[Critique] Upload : un patchwork de science-fiction efficace

On n’arrête pas Greg Daniels. Créateur, producteur et scénariste de The Office (US), de Parks and Recreation, de Space Force ; il a également officié à la l’écriture des Simpson, de Seinfeld, de Saturday Night Live… Un cador de l’humour américain, en somme. Daniels revient cette année pour une série de science-fiction légère, mais aux inspirations nombreuses : Upload.

Dans un futur proche, il est possible, le moment venu de mourir, de télécharger ses souvenirs et sa conscience dans un monde virtuel. Nathan Brown en fait l’expérience prématurément, à la suite d’un grave accident de voiture. Prisonnier dans son paradis informatique, il développe des sentiments pour son ange gardien, Nora, et suspecte que son décès prématuré n’était peut-être pas accidentel…

Une série inspirée

Upload est un patchwork de diverses œuvres de science-fiction et fantastiques. Le principe d’un mystère à résoudre et de sentiments amoureux qui se développent dans une vie après la mort ne peut que évoquer l’excellente série The Good Place. Mais le traitement cynique et blasé d’un monde futuriste proche et réaliste évoque tour à tour Minority Report de Spielberg et I, Robot de Alex Proyas (notamment dans la place que prennent les véhicules futuristes, ou la technophobie, la peur du progrès technique). Le tout teinté d’humour, bien entendu, comme dans toute l’œuvre de Greg Daniels.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela fonctionne ! Passé outre les inspirations très visibles, Upload trouve son identité dans la construction de son univers et le traitement de ses personnages. L’histoire d’amour naissante entre Nathan (Robbie Amell) et son ange gardien Nora (Andy Allo) est très bien élaborée et forte en rebondissements. Les personnages secondaires sont tout sauf anecdotiques. Aleesha (Zainab Johnson) est l’ange gardien explosif de Luke (Kevin Bigley), un mort tout ce qu’il y a de plus hyperactif. Chaque épisode (d’ailleurs relativement courts, entre 25 et 30 minutes) contient son lot de gags et situations loufoques.

Derrière la blague

Au delà du rire, Upload pose des questions sur la direction que pourrait prendre l’humanité si elle se dirigeait vers le transhumanisme. Sans être au niveau des raisonnements philosophiques proposés par The Good Place, les problématiques sont intéressantes. Les paradis virtuels sont des applications payantes contenant des microtransactions. Se pose la question de savoir si l’on est vraiment soi-même une fois téléchargé. D’autant que la mémoire et l’apparence peuvent facilement être altérées ! On peut également voir l’histoire d’amour entre Nathan et Nora (ou Nathan et Ingrid (Allegra Edwards), sa fiancée au moment de son décès) comme une métaphore ultime des relations à distance. Comment construire une relation stable et saine avec… un défunt ? La frontière entre vie et mort étant la distance ultime, que des règles précises régissent dans le monde d’Upload

Conclusion : si vous avez apprécié The Good Place, foncez vers Upload. Le concept est légèrement différent et apporte son lot de mystères et de surprises. Le transhumanisme vu à travers le prisme actuel des applications payantes est un concept fort intéressant. Humour, amour, enquête, tout est réunit pour vous faire passer un bon moment. Foncez !

Bastien Rouland

Upload
Une série de Greg Daniels
Durée : 10×30 min
Disponible sur Amazon prime

 

 

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