[Critique] Falcon et le Soldat de l’hiver : Cap is back !

Après la prometteuse mais décevante Wandavision, Marvel est de retour sur Disney + pour sa deuxième série : Falcon et le Soldat de l’hiver. Retour à une formule plus classique, et plus terre à terre, dans cette histoire qui met en scène les personnages secondaires apparus dans la trilogie Captain America. Mais retour aux sources ne signifie pas forcément manque d’originalité. Alors, que vaut cette mini-série ?

Attention : cette critique contient quelques révélations sur l’intrigue de Falcon et le Soldat de l’hiver.

Après l’ultime affrontement contre Thanos, c’est à Sam Wilson, alias Le Faucon, que revient le fardeau de porter le bouclier de Captain America. Mais il décide, contre toute attente, que sa place est dans un musée. Le gouvernement américain en profite alors pour sortir leur propre nouveau Captain America ! En coulisse, un groupe de super-soldats mené par la jeune Karli décide de se battre pour lutter contre la création de nouvelles frontières.

Captain America sans frontière

Difficile de résumer plus promptement l’histoire de Falcon et le Soldat de l’hiver. De manière assez surprenante, considérant son format court (six épisodes de 52 minutes), la série déploie une intrigue aux ramifications tentaculaires. De nombreux personnages secondaires de l’univers de Captain America sont présents. On retrouve ainsi évidemment le Faucon (Anthony Mackie) et le Soldat de l’Hiver (Sebastian Stan). Mais aussi Sharon Carter (Emily VanCamp), ou encore le baron Zemo (Daniel Brühl) !

Et la série ne lésine pas sur les différents nouveaux personnages introduits. Ainsi, Karli Morgenthau (Erin Kellyman) est une vilaine très convaincante. Elle dirige les Flag-Smashers, un groupe extrémiste qui refuse de revenir dans le même monde qu’avant le snap (le fameux claquement de doigts) de Thanos et la disparition de la moitié des humains. Pendant les cinq ans qui ont séparé le départ et le retour des disparus, les frontières entre les peuples sont tombées, une solidarité sans faille s’est construite. Alors quand les politiciens (et surtout les Américains) décident de revenir à la normale, leur normale, les partisans d’un monde nouveau et sans frontières se rassemblent, mettent la main sur des doses du sérum du super-soldat, et décident de se battre.

Si leur combat peut sembler naïf, voire désespéré, c’est pourtant l’une des forces de la série. D’une part, la volonté de ne pas retomber dans les travers d’un “monde d’avant” et vouloir aller vers quelque chose de nouveau, de plus solidaire, est forcément quelque chose qui entre en résonance avec la situation mondiale actuelle. D’autre part, et bien, ils ont un peu raison les Flag-Smahers ! C’est également ce que pensent les héros de la série, qui ne cherchent qu’à mettre fin à leurs méthodes violentes. Le Faucon et le Soldat de l’Hiver se retrouvent ainsi pris entre deux feux. S’ils veulent stopper les Flag-Smahers, ils veulent aussi que leur voix soit entendue, mais ils vont se heurter à la réponse américaine : John Walker (Wyatt Russel), le nouveau Captain America !

La suite logique des films

Ce nouveau Captain incarne vraiment la suite de l’histoire racontée avec la trilogie Captain America. Dans les films, le personnage était en proie au doute. S’il était un pur produit du patriotisme américain, il ne voulait pas être qu’un porte étendard et voulait se battre au front. Mais il se rendait compte que l’administration américaine pouvait être corrompue jusqu’à la moelle, et finissait même par devenir persona non grata aux États-Unis, un mandat d’arrêt international collé dans le dos ! Il choisissait d’abandonner le bouclier à Tony Stark, qui incarnait des valeurs alors diamétralement opposées aux siennes. Quoi de plus normal que lorsque les États-Unis décident de créer leur propre nouveau Captain America, celui-ci soit également le négatif presque complet de Steve Rogers ? S’il cherche à bien faire, il finit par devenir violent, dépassé par les événements, il perd son sang froid, il se fait facilement manipuler… Captain America devient ici véritablement un vilain, et c’est la suite logique de ce qui est amorcé dans les films.

En terme de ton, Falcon et le Soldat de l’hiver prend la direction assez classique d’un buddy Movie. Plein d’humour, le duo Faucon-Soldat de l’hiver ne manque pas de mordant. Ils le disent eux-mêmes, ils se détestent mais n’ont pas le choix que de collaborer pour stopper les méchants. Les vannes fusent alors que les coups pleuvent ! Mais si le ton général est léger, proche du classique Marvel, cela permet de mieux mettre en relief les moments plus graves, plus sérieux. Notamment pour ce qui est du propos racial. À plusieurs moments, la question de pourquoi le Faucon a refusé le bouclier revient sur le tapis. Cette question trouve une réponse de manière assez surprenante, puisqu’elle ne vient pas du Faucon lui-même, pas directement. Il faut qu’il croise la route d’un ancien super-soldat noir, Isaiah Bradley (Carl Lumbly), pour comprendre ce que cela impliquerait d’être un Captain America noir. En effet, parce qu’il n’était pas un blond aux yeux bleus, Bradley n’était pas jugé capable d’être le porte étendard de l’Amérique. À la place, il a été enfermé, torturé, oublié.  Prendre le bouclier, c’est prendre les couleurs et responsabilités de ceux qui lui ont fait subir ça. Et qui continuent de le faire subir, à travers le nouveau Captain, et avec les Flag-Smashers… L’idée est intéressante,  bien amenée, et entre en résonance vis à vis des tensions raciales qui agitent les États-Unis depuis des années. Le fait que la question raciale (ainsi que celle de la violence policière, évoquée avec le nouveau Captain America) soit directement abordée, sans prise de gant, et mise en scène assez frontalement, est surprenant et rafraichissant du côté de chez Marvel !

Conclusion : Falcon et le SOldat de l’hiver est donc une bonne surprise. Après la déception Wandavision, la série surprend en empruntant l’exact chemin inverse de son aînée : elle commence de manière classique dans la forme comme dans le ton, mais finit par aborder des sujets graves, qu’elle ose mettre en scène frontalement. Ne boudez pas votre plaisir, si vous avez apprécié les films du Marvel Cinematic Universe, cette mini-série devrait vous combler !

Bastien Rouland

Falcon et le Soldat de l’hiver
Une série de Malcolm Spellman
1 saison, 6 x 52 min
Disponible sur Disney +

 

Vous avez aimé cet article? Abonnez-vous à notre newsletter et découvrez chaque mois le meilleur de Silence Moteur Action!

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *