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[Critique] The Climb : ce flim n’est pas qu’un flim sur le cyclimse !

L’un de nos coups de cœur du 45e Festival du cinéma américain de Deauville se sera longtemps fait désirer… Et ce n’est même pas de sa faute ! Après avoir été nommé coup de cœur du jury à Un certain regard et Prix du Jury à Deauville, The Climb a dû affronter l’épidémie de coronavirus pour sortir enfin dans les salles françaises le 29 juillet en lieu et place du 25 mars.

Un historique tumultueux à l’image de l’histoire du film, qui dépeint l’amitié entre deux hommes, Kyle et Mike, avec ses hauts et ses bas. Ces deux hommes, ce sont Kyle Marvin et Michael Angelo Covino, copains comme cochons autant devant que derrière la caméra (Covino réalise, tous deux ont scénarisé le film). C’est lorsque Mike avoue avoir couché avec la fiancée de son ami que tout commence. Alors que les deux amis semblent avoir brisé leur amitié à jamais, un événement tragique va pourtant les rassembler de nouveau…

Retrouvez notre rencontre avec Michael Angelo Covino et Kyle Marvin !

En route pour la grande boucle

Rien que la scène d’ouverture donne le ton du film : dans un long plan séquence, Kyle et Mike se lancent dans l’ascension d’un col du Sud de la France – avec en prime une apparition de Judith Godrèche (L’auberge espagnole, Potiche), cocorico ! L’un et l’autre se passent devant, s’attendent, l’un a plus de difficultés que l’autre… et cela ne les empêche pas de parler tout le long. Parler de quoi ? D’eux. Leur amitié. Et c’est là que s’échappe une phrase qu’il aurait mieux valu ne jamais entendre, dont l’effet se voit décuplé par des péripéties complètement externes. Un chauffeur d’une deux chevaux un peu trop énervé, des coups qui partent. Un comique de situation qui vient s’immiscer, là, comme ça, au milieu d’une conversation intime.

The Climb, c’est ça : une série de plans séquences chapitrés et parfaitement orchestrés, durant lesquels l’amitié entre Kyle et Mike prend, à chaque fois, un nouveau tournant. On y retrouve énormément d’influence de la part de Jacques Tati, pour ce sens du gag qui tombe toujours au bon moment couplé à de savoureuses répliques (toute la séquence du repas de Noël chez la famille de Kyle est hilarante !), qui n’est pas sans rappeler le film Mon oncle. Une amitié qui a des hauts et des bas, on l’a dit : c’est le personnage de Mike (Michael Angelo Covino) qui est essentiellement à l’origine de tous ces changements, tantôt touchant, tantôt un peu trop toxique, tantôt complètement frappé. Il y a peut-être quelques longueurs dues au dispositif, quelques personnages secondaires trop secondaires, comme celui de Michael Ealy (acteur aperçu dans les séries Almost Human et Secret and Lies), mais si on se laisse emporter, alors tout va pour le mieux…

Conclusion : il a beau commencer à vélo, The Climb n’est pas qu’un “flim sur le cyclimse” – pour reprendre les termes de La Classe américaine de Michel Hazanavicius. C’est un film sur l’amitié et ses tourments, très joliment campé par Michael Angelo Covino et Kyle Marvin et au dispositif audacieux.

Gabin Fontaine

The Climb
Un film de Michael Angelo Covino
Durée : 1h34
Sortie le 29 juillet 2020


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