[Dossier] Star Trek : par où commencer ?

Avec la sortie de Lower Decks, la saison 3 de Discovery, la prochaine saison 2 de Picard, et les quatre (!) autre séries Star Trek en préparation, l’actualité de la franchise spatiale est chargée ! Et ceux qui ne connaissent pas bien Star Trek mais qui veulent s’y intéresser peuvent se poser la question : par où commencer ? Pour les puristes, la réponse est sans équivoque : il n’y a que la série originale de 1966 qui prime. Sauf que voilà : elle est datée, elle est kitch, et peut ainsi effrayer le spectateur non averti ! Peut-être les curieux d’aujourd’hui préfèreront-ils une série à la pointe des effets spéciaux. Peut-être y en a-t-il familiers avec les films sortis plus récemment, axés dans l’action et le grand spectacle. L’avantage, c’est qu’après plus de 50 ans d’existence, Star Trek offre la possibilité d’emprunter de nombreux chemins différents pour découvrir son univers. Petit tour d’horizon des différentes séries et films Star Trek sortis depuis 1966 !

Cliquez sur les icônes pour dévoiler les différents films et séries !

1966 – 1974 : l’équipage Original

Commençons tout de même par le commencement. En 1966 débarque sur la chaîne américaine NBC Star Trek, créée par Gene Roddenberry. Une étonnante série de science-fiction qui n’a failli jamais voir le jour. Un premier pilote avait été tourné, The Cage. Un pilote est un épisode-test, censé être valeur étalon pour valider la mise en chantier de la production d’une série. Mais les producteurs trouvaient The Cage trop cérébral. Ils furent quand même impressionnés par l’ambition proposée, et, chose extrêmement rare, ont commandé un second pilote. Intitulé Où l’Homme dépasse l’Homme, on y découvre l’équipage qui nous suivra jusqu’à leur dernier tour de piste en 1991. William Shatner interprète le Capitaine Kirk, Nichelle Nichols est l’officier Nyota Uhura… Un seul acteur reprend son rôle d’un pilote à l’autre : Leonard Nimoy, qui incarne le Vulcain Spock.

Cet extra-terrestre humanoïde si caractéristique avec ses oreilles pointues et ses sourcils taillés deviendra par la force des choses l’icône de la franchise. Le fameux salut vulcain est connu de tous et toutes. Même par ceux qui ne connaissent pas vraiment Star Trek ! À l’époque, la série ne connaît pas un succès retentissant. Et malgré une solide niche de spectateurs américains, la série s’arrête au bout de trois saisons. Elle connaîtra une suite animée, en  1973, avec une grande majorité du casting original au doublage.

Star Trek, la série originale, est une excellente porte d’entrée à l’univers de la franchise. En plus d’aborder des sujets chers à la science-fiction (le voyage interstellaire, les rencontres extra-terrestres, la découverte de nouvelles civilisations et nouvelles formes de vies), Star Trek est une série avant-gardiste. Cela peut faire sourire, avec ses décors en carton-pâte et ses costumes particulièrement kitchs. Mais à l’époque, la Seconde Guerre mondiale n’est pas très loin derrière, on est en pleine Guerre froide, et les tensions raciales sont très fortes. Pourtant, la série propose parmi ses personnages principaux un Japonais, le lieutenant Sulu, incarné par George Takei, un acteur qui a connu l’horreur des camps d’internement nippo-américains. On trouve également un Russe, Pavel Chekov, campé par Walter Koenig. La série propose enfin le premier baiser interracial de l’histoire de la télévision, entre le capitaine Kirk et l’officier Uhura.

De plus, Star Trek, la série originale, est finalement assez légère dans le développement géopolitique de son univers. En dehors des grades et des couleurs des maillots de l’équipage, on ne sait pas spécialement grand chose encore de l’académie de Starfleet, les Klingons n’ont pas encore leur design caractéristique ni leur civilisation très définie… Il ne faut donc pas trop avoir peur de se lancer dans la série à cause de la trame narrative : chaque épisode possède sa propre histoire et la série est finalement assez courte. Si le format “30 épisodes par saison” peut impressionner aujourd’hui, c’était la norme jusqu’il n’y a pas si longtemps ; et cette première série ne possède “que” trois saisons. Alors si le carton-pâte dans le style Doctor Who ne vous rebute pas et que l’univers Star Trek vous intrigue, foncez ! Vous démarrerez de la meilleure des manières possible : de la même manière que tout ceux qui ont pu découvrir Star Trek, il y a 55 ans. Et même mieux : on peut aujourd’hui la regarder en version restaurée !

1979 – 1991 : les premiers films

On passera assez rapidement sur les six premiers films de la franchise Star Trek. Il est tout de même important de noter que le premier film a battu le record de recettes pour un premier week-end d’exploitation, détrônant Superman et Star Wars : épisode IV ! Il s’agit également du premier film adapté d’une série qui reprend son casting original. Star Trek, le film, de Robert Wise, est un fantastique voyage visuel et sonore. Mis en musique par Jerry Goldmsith, il s’agit d’une véritable œuvre à part, plus contemplative, surtout entre deux Star Wars !

Malgré ses qualités, Star Trek, le film, n’est pas un bon moyen de se lancer dans l’univers Star Trek. Le film ne prend pas spécialement le temps de présenter son univers si particulier ou bien ses personnages. Il faut entrer dans ce film en terrain conquis, sinon, ce n’est même pas la peine d’essayer ! Vous aurez droit à une très agréable expérience visuelle et sonore, mais vous risquez de ne pas comprendre grand chose…

La plupart de ces six premiers films sont globalement très bien accueillis. Star Trek II : la colère de Khan de Nicholas Meyer (1982) laisse une trace indélébile dans le cœur des Trekkies. Au point d’être de nombreuses fois référencée dans des séries comme South Park ou Les Griffins. Et Star Trek : Into Darkness de J.J. Abrams (2013) s’inspire énormément de ce second volet ! Leonard Nimoy, l’acteur de Spock donc, réalise les troisième et quatrième films (en 1984 et 1986), et rencontre un grand succès publique et critique.

Mais en 1989, catastrophe : l’acteur de Kirk, William Shatner, passe à la réalisation pour Star Trek V : l’Ultime frontière. Le film est considéré comme le pire de la saga (pourtant, il n’y a pas eu beaucoup de ratés !), remporte plusieurs Razzie Awards (les Oscars des mauvais films), et les résultats au box office sont très décevants. Ce film est lui aussi occasionnellement référencé dans des séries comme Les Simpson… pour s’en moquer, évidemment. Heureusement, Nicholas Meyer revient à la réalisation pour Star Trek VI : Terre Inconnue (1991), pour la dernière mission de l’équipage original. Le film est beaucoup mieux accueilli, et est même nommé dans plusieurs catégories aux Oscars. L’honneur est sauf !

1987 – 2001 : une nouvelle génération

1987 marque le retour fracassant de Star Trek à la télévision. Alors que les films basés sur la série originale continuent encore de sortir au cinéma, Gene Roddenberry est missionné par la Paramount pour lancer une nouvelle série Star Trek. Il décide de la situer un siècle après la première série, et de suivre les aventures d’un tout nouvel équipage mené par le Français Jean-Luc Picard (Patrick Stewart). Il s’agit de Star Trek : La Nouvelle Génération. Cette dernière rencontre un immense succès (30 millions de spectateurs pour son épisode final !) et de nombreuses récompenses (dont 19 Emmy Awards !). Elle sera elle aussi déclinée en une série de films, quatre en tout. C’est également la dernière série du créateur de Star Trek avant son décès.

La Nouvelle Génération est la meilleure façon de découvrir Star Trek. Elle condense toute les valeurs positives de l’univers utopique de la franchise, possède une quantité d’épisodes de qualité, une bande son fantastique… Sans oublier son formidable équipage (et son non moins formidable casting !) A mi-chemin entre le kitch caractéristique de la franchise et des effets spéciaux plus poussés, cette génération fait un petit peu office de pont entre le carton pâte de la série originale et les effets numériques d’aujourd’hui. À noter que cette série dispose en plus d’une version restaurée, ce qui n’est pas le cas des suivantes.

La Nouvelle Génération a ouvert la voie à un âge d’or pour Star Trek. Grâce à son succès, pas moins de trois séries spin-off et quatre films vont voir le jour ! Entre les mains du producteur Rick Bergman, qui prend la suite de Roddenberry, la franchise développe son univers avec Deep Space Nine en 1993, qui partage une partie de son casting avec La Nouvelle Génération. Plus politique, plus mature, mais aussi plus statique, l’histoire se déroulant à bord d’une station spatiale et non d’un vaisseau. Puis vient Voyager en 1995, dans laquelle l’équipage du vaisseau éponyme est égaré à 75 000 années lumière de la Terre ! Il ne tient qu’à lui de trouver le moyen de rentrer sans encombres… Ces séries rencontrent un franc succès, et vont durer sept saisons, comme leur aînée. Bien qu’excellentes, on déconseille de commencer par ces séries sans au moins avoir vu La Nouvelle Génération avant.

1994 – 2002 : Du plafond au plancher

En parallèle de Deep Space Nine et Voyager, les films basés sur La Nouvelle Génération sortent au cinéma. Le premier, Générations, de David Carson (1994) fait le lien direct entre les capitaines Kirk et Picard. Malgré ses qualités, et un certain succès critique (le film reçoit plusieurs nominations aux Saturn Awards et au Prix Hugo), il s’agit d’un échec au box office, se classant sixième sur sept films Star Trek sortis. Le suivant, Premier contact de Jonathan Frakes (1996), l’acteur de Riker, officier en second à bord de l’Enterprise, est un énorme succès. À l’époque, il rapporte encore plus que La colère de Khan, et reçoit même des meilleurs critiques ! Le film est suffisamment bien écrit pour pouvoir être vu sans être au fait des précédents.

Fait amusant, avec La Colère de Khan de Leonard Nimoy, deux des films qui connaissent le plus de succès critique et publique sont donc réalisés par des officiers en second de l’Enterprise ! Aujourd’hui, Jonathan Frakes continue de réaliser pour Star Trek. En plus d’avoir réalisé de nombreux épisodes des séries des années 1990, il est également réalisateur pour Discovery depuis 2018.

Malheureusement, l’envolée fut aussi belle qu’elle ne fut courte. Le film suivant, Insurrection (1998), toujours de Jonathan Frakes, est un échec au box-office. Malgré ses grandes qualités, il se classe huitième sur neuf films sortis jusque là. Le suivant fait même pire : Nemesis (2002), de Stuart Baird, est le pire échec publique de toute l’histoire de la franchise. La faute à la qualité du film, d’une part. L’histoire d’un clone jeune de Picard, campé par Tom Hardy, dans sa tenue en plastique, qui  cherche vengeance sur son soi plus âgé, n’est pas attractive. De plus, le film est très mal distribué. Et en même temps, comment peut-on blâmer les distributeurs, qui proposent Nemesis en plein nouveau  boom Star Wars ?

2001 – 2005 : la fin de Star Trek ?

En 2001 démarre la dernière série créée par Rick Bergman : Enterprise. Celle ci prend place un siècle avant la série originale. Elle y dépeint un monde avant l’existence de Starfleet, où l’humanité est tout juste novice en matière d’exploration spatiale. À cette époque de balbutiement d’une unité interplanétaire, les tensions et méfiances entre les races sont nombreuses. La technologie est moins partagée et donc moins avancée…

Si Enterprise est une série surprenante sur de nombreux points, on déconseille de commencer par celle-ci. Déjà, elle ne rencontre pas un énorme succès critique. Plus axée sur l’action à la demande de la production, elle déçoit une partie des fans, qui ne retrouvent pas en Enterprise l’esprit de la série qu’ils connaissent. Un petit peu à l’image de la prélogie Star Wars à la même époque. Cette critique est toute relative. Considéré qu’il s’agit d’une histoire bien antérieure à ce qu’on connaît déjà, il n’est pas étonnant (et plutôt bien vu) de ne pas retrouver exactement le même esprit. Mais les baisses d’audience, les coupes budgétaires, et globalement le désintéressement envers Star Trek (conjointement à l’échec de Nemesis en 2002) ont conduit à l’annulation de la série au bout de la quatrième saison.

2009 – 2016 : les années Bad Robot

Pourtant, dès 2005, Rick Bergman met en chantier la production d’un nouveau film. Mais après quelques déboires juridiques à base de séparation d’entreprises et de passation de droits d’une production à une autre, c’est finalement la société de J.J. Abrams, Bad Robot, qui va produire le film pour la Paramount. De producteur, Abrams va finalement passer réalisateur. Avec les scénaristes Roberto Orci et surtout Alex Kurtzman (qu’on retrouvera plus tard), ils ont envie de raconter la première aventure unissant les légendaires Kirk (Chris Pine) et Spock (Zachary Quinto). Ainsi vont naître les trois films sortis en 2009 (Star Trek), 2013 (Into Darkness), et 2016 (Beyond, réalisé par Justin Lin).

Ces trois films sont un moyen intéressant de découvrir la franchise. Ils sont efficaces, bien mis en scène, et prennent le temps de présenter l’univers et ses personnages. Les néophytes ne seront pas perdus. Cependant, le rythme s’éloigne de l’esprit de base (caméra toujours en mouvement, beaucoup d’action). De plus, suite à un évènement raconté dans le premier film, ces histoires se situent dans une continuité alternative, la timeline “Kelvin” (du nom du vaisseau impliqué dans cet évènement). Donc vous pourrez apprécier l’équipage de ces films autant que vous le voulez, ce ne seront pas exactement les mêmes personnages que vous retrouverez dans la série originale !

2017 – aujourd’hui : plein les yeux !

En 2017, Star Trek est enfin de retour à la télévision ! CBS commande à Alex Kurtzman (scénariste sur les deux Star Trek réalisés par Abrams) une nouvelle série. Discovery se déroule quelques années avant le début de la série originale, en pleine Guerre froide entre Starfleet et les Klingons. La série connaît un très grand succès critique et publique, engendre un record d’abonnement à CBS all access (la plateforme qui diffuse Discovery aux États-Unis). En proposant une histoire proche de l’esprit original, mais avec des effets spéciaux dignes des meilleures productions hollywoodiennes et de l’action héritée des films de l’ère des films produits par Abrams, Discovery semble mettre tout le monde d’accord.

Discovery est donc un très bon moyen de débuter Star Trek. Il faut cependant s’accrocher, car la série va vite, et ne prend pas toujours le temps de présenter son univers dans sa première saison. La deuxième, en revanche, relève du chef d’œuvre. En introduisant un nouveau capitaine, Pike (celui du pilote original ! Ici incarné par Anson Mount) et un nouveau Spock (Ethan Peck), Discovery accroche les wagons avec la série originale, et, en quelque sorte, boucle la boucle. Découvrir Star Trek avec Discovery, c’est assurer l’envie d’explorer la série originale et toutes celles qui suivent !

Mieux que ça, le succès rencontré par Discovery l’a transformée en néo-La Nouvelle Génération. Ainsi, Alex Kurtzman signe avec CBS en 2018 un contrat de cinq ans pour développer de nouvelles séries Star Trek ! En parlant de la nouvelle génération, on découvre en 2020 sa suite, Picard, qui fait directement suite à un évènement du film Nemesis (2002)… Et à l’évènement qui engendre la Timeline “Kelvin”!

Arrivée très récemment, la série animée Lower Decks se déroule juste après Nemesis. Première série animée pour adulte de la franchise, elle emprunte beaucoup à Rick et Morty, son auteur Mike McMahan étant scénariste-producteur sur les deux. C’est une belle manière de découvrir Star Trek, si vous êtes plus familier avec des séries comme Rick et Morty ou Final Space ! À noter, une série animée à destination des enfants verra le jour sur Nickelodeon prochainement : Prodigy. De quoi faire découvrir Star Trek aux plus jeunes !

À la suite du succès rencontré par certains personnages secondaires de Discovery, plusieurs séries spin-off sont en cours de développement. Star Trek : Section 31 suivra les aventures de Philippa Georgiou (la fantastique Michelle Yeoh), un des personnages secondaires des trois premières saisons de Discovery. Et dans Strange New Worlds, on accompagnera les nouveaux Pike et Spock fraîchement présentés ! Ce qui n’était pas gagné d’avance : réussir à convaincre les fans en reprenant avec de nouveaux acteurs des rôles aussi iconiques ! Une dernière série Starfleet Academy, sur les dessous de l’académie Starfleet, doit également voir le jour. De quoi baigner dans Star Trek pendant encore de nombreuses années !

Conclusion : on a pas fini d’entendre parler de Star Trek. On sait, à cause de son arrivée très tardive en France, que cette franchise est vue d’un œil moqueur. Merci les parodies des Nuls et des Inconnus. Mais essayez de vous lancer ! Vous l’avez vu, il y a plusieurs manières différentes de débuter Star Trek. Que vous préfériez l’action, l’exploration, la politique, l’animation… Star Trek vous accueille à bras ouvert. C’est le propre de la science-fiction. Il s’agit d’un genre vaste, pouvant regrouper en son sein de nombreux sous-genres. Et Star Trek use sans faillir de cette possibilité ! N’ayez pas peur, choisissez votre vaisseau et embarquez courageusement pour un voyage vers l’ultime frontière !

Bastien Rouland


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