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[Critique] Westworld (saison 3) : sortir de la cage

Il est temps d’explorer de nouveaux espaces. Alors que nous restons confinés chez nous, les androïdes de Westworld sortent enfin de leur cage à l’occasion de la troisième saison de la série, dont la diffusion a commencé aux États-Unis sur HBO et en France sur OCS. Il n’est plus question de vivre dans un monde où tout n’est qu’illusion, menée d’une main de maître par le personnel de l’entreprise Delos : pour les robots, Westworld était leur monde. Pour les humains, c’était un banal parc d’attraction et les robots étaient leurs pantins… Jusqu’à ce que tout change.

Tout au long des deux premières saisons, Westworld a commencé à échapper au contrôle de ses créateurs, les androïdes gagnant peu à peu une véritable conscience et s’émancipant des codes qui leur ont été dictés. En saison 2, on vous le disait en titre : les robots se rebellent. Deux figures se sont dégagées du reste : Dolores (Evan Rachel Wood) et Maeve (Thandie Newton). La première est bien décidée à prendre sa revanche sur celles et ceux qui l’ont contrôlée, tandis que la deuxième souhaitait trouver un équilibre un peu plus juste et ne pas sombrer dans l’ultraviolence. Nous avons pu découvrir la moitié de la troisième saison de la série, et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette fois, Dolores et Maeve n’auront pas d’autre choix que de s’affronter…

Bienvenue dans le vrai monde

Adieu Westworld, bonjour le monde. Si nous reverrons quelques instants certaines parties du parc d’attraction créé par l’entreprise Delos, ce ne sera que pour mieux leur dire au revoir. Au sens réel comme au sens figuré, puisque des décors de la série ont été ravagés par le violent incendie qui a touché la Californie en novembre 2018. Nous partons pour Los Angeles en 2058, et nous suivons une Dolores qui n’est toujours pas prête à laisser tomber les armes. L’androïde n’a pas oublié qui sont les gens qui s’en sont pris à elle et les responsables de son enfermement.

Sa conscience et ses facultés se développant, elle n’a aucun problème à se fondre dans la masse d’une ville futuriste et marquée par l’hyper-connectivité : véhicules autonomes, systèmes de surveillances accrus, des robots qui assistent les humains au quotidien… Westworld continue de creuser son thème de prédilection : comment vivre dans une société telle que celle-ci, où les bienfaits des nouvelles technologies cachent évidemment d’autres troubles bien réels tels qu’un chômage grandissant et un accroissement des inégalités sociales ? La beauté des paysages désertiques de Westworld laissent donc place à la froideur des gratte-ciels, qui sied particulièrement à la démarche – en apparence – tout aussi calculée et méthodique de Dolores, splendide Evan Rachel Wood, qui ne laisse toujours rien paraître de ses émotions.

Le bout du labyrinthe ?

Ça ne vous aura sûrement pas échappé : il a très souvent été fait mention dans les deux premières saisons de Westworld d’un labyrinthe. Il s’agit non seulement d’un symbole récurrent qui apparaissait dans bon nombre d’épisodes (sur des cartes de jeu, un scalp, une pierre) mais aussi d’une théorie discutée par bon nombre de personnages… L’homme en noir tout d’abord, campé par Ed Harris (lui aussi de retour cette saison, plus que jamais inapte à distinguer la réalité de la fiction), qui pense qu’il s’agit d’une quête que les visiteurs de Westworld doivent suivre, tandis que Dolores y voit un jeu afin d’acquérir sa conscience.

Le labyrinthe, c’est aussi le mot qui pouvait définir la structure narrative même de la série… qui, par le passé, mettait autant ses spectateurs que ses personnages dans l’embarras en multipliant les strates temporelles. À tel point qu’en saison 2, on l’avoue, on était complètement largué. Cette troisième saison devrait donc réjouir les fans qui attendaient peut-être plus de clarté, puisque Westworld devient plus linéaire : on a l’impression que tout se déroule sur une même chronologie, les passages d’un personnage à un autre sont un peu moins violents, et la série bascule davantage dans de l’action spectaculaire.

On pourrait presque croire que c’est un aveu de faiblesse. Qu’à l’instar d’un certain Game of Thrones, la bagarre prendrait le pas sur le scénario. Aussi parce que cette saison est un peu plus courte, passant de dix à huit épisodes pour cette troisième saison. Or, Jonathan Nolan et Lisa Foy ont plus d’un tour dans leur sac. Les trajectoires d’Evan Rachel Wood et Thandie Newton nous feront découvrir de nouvelles têtes (dont Aaron Paul en allié inattendu de Dolores et Vincent Cassel comme nouvel antagoniste principal) tandis que le retour d’autres visages connus aura aussi de quoi surprendre… Westworld joue toujours sur sa forme pour étonner, multipliant les formats d’image différents et convoquant parfois l’œuvre de Christopher Nolan, frère de Jonathan.

Conclusion : Avouons-le, Westworld joue quitte ou double avec cette troisième saison ! Plus resserrée, plus linéaire, va-t-elle pour autant sacrifier sa singularité dans sa seconde moitié ? Si le casting est toujours autant impeccable et la mise en scène efficace, reste à voir si le scénario suivra… car pour le moment, ces quatre premiers épisodes font davantage office de “grosse introduction”, ce qui serait peut-être la seule petite déception à relater pour le moment…

Gabin Fontaine

Westworld
Une série créée par Jonathan Nolan et Lisa Foy
Disponible en US+24 sur OCS à partir du 16 mars

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