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[Critique] U-235 : Submarine Basterds

Vous le savez : en temps de confinement, les nouveautés ciné se font très minces. Il faut donc se tourner vers les plateformes de streaming et de vidéo à la demande pour voir débarquer, en plus des films dont la sortie vidéo est avancée, quelques titres inédits. Parmi eux, on trouve U-235, un premier film pour le réalisateur belge Sven Huybrechts, qui décide de s’attaquer à un sous-genre phare du film de guerre : le film de sous-marin. Das Boot et À la poursuite d’Octobre rouge y font figures de référence, tandis que le français Antonin Baudry a souhaité revitaliser le genre avec Le Chant du Loup, davantage remarqué et réussi que la production EuropaCorp Kursk, avec Matthias Schoenarts et Léa Seydoux.

Histoire de renverser à nouveau le genre, Sven Huybrechts pioche du côté de ses aînés – et surtout Quentin Tarantino, pour ne pas le nommer, injectant à son film une bonne dose de cynisme et d’humour noir façon Inglourious Basterds. Son pitch ? Une bande de résistants belges un peu frappadingue doit faire transiter de l’uranium vers les États-Unis à bord… d’un sous-marin allemand. Une traversée décisive où se joue l’avenir du conflit puisqu’il s’agit de la cargaison nécessaire à l’élaboration de la bombe atomique…

Un petit plaisir régressif

Les premières minutes du film nous plongent dans l’ambiance. Une bande de résistants décime des nazis, oui oui. Mais dans la joie et la bonne humeur, oui oui ! En plus d’accomplir des missions pour les Alliés, Stan (Koen de Bouw) et sa bande ne cachent pas leur plaisir quand il s’agit de s’en prendre à leurs ennemis. Dans U-235, il n’est pas question d’aborder la guerre sous un angle trop sérieux : ici, ça trucide gaiement, ça sème des pièges assez invraisemblables, et ça fait abstraction de l’autorité. À situation désespérée, mesures désespérées. Du côté des Alliés, on sait bien que cette bande de joyeux lurons n’est pas très fiable. Mais qu’importe, ils sont la seule solution envisageable. Donc oui, on penserait retrouver Brad Pitt dans la peau du lieutenant Aldo, sauf que là, tous les acteurs sont inconnus. Ce qui n’est pas tant un problème que ça, puisque cela nous permet de renforcer l’idée que la résistance était composée de gens lambdas, prêts à tout pour aider les Alliés.

Aussi parce qu’on croit malgré tout à l’alchimie entre les différents personnages, surtout celle entre Stan et sa fille Nadine (Ella-June Henrard). Quand le film en arrive au sous-marin, le rythme se ralentit quelque peu, le temps de donner un peu plus de cachet à ces héros, à travers différents flashbacks. Il ne faudra pas non plus s’attendre à un réalisme accru autant dans la restitution historique que lors des séances de bataille navale façon Le Chant du Loup, où le son était un élément essentiel. Non, U-235 conserve son ton absurde et devient un divertissement qui fait le job, entre scènes d’action, petits moments gores et grosses bagarres et moments complètement invraisemblables (un championnat d’apnée qui fait aussi abstraction de la pression).

Conclusion : U-235 n’a clairement pas l’intention de dépasser les classiques du film de sous-marin et qu’importe, il remplit tout à fait efficacement son rôle de divertissement complètement barré.

U-235
Un film de Sven Huybrechts
Durée : 1h42
Disponible en VOD depuis le 3 avril 2020

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