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[Focus Robert Zemeckis] Avec Tom Hanks, une collaboration à succès

Tom Hanks, probablement l’acteur préféré de notre époque tant il nous a accompagnés et fait vivre un grand nombre d’aventures : tantôt pilote d’avion, soldat, astronaute, enquêteur, ou même journaliste, il possède le don de nous faire passer par toutes les émotions.

Et pour cause, il a travaillé avec de nombreux réalisateurs qui marquent le box office : Ron Howard avec qui il a tourné cinq films (Splash, Apollo 13 et la trilogie Da Vinci Code). Mais aussi Steven Spielberg, avec qui il partage sans doute la collaboration la plus fructueuse de l’histoire : Le Pont des espions, Il faut sauver le soldat Ryan, Le Terminal, Arrête-moi si tu peux, sans compter les séries qu’ils ont coproduites. Mais il y a un réalisateur avec qui Tom Hanks a construit une relation particulière au fil de sa carrière : Robert Zemeckis.

“Cours Forrest ! Cours !”

Au départ, Winston Groom, auteur du livre Forrest Gump, envisageait John Goodman (The big Lebowski) alors héros de la série Roseanne, comme protagoniste principal de son œuvre. Mais Robert Zemeckis, prenant en main le projet, préférera contacter Bill Murray, auréolé du succès d’Un jour sans fin et John Travolta qui renoue alors avec le succès. Tout deux refusent le rôle et le scénario tombe entre les mains de Tom Hanks, tout juste oscarisé pour son rôle dans Philadelphia de Jonathan Demme. Un an plus tard le film remporte six oscars, 679 millions de dollars de recettes et reste plus de 46 semaines au box office. Et pour la deuxième année consécutive, Tom Hanks empochera l’Oscar du meilleur acteur.

Pourtant, tout n’était pas joué d’avance. Alors qu’il se confiait au journaliste américain Graham Bensinger, Tom Hanks révèle qu’il aurait lui même payé, de sa poche, certaines scènes que le studio aurait trouvé trop chères. Robert Zemeckis aurait appelé Hanks en lui donnant le montant nécessaire à la réalisation de la scène. Et avec une entière confiance en son réalisateur, Hanks a tout de suite accepté sa demande. Tous deux ont financé une des scènes les plus cultes du film, et pas des moindres, puisqu’il s’agit de la scène où Forrest court à travers les États-Unis après la disparition de Jenny. Une décision que les deux amis ont mûrement négociée puisqu’en échange du financement de la scène, le studio devrait par la suite partager les bénéfices du film avec les deux hommes.

Fort du succès de Forrest Gump, Zemeckis, Hanks et Eric Roth (scénariste du film) se sont penchés sur l’avenir du héros. Une suite devait suivre Forrest des années 80 à 2000, rencontrant des figures majeures de cette époque ainsi qu’en étant malgré lui impliqué dans les évènements majeurs de l’Histoire. Elle devait également mettre l’accent sur la relation avec son fils, rejetée comme lui par ses camarades de classes. Eric Roth rend alors le scénario le 10 septembre 2001, veille des attentats. Roth explique en interview : « Tom Hanks, Robert Zemeckis et moi avons vécu ce drame ensemble. Nous nous sommes dit : “dans ce contexte, ce film n’a plus aucun sens” ». La suite des aventures de la personnification même des États-Unis, n’aurait fait que ressasser un passé douloureux.

Quelques années plus tard, l’histoire réunit encore les deux hommes. Mais cette fois c’est bien de Tom Hanks que vient l’idée. En regardant une émission télé, où un journaliste interviewait un ancien pilote qui pendant la deuxième guerre mondiale, à la suite du crash de son avion, s’était retrouvé isolé du reste du monde pendant quelques jours. L’opposition entre le mythe du rêve de l’ile déserte et la terrible réalité de l’expérience fascine à tel point Tom Hanks que l’idée de vouloir travailler dessus lui reste. Et puis au fil des années et des rencontres, Hanks parle de ce projet au scénariste William Broyles Jr (Apollo 13), et cette idée d’un Robinson moderne prendra vie à travers celle de Chuck Noland, employé chez FedEx, entreprise de transport de courrier dont l’avion cargo va s’écraser au milieu de l’océan pacifique, le laissant seul sur une ile déserte. Pour leur deuxième collaboration, Seul au monde sorti en 2000, est un énorme succès commercial.

Une confiance sans faille

Mais le succès de Seul au monde (Cast away, en version originale) n’en serait rien sans la collaboration avec Robert Zemeckis. Car c’est bien Tom Hank qui a organisé les retrouvailles, pari risqué des deux hommes. Avec ses 134 minutes de projection, dont plus de la moitié avec Tom Hanks seul à l’écran. Véritable test pour l’acteur qui a su se mettre en danger au bon moment. Sublimé par le perfectionnisme de Zemeckis, grâce au travail d’acteur, mais aussi d’apparence. Il coupe volontairement le tournage d’un an, lui permettant de retrouver un Tom Hanks amaigris de plus de vingt kilos. Cette « nouvelle » version de l’acteur ne serait pas sans rappeler sa jeunesse mélancolique dans Big (de Penny Marshall) alors qu’il est dans une quarantaine bien entamée. Robert Zemeckis en conclura que, « vu la difficulté, nous ne nous serions certainement pas embarqués dans ce projet sans avoir déjà travaillé ensemble par le passé ».

En 2004, le duo frappe de nouveau en proposant un film tourné intégralement en performance capture. Pas de caméra, tout se passe en studio. Après avoir été intégralement numérisé, Tom Hanks se voit confier les rôles du jeune héros, du Père Noël, du père de l’enfant, du contrôleur, du vagabond et même de la marionnette du vieux Scrooge. Malgré un film qui n’a pas les retours escompté compte tenu de l’investissement premier, il n’en reste pas moins une réussite artistique pour les deux hommes en offrant au public le premier film tourné via ce nouveau procédé. Tom Hanks confiera même lors d’une interview que « le problème avec Bob (Robert Zemeckis), c’est qu’il ne fait jamais deux fois le même film ». Et c’est en cela que les deux hommes tirent toute leur confiance, même s’ils se lancent dans des projets auxquels personne ne croit.

Et maintenant ? Cela fait plus de seize ans que les deux amis ne se sont pas retrouvés pour de nouvelles aventures. Et pourtant, les retrouvailles pourraient bien avoir lieu. En effet les Studios Disney ont toujours souhaité voir Tom Hanks en Gepetto, pour un éventuel remake en live action de Pinocchio. Paul King (Paddington) était alors pressenti pour tourner les aventures de la célèbre marionnette en bois, mais les négociations n’ayant pas abouti, les deux hommes s’étaient  alors désengagés du projet. Mais la souris aux grandes oreilles a plus d’un tour dans son sac, le studio aurait demandé à Robert Zemeckis de tourner la fameuse adaptation live. Tom Hanks lui-même aurait alors contacté son ami réalisateur pour lui faire part de son intérêt de tourner avec lui ce qui pourrait devenir leur quatrième collaboration.

Xavier Dupuys


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