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[Critique] Nightmare Island : un cauchemar sans nom

Chez Blumhouse, société de production, on est capable du meilleur comme du pire. Jason Blum a su se constituer un empire et avoir la mainmise sur le cinéma d’horreur avec des franchises telles que Paranormal Activity ou des réussites comme le reboot de la saga Halloween, tout en commençant à s’installer à la télévision (Sharp ObjectsThe Loudest Voice…). On aime aussi faire du neuf avec du vieux : Halloween donc, mais aussi un nouveau remake (raté) de Black ChristmasInvisible Man à venir dans les prochaines semaines et, aujourd’hui… Fantasy Island

Remake/adaptation de la série éponyme des années 70-80, Fantasy Island devient (de manière assez incompréhensible) Nightmare Island dans les salles françaises, histoire de surfer sur la vague d’American Nightmare et du récent Wedding Nightmare (officiellement nommé Ready or Not). Le pitch est simple : une bande d’inconnus débarque sur une île paradisiaque et a l’opportunité d’y réaliser son plus grand fantasme… mais évidemment, le rêve va tourner au cauchemar. Réalisé par Jeff Wadlow, à qui l’on devait déjà un Action ou Vérité vraiment pas terrible, Nightmare Island fait donc partie de la deuxième catégorie des projets Blumhouse. Ceux dont on a besoin de se nettoyer les yeux à la Javel en sortant de la séance tellement on a souffert. Désolé par avance.

Koh-Lanta : l’île des zéros

Première scène. Une jeune femme blonde court à travers la forêt, sous des torrents de pluie et l’orage. Elle fuit. On ne sait pas trop quoi, ni qui. La musique de Bear McCreary est déjà grandiloquente, digne d’un mauvais téléfilm catastrophe du dimanche. Total contraste avec la scène suivante, où l’orage fait place à un grand soleil bleu, et où l’on découvre la beauté de l’île fantastique. Tel un clip promotionnel pour le Club Med des Caraïbes, le titre du film apparaît alors que la caméra filme l’une des assistantes de l’hôtel courir sur le sable et les vaguelettes. Nos héros sortent de l’avion et là aussi, déjà, on sait qu’on va bien rire.

Ces personnages sont caricaturaux jusqu’à la moelle : Lucy Hale se la joue bimbo du dimanche, balançant des allusions sexuelles en même pas cinq minutes, mais dissimule un passé d’ado harcelée. Austin Stowell, que l’on connaissait comme mari toxique dans Swallow, est un flic tourmenté par beaucoup de regrets. Maggie Q, femme solitaire, a aussi beaucoup de regrets. Bref : tout le monde a des problèmes avec son passé, sauf les personnages de Jimmy O. Yang et Ryan Hansen, juste venus pour se la jouer Very Bad Trip et fête à gogo. Dès leur descente de l’appareil, les deux compères sont insupportables, accumulant les high five, les yolos et consorts. Mais ce n’est pas mieux du côté du personnel de l’Île fantastique : Michael Peña campe l’énigmatique M. Roarke, propriétaire des lieux et maître des expériences, sauf qu’on ne croit à aucun moment à l’aura de son personnage qui, lui aussi, a tout plein de problèmes avec son passé.

Bref : on ne croit en rien. Pas même aux fantasmes eux aussi caricaturaux à souhait, aux nombreux retournements de situation ultra-prévisibles, tant tout part en cacahuète très vite. La réalisation de Jeff Wadlow est toujours aussi brouillonne, l’action illisible et pendant ce temps, on a un Michael Rooker totalement en roue libre dans la jungle. À aucun moment Nightmare Island ne parvient à rendre plausible sa mythologie (comment l’île parvient à rendre possible les rêves les plus imaginables, comme ramener des morts à la vie ou faire revenir dans le passé), passant son temps à souligner en gros la réponse avec des trompettes tonitruantes, au cas où le spectateur serait aussi bête que les personnages du film.  Sans compter sur les multiples incohérences du scénario. Dans son dernier acte, le film devient aussi ridicule que Action ou Vérité, accumulant scènes d’action et twists ridicules, mais il parvient tout de même à se raccrocher (de manière assez opportuniste) à la série originale. Mais avec un peu de chance, cela veut dire que l’on aura peut-être à se passer d’une suite et on croise les doigts pour ne pas y avoir droit !

Conclusion : si Nightmare Island a l’air de nous emmener au paradis, on vous recommande malgré tout de fuir votre agence de voyages et de partir pour une autre destination. Courage, fuyons !

Gabin Fontaine

Nightmare Island
Un film de Jeff Wadlow
Durée : 1h50
Sortie le 12 février 2020

Comments (3)

  1. Avatar

    le film est quand meme pas mal. Critique tres sujective.
    il n’y a meme pas d’incoherence dans le scenario , encore un qui a pas compris le film .

    • Gabin Fontaine

      Le film a été unanimement massacré autant par la critique française qu’internationale, quant à l’incompréhension, navré de vous décevoir, le film est parfaitement compris. Il est débile puissance un million, c’est tout ce qu’il y a à retenir !

      • Avatar

        Depuis quand un film est nul juste parce que la critique l’a décidé?? lol c’est juste ridicule.
        Pour les incohérences du film, tu n’en cites aucune pourtant tout est tres clair , je vais donc te résumer le film : l’ile permet à des élus de réaliser un voeu comme la lampe et le génie en buvant juste de l’eau de la source de l’ile . Sauf que l’une d’entre eux ( la blonde) a le vœu de tuer les autres pour se venger d’avoir participé plus ou moins à la mort de son petit ami , ce qui fait que chaque voeu est réalisé mais tourne au cauchemar. Ce que certains n’ont pas compris comme toi apparemment ,c’est que le voeu réalisé est uniquement le voeu REEL , le voeu le plus cher et par exemple , le brun ne veut pas devenir un militaire mais voulait revoir son père. Le voeu final accordée à l’asiatique est de ressusciter son ami mais pour que les voeux soient réalisés et perdurent dans le temps ,il faut que l’auteur du voeu reste sur l’ile d’où la fin du film. Le blond remercie son ami quand l’avion s’en va car il sait qu’il s’est sacrifié. Où tu vois une seule incohérence??
        On passe un bon moment à regarder ce film, c’est un film pop corn mais avec tout ce qu’il faut, de l’horreur, des rebondissements, un scénario original, quoi demander de plus?

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