’histoire du cinéma à l’époque, le réalisateur battant son propre record détenu grâce à Titanic. Aïe. Coup dur pour Zemeckis. Lui qui a pris en main les nouvelles technologies afin de mettre au point un nouveau procédé de cinéma, il se fait coiffer au poteau par celui-là même qui disait vouloir attendre que les technologies soient plus avancées pour réaliser son film.

Mais sans doute James Cameron a-t-il visé plus juste : il ne propose pas de modèles 3D d’humains, seulement des grands aliens humanoïdes à la peau bleue. Exit donc le problème de la vallée dérangeante. Avec son histoire chargée de symboles mais facile d’accès, il touche clairement un public beaucoup plus large qu’un Zemeckis et son obscur Beowulf. Bref, James Cameron a tout compris. Il a gagné la course à laquelle il ne savait pas vraiment qu’il participait.

Ce qui reste du cinéma de Zemeckis

Mais s’agit-il pour autant d’un échec total pour Robert Zemeckis ? En 2011, Universal Pictures remet sur pied ImageMovers. Le studio de Zemeckis va de nouveau pouvoir produire des films, mais désormais plus classiques. Exit le film intégralement réalisé en performance capture. Le réalisateur fera appel à ce procédé pour quelques scènes de The Walk en 2015, avec Joseph Gordon-Levitt.

Mais c’est surtout en 2018 avec Bienvenue à Marwen, avec Steve Carell, que le réalisateur renoue vraiment avec la performance capture. Robert Zemeckis profite de cette histoire vraie d’un homme frappé d’amnésie suite à un coma. Celui-ci va créer de manière thérapeutique un village fictif à l’aide de poupées et de maquettes. Il s’agit selon le réalisateur, dans une interview donnée au Hollywood Reporter, du “combat d’un homme brisé qui découvre comment l’imagination artistique peut rétablir l’esprit humain”.

Via l’utilisation de miniatures, Zemeckis va mélanger prise de vues réelles et performance capture. Pour un résultat plutôt réussi : le film va connaître un joli succès critique… En France en tout cas. Aux États-Unis, le film est très mal reçu. Et Bienvenue à Marwenn est un cinglant échec au box office. Seulement 100 000 entrées en France, à peine 10 millions de dollars de recettes dans le monde. La performance capture ne réussit définitivement pas à Zemeckis

L’héritage

Pour autant, la performance capture est-elle nécessairement synonyme d’échec ? Avatar n’était-il qu’un simple coup de chance ? Évidemment que non ! Comme cité en introduction, de nombreux films et cinéastes utilisent désormais le procédé de la performance capture dans leur film.

Les films de l’écurie Marvel par exemple : on ne peut que vous conseiller de voir quelques vidéos making of des derniers Avengers : Infinity war et Endgame (sortis en 2018 et 2019) pour se rendre compte que la quasi totalité des comédiens sont bardés de dizaines de capteurs nécessaires à la retranscription de leurs mouvements afin que leur costume généré en 3D leur colle à la peau. Robert Downey Jr. en Iron Man, Josh Brolin en Thanos, Mark Ruffalo en Hulk… Pour ne citer qu’eux.

Mais il est intéressant de regarder également ce qui s’est fait du côté de la trilogie du Hobbit, toujours de Peter Jackson ; alors que Robert Zemeckis s’inspirait du travail effectué sur le personnage de Gollum dans Le Seigneur des Anneaux, c’est à son tour Peter Jackson qui a pu s’inspirer de l’ensemble du travail de Zemeckis pour rendre ses personnages plus vrais que nature, notamment le terrifiant dragon Smaug, interprété jusqu’au bout des griffes par Benedict Cumberbatch !

D’ailleurs, Andy Serkis, interprète de Gollum, s’est fait spécialiste en la matière. Il interprète de nombreux personnages en motion capture à travers de nombreux films : il est King Kong dans le film éponyme de Peter Jackson en 2005, il incarne le Capitaine Haddock du Tintin de Spielberg en 2011, le Leader Suprême Snoke dans les derniers Star Wars (de 2015 à 2019), le célèbre singe César dans la série de film La planète des singes (de 2011 à 2017).

Andy Serkis a d’ailleurs fondé en 2011 aux côtés du producteur Jonathan Cavendish son propre studio de performance capture : The Imaginarium. Il est même réalisateur de la seconde équipe pour la trilogie du Hobbit, et depuis 2017 avec Breathe, de ses propres films. Andy Serkis a notamment réalisé Mowgli : la légende de la jungle (sorti en 2018) pour lequel il fait appel à la technologie de la motion capture, et sera prochainement le réalisateur de la suite de Venom : let there be carnage. Nul doute qu’il fera de nouveau appel à la performance capture pour les personnages symbiotiques de Venom et Carnage !

Robert Zemeckis semble être condamné à rester dans l’ombre en ce qui concerne son apport aux technologies cinématographiques. Aucun de ses films en performance capture n’a connu le succès qu’il méritait. Pourtant aujourd’hui, presque chaque blockbuster y a recourt. Sans le savoir, vous regardez et appréciez des films qui doivent beaucoup à Robert Zemeckis, à la révolution qu’il a tenté de mener. S’il n’a pas réussi à créer à l’époque son “cinéma virtuel”, nul doute que sans lui, le cinéma aurait un visage bien différent aujourd’hui ! Et, de grâce, méfiez-vous des réalisateurs qui prônent l’absence d’effets spéciaux comme gage de qualité. Si vous imaginez que Robert de Niro n’est rajeuni que grâce au maquillage dans The Irishman

Bastien Rouland

Vous avez aimé cet article? Abonnez-vous à notre newsletter et découvrez chaque mois le meilleur de Silence Moteur Action!

Vous pouvez aussi nous soutenir gratuitement en regardant une publicité : cliquez ici ! 


Comment here