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[Focus Nature] Quand la nature reprend ses droits dans les films catastrophes

Le 22 avril prochain, nous célébrerons la « Mère-Nature » puisqu’il s’agit de la Journée Internationale de la Terre. Nous lui dédions donc notre focus du mois, et aujourd’hui la manière dont les cinéastes lui donnent raison dans les films catastrophes et post-apocalyptiques.

On connaît la chanson : lorsque l’Homme va trop loin, néglige sa planète et ses habitants, le retour de bâton est à la hauteur de son méfait. Et souvent, au cinéma, c’est la Nature qui reprend ses droits et qui inflige une leçon cuisante à l’humanité.

La fin d’un monde ?

Lorsque l’on parle de film catastrophe, on pense immédiatement au cinéma Hollywoodien. Peut-être parce qu’il faut des moyens considérables pour filmer l’apocalypse. Mais peut-être aussi car l’Amérique est un pays rongé par cette peur de disparaître, et son cinéma national aime en jouer. En cela, nous pouvons différencier deux sortes de films qui parlent de catastrophe naturelle pour évoquer l’état du monde.

Le premier serait les films que l’on qualifierait de conservateurs, qui misent sur la destruction de notre planète comme un spectacle, un divertissement. Ces films, comme 2012, l’Aventure de Poséidon ou La tour infernale, sont loins de l’humain, ne cherchent pas l’empathie. Il est plutôt question de « laver » le monde de tout ce qui n’allait pas selon l’Ancien Monde, et de se recentrer sur la Nation où l’égoïsme est roi. Concrètement, dans 2012, on parle de milliards d’êtres humains qui meurent. Pourtant, jamais la caméra n’est à hauteur d’homme et préfère être flottante, souvent en plan large comme pour nous faire savourer la destruction. Notre regard (ou celui que Roland Emmerich, le réalisateur, nous force à avoir) est un regard divin, où il n’y a aucune proximité avec l’humain.

Le deuxième genre, à l’opposé, ce sont les films humanistes, proches du cœur. C’est La guerre des mondes de Spielberg où la nature n’est pas l’antagoniste, mais le héros qui tue la menace extraterrestre via les virus qui affectent les humains. Le film se concentre autour d’un père divorcé qui essaye, quitte à se sacrifier, de sauver ses enfants. Tout le cinéma de Spielberg est d’ailleurs traversé par l’humain. Il y a donc ces films, qui traitent de catastrophe naturelle où la mère-nature reprend ses droits non pas par plaisir malsain (comme dans la première catégorie de films dont nous parlions) mais parce que nous sommes allés trop loin. La leçon (s’il y en a une) serait de dire que l’antagoniste de l’humanité est l’Homme ! C’est aussi le cinéma de James Cameron (on pense à Abyss, Avatar même s’il n’est pas question de catastrophe), Soleil vert, The Impossible, The Mist (basé sur le roman de Stephen King), Armaggedon ou le mythe Godzilla. Le film éponyme de 2014, réalisé par Gareth Edwards, synthétise bien ses questions : le personnage de Godzilla est presque divin, un Dieu des océans qui symbolise la Nature. S’il est créé par des bombes nucléaires dans l’imaginaire japonais originel, le film d’Edwards préfère le remplir d’humanité. Et malgré tous nos efforts pour l’éliminer, Godzilla sauve l’humanité.

Vers d’autres horizons

Si beaucoup de films sont occupés à filmer l’apocalypse plutôt qu’à en tirer des vrais questionnements, ce n’est pas le cas des films post-apocalyptiques (qui se déroulent après l’effondrement). Le jour d’après, du même Emmerich à l’origine de 2012 ou Independance Day, a un pied entre le film catastrophe et le film post-apocalyptique, puisque les deux y sont traités. C’est peut-être ce qui octroie au film de 2004 un aspect plus progressiste que le reste de la filmographie du réalisateur. Ici, il est clairement dit que l’humanité est (via le réchauffement climatique) responsable de son propre effondrement. Le message est alarmiste, mais pas défaitiste : voici ce qui pourrait se passer si vous continuez à ignorer les messages.

Mais des films comme La Route, Je suis une légende, Les Fils de l’homme, ou Mad Max : Fury Road sont autant de manières différentes d’évoquer l’après, comment essayer de reconstruire le monde une fois que la nature a repris ses droits et donné sa leçon à l’humanité. Aucun de ces films n’est joyeux. Les deux premiers présentent un monde vidé de ces habitants, où les quelques survivants errent dans les ruines de l’Ancien Monde (un père et sa fille dans l’adaptation de Cormac McCarthy, Will Smith et son chien dans le film de Francis Lawrence), uniquement reliés par l’amour. Dans Les Fils de l’homme d’Alfonso Cuaron, l’humanité ne peut plus faire d’enfants… La fin est donc proche, et le dernier espoir tient dans un petit groupe de personnes hétéroclites. Enfin, Fury Road présente un monde désertique où, à cause de chamboulement climatique, la société s’est effondrée.

Ainsi, il existe autant de manières de raconter l’effondrement, l’apocalypse par catastrophe naturelle, qu’il existe de films. Heureusement, en marge d’Hollywood existent désormais des œuvres de véritables auteurs et moins dans la recherche du spectaculaire, comme Take Shelter de Jeff Nichols ou Melancholia de Lars Von Trier. Et comme l’apocalypse est mondiale, on est pas surpris de voir d’autres pays le raconter comme récemment la France avec Dans la brume ou la Chine avec Wandering Earth.


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