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[Critique] Lupin III : réservé aux fans du genre

Avant de devenir un film, Lupin III a d’abord été un manga de l’artiste japonais Monkey Punch, alias Kazuhiko Katô, publié à partir de 1967. Ses histoires ont ensuite été adaptées en anime (série d’animation) dès 1971, et sont arrivées en France dans les années 80 sous le nom de Edgar, le détective cambrioleur. Mais cette année, c’est sur le grand écran que Lupin III revient chez nous, et sous son vrai nom !

Lupin III est le descendant de l’illustre Arsène Lupin : suivant les traces de son aïeul, il est également un brillant cambrioleur ! Pourchassé par l’inspecteur Zenigata à travers le monde, il débarque en France avec pour objectif de réussir ce que le grand-père n’a jamais réussi : le vol du journal de Bresson, qui d’après la légende guiderait vers un trésor immense. Sur sa route, il croise la jeune Laetitia qu’il embarquera dans une aventure pleine de rebondissements !

De l’image de synthèse remarquable…

La première impression donnée par le film est une image soyeuse et de grande qualité, symbole d’une grande maîtrise des effets spéciaux numériques (CGI en anglais). Il n’y a d’ailleurs pas ou peu de défauts à relever de ce côté : les décors extérieurs sont saisissants de vérité et très réalistes et le cadre est immersif, qu’il s’agisse de la représentation de Paris ou du désert mexicain, tandis que les personnages sont ultra expressifs – peut-être trop parfois, frôlant ce que l’on peut lire comme une caricature du manga.

La scène d’introduction par exemple, bien que donnant au final peu d’éléments de contexte, est une réussite technique, mais aussi un concentré d’action, qui se retrouve tout le long du film. En effet, le rythme est très soutenu, et les rares pauses dans l’action ne servent qu’à enclencher la vitesse supérieure dans une course en avant effrénée pendant les deux tiers du film… avant que l’action ne retombe, en même temps que l’intérêt du film. Il faut également noter dans les bons points une bande son plutôt rafraîchissante qui accompagne très bien le film.

… à un scénario insignifiant

Malheureusement, les qualités visuelles et sonores de Lupin III sont entachées par un scénario qui peine à suivre le rythme. Avec un point de départ caricatural à souhait (“oh bonjour les vilains Nazis” !) et les dialogues ne créant aucune empathie, le film ne parvient pas à accrocher le public. Bien au contraire : en voulant toujours sur-expliquer ce que l’image montre déjà, sans doute pour le public plus jeune, le film finit par perdre et lasser le spectateur plus adulte.

Et si quelques idées sont plutôt bien menées, comme cette vieille légende sur Hitler, les retournements de situation sont le plus souvent prévisibles pour qui prête un peu attention à ce qui se passe devant lui, et l’ensemble laisse un goût d’inachevé. La quête de Lupin et Laetitia ne comprend aucune originalité et reste dans la veine de ce que peut nous pondre un Indiana Jones ou un Benjamin Gates, à savoir un artefact mystérieux que de dangereux vilains convoitent et que l’équipe de héros cherche à protéger…

Conclusion : Lupin III plaira sans doute aux nostalgiques souhaitant voir un film avec leurs enfants ou à certains fans de manga/anime, mais, en dehors d’une image magnifique, le film n’est pas immanquable pour le grand public. Cet opus laisse la porte ouverte à une éventuelle suite : espérons qu’elle se dotera cette fois-ci d’un scénario à la hauteur du visuel !

Lupin III : The First
De Takashi Yamazaki 
Durée : 1h33
Sortie le 7 octobre 2020

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