[Critique] SOS fantômes : l’héritage : était-ce nécessaire ?

Une nouvelle franchise iconique et pop-corn issue des années 1980 de retour de plus ! Quand il y en a plus, il y en a encore ! Comme pour rattraper l’échec de SOS fantômes 3 (le reboot au féminin), les chasseurs de fantômes sont de retour dans un film pas forcément raté, mais qui manque franchement d’âme…

Phoebe et sa famille déménagent en pleine campagne, dans la maison de son grand père récemment décédé. Elle va être témoin d’évènements étranges, qui vont l’emmener à découvrir la véritable identité du grand père : c’était un chasseur de fantômes !

Une suite correcte ?

Ghostbusters : afterlife, qui évidemment se traduit en français par “l’héritage“, parce que pourquoi faire les choses bien après tout on s’en fiche, est un film plutôt correct en soi. Les personnages sont attachants, l’idée de découvrir le mythe SOS Fantômes à travers les yeux d’enfant est bien vu, l’action est bien dosée, il y a des gags qui font mouche. Dans l’idée donc, pourquoi pas ! Mais en même temps, il serait temps d’arrêter avec les années 1980, non ?

C’est assez incroyable que Stranger Things (qui partage un de ses comédiens avec SOS Fantômes : l’héritage), une série très ancrée dans les années 1980 et bourrée d’emprunts pop, arrive tout de même à être plus originale que la plupart des films actuels qui sont des suites des véritables hits des années 1980. Au hasard, on pense à Terminator, Rambo, Halloween, Predator… On pensait naïvement que Ready Player One serait la sonnette d’alarme Hollywoodienne sur les années 1980, le trop plein de références absurdes et mal placées qui parasitent le film au point de masquer le n’importe quoi du scénario. Mais non. Bien décidé à continuer à jouer sur la fibre nostalgique du public (qui d’ailleurs pour une grande partie n’a pas vécu les années 1980), Hollywood continue de tirer sur la corde, et nous pond donc SOS fantômes : Afterlife, pardon, “l’héritage“.

Ready Player Two avant l’heure

Harold Ramis étant décédé, le réalisateur Jason Reitman, fils du réalisateur original Ivan Reitman, décide d’ouvrir le film sur la mort mystérieuse de son personnage, Spangler. C’est sa famille, particulièrement sa petite fille (la très attachante Mckenna Grace), qui prend donc la relève ! À cause de problèmes financiers, Callie (Carrie Coon), la fille de Spangler, décide de profiter de son décès pour emménager dans sa vieille maison perdue dans la campagne américaine. Toute la ville voisine fait référence au grand père décédée comme d’un être fou mystique, personne ne dit jamais qui il était vraiment.

Il faut attendre l’arrivée de Paul Rudd (qui ne sauve pas le film et qui est très loin d’être le vrai héros du film, désolé) pour qu’enfin un peu de sens soit intégré au film : “Tiens mais au fait, ton grand père est une méga star super célèbre et les fantômes existent et tout le monde le sait”! Alors, question : pourquoi tout le monde fait comme si ce n’était pas le cas ? On est d’accord, parfois il est difficile de croire à des histoires rocambolesques de grands parents d’il y a 40 ans. Mais là, il y a des preuves ! Des documents vidéos ! Des pub TV ! Des archives ! Des monstres géants qui se baladaient dans les rues ! L’un des anciens Ghostbusters, Winston (Ernie Hudson) est même devenu un très riche et célèbre magna ! Et surtout, pardon, mais ce point très précis est d’une importance non négligeable : il y a des fantômes encore en liberté ! Alors pourquoi tout le monde entier est frappé d’amnésie ?

Et puis, une fois que tout le monde est miraculeusement d’accord avec le problème de fantôme à régler, c’est festival : le scénario reprend point par point les mêmes péripéties que dans le premier SOS fantômes . Le retour du dieu maléfique Gozer, du gardien des clés, du cerbère de la porte, les mêmes designs, parfois même des répliques entières sont reprises. En voyant ce surprenant spectacle, une question nous vient : à qui s’adresse le film ? Le premier SOS Fantômes était une vraie comédie, drôle, parfois graveleuse, bien mise en scène et ne cherchait pas à iconiser ses personnages : ils devenaient des icônes parce que le film est bon ! Et ici, vas-y que je t’iconise la voiture, que je t’iconise avec des plans “whoa” les personnages, les tenues…. Juste sous prétexte qu’il s’agit de la suite d’un film culte. Mais pour iconiser, il faudrait déjà que ce soit bien et original !

À qui profite le film ?

Si on a déjà vu SOS Fantômes , on ne fait que se dire que l’héritage est moins bien que le premier, et en plus que niveau originalité c’est proche de zéro ! Quand on voit les papys Ghostbusters intervenir dans le film, on est juste triste de les voir et on se dit “ils sont si vieux déjà ! Et nous aussi ?!” Et si on a pas déjà vu SOS Fantômes, alors l’héritage peut être apprécié, on découvre le mythe, on est prit dans l’histoire, on apprécie l’action… Et on a peut-être envie de voir le premier ? Et là patatras ! Ce n’est pas du tout le même ton, le même style, c’est de la comédie, il y a des blagues de fesse, et surtout, ben zut alors ! Les péripéties et fantômes sont exactement les mêmes !

Du coup à qui s’adresse le film a la fin ? À ceux qui n’ont pas vu le premier SOS Fantômes, mais qui apprécieraient suffisamment l’héritage pour voir la suite, mais pas assez (ou trop peu curieux) pour voir les premiers ? Parce que oui, vous êtes prévenus, il y aura une suite ! Pourtant la promesse est louable, faire une “vraie” suite à SOS Fantômes pour effacer le 3, (tiens, comme Terminator : Dark fate), en faisant d’une famille les héros de l’histoire, sous prétexte que l’auteur de l’héritage est le fils de l’auteur du premier film. Désolé, sincèrement désolé, mais même si le film n’est pas complètement mauvais en lui même, le résultat final est raté. À ne voir que si vous n’avez pas vu les précédents films. D’ailleurs, on va poser une question qui fâche, et à laquelle on n’a pas la réponse : SOS Fantômes 3 ne faisait-il pas preuve de plus d’originalité, finalement ?

Conclusion : Les réussites du film (ses personnages, son rythme) sont gâchées par le manque d’ambition et d’originalité qui traverse tout SOS Fantômes : l’héritage. Vous pouvez passer un bon moment devant, pourquoi pas. Mais admettez que ce n’est qu’à cause d’une nostalgie que le film vous force à ingurgiter !

Bastien Rouland

SOS Fantômes : l‘héritage

Un film de Jason Reitman

Durée : 1h57

Sorti le 1er décembre 2021

Vous avez aimé cet article? Abonnez-vous à notre newsletter et découvrez chaque mois le meilleur de Silence Moteur Action!


 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *