[Critique] Lupin : vous l’avez vue, mais l’avez-vous regardée ?

Vous n’avez pas pu passer à côté de la sortie de Lupin : Dans l’ombre d’Arsène sur Netflix. Publicités TV, web, affiches dans le métro (collées par Omar Sy lui-même !)… La plateforme de SVOD a mis les petits plats dans les grands pour promouvoir sa nouvelle série-blockbuster. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est efficace ! Lupin est la première série française à devenir numéro 1 chez Netflix US. Le casting d’acteurs et actrices connues et reconnues (Omar Sy bien sûr, mais également entre autres Nicole Garcia) n’y est peut-être pas étrangère. De même que la présence de réalisateurs et réalisatrices habitués au cinéma. Avec en tête Louis Leterrier, réalisateur d’Insaisissables, clairement une référence pour la série Lupin. La localisation parisienne est également attractive pour le public international, surtout en ces temps difficiles. Bref, les facteurs qui expliquent le succès de Lupin sont nombreux. Mais succès n’est pas gage de qualité, alors que vaut-elle vraiment ?

La vie d’Assane Diop est bouleversée quand son père est accusé à tort du vol d’un collier précieux. 25 ans plus tard, Assane va s’inspirer des aventures d’Arsène Lupin pour rétablir la vérité et laver le nom de son père.

Assane Lupin

Au moment où l’on écrit ces lignes, seule la première partie de Lupin est sortie, constituée de cinq épisodes. Et jusqu’ici, c’est plutôt une réussite ! On sent la volonté de proposer un divertissement très bien produit et très bien calibré. Les scènes d’action sont nombreuses et plutôt bien filmées (le premier épisode, qui se passe au Louvre, met les bouchées doubles dans le grand spectacle). La tension est au rendez-vous, la volonté de passer immédiatement à l’épisode suivant est forte ! Ce qui est le but premier de Netflix : ne pas lâcher le spectateur.

Mais la série souffre du même défaut propre à de nombreuses séries actuellement : le premier épisode est assez poussif en terme de construction de personnages, qu’il s’agisse des protagonistes et de leurs antagonistes. On comprend que les gentils sont très très gentils et les méchants sont très très méchants. Malgré ce défaut, Lupin trouve son rythme dans son développement de personnage, et la surprise de la direction que prend l’histoire est bienvenue !

En effet, au lieu d’une adaptation modernisée d’Arsène Lupin comme l’a été Sherlock, on nous propose une quête de vérité et de justice menée par Assane (Omar Sy), un surdoué qui prend pour modèle le héros littéraire. A base de déguisements, d’infiltrations, et de manipulations, Assane va petit à petit creuser le mystère qui le hante depuis 25 ans : pourquoi son père a-t-il été accusé du vol du collier de la reine Marie-Antoinette, avant de mourir en prison ?

Arsène qui ?

Mais si la surprise d’avoir une proposition différente de ce à quoi on pouvait s’attendre est bienvenue, c’est finalement cet aspect “Lupin” qui est aussi l’un des défauts principaux de la série. Pour l’instant, le rapport avec l’œuvre originale de Maurice Leblanc est relativement mince. Si l’esprit du personnage est assez présent dans le premier épisode, et que le cinquième imagine une convention “Arsène Lupin”, à Étretat, en dehors de ça, les références à la série de romans sont assez forcées.

On se dit que c’est une sacrée coïncidence que le héros de la série partage cette même passion précise pour Arsène Lupin avec Youssef (Soufiane Guerrab), l’un des policiers qui va chercher à le démasquer. On sait qu’il faut bien faire avancer l’intrigue, mais on se sent parfois du côté de ses collègues policiers qui lui disent de lâcher l’affaire avec ce personnage de romans policiers !  De même, les enfants qui mettent des semaines à lire trois pages d’un tome d’Arsène Lupin pour bien rappeler les liens avec l’œuvre originale sont des appels du pied très forcés.

Ce qui n’était vraiment pas nécessaire, d’autant que la série trouve son équilibre assez rapidement entre les phases d’enquête et les phases d’action. Et en dehors de ces rappels, le héros Assane trouve sa propre identité, Omar Sy est charismatique et parfait dans son rôle de marginal en quête de justice. Et à côté de ça, il n’est pas parfait dans son rôle de père, et il reste trop attaché à Claire (Ludivine Sagnier), dont il est séparé. Cela crée un héros imparfait, donc crédible, malgré ses talents hors normes inspirés d’Arsène Lupin.

Conclusion : on espère que la deuxième partie transformera l’essai ! Imparfaite, Lupin possède quand même de nombreuses qualités, qui donnent envie de voir la suite. On espère que les quelques défauts seront corrigés si la série réussit à différencier son identité de celle de la série de livres dont elle s’inspire. La fin de cette première partie laisse en tout cas penser que Lupin se dirige vers quelque chose d’encore différent de ce qu’on a déjà pu voir dans ces cinq premier épisodes. Affaire à suivre !

Bastien Rouland

© Emmanuel Guimier/Netflix


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