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[Critique] Les Trolls 2 – Tournée Mondiale : une pépite sucrée !

Après un premier film d’animation sorti en 2016 (Les Trolls, de Mike Mitchell et Walt Dohrn) qui a connu un grand succès (2.7 millions d’entrées en France, plus de 300 millions de dollars de recettes au total), les poupées Troll reviennent cette année pour une seconde aventure. Bien au delà de l’opportunisme marketing de faire une suite animée d’un film basé sur de véritables jouets, le film offre la bonne surprise d’être à la fois une pépite d’animation et de proposer une histoire qui plaira aux enfants comme aux adultes.

Rien ne va plus au Royaume des Trolls. Le peuple du Rock cherche à s’emparer des cordes musicales des cinq autres peuples afin de tous les unifier sous une seule égide musicale. Il ne tient qu’à la Reine des Trolls Pop et à ses amis de stopper le Rock et de sauver le Royaume !

Gare au mal de crâne !

En tant qu’adulte, c’est une véritable épreuve que de réussir à passer à travers les dix premières minutes de Les Trolls 2 : Tournée Mondiale. On peine à se concentrer et à comprendre ce qui se passe tant les chansons techno et pop s’enchaînent à un rythme effréné. Pour les néophytes de l’univers Trolls, c’est un début compliqué qui vous attend ! Le film s’ouvre sur une attaque d’un peuple Troll contre un autre, le Rock contre la Techno. Pas le temps de vous poser la question de pourquoi les Trolls Rock sont les méchants que vous voilà projetés chez les Trolls Pop, les héros du premier film. Et là démarre un medley, un mélange de chansons pop entonnées en cœur par l’ensemble des Trolls. L’impression transmise par le film est celle d’un adulte qui agite un trousseau de clefs devant un enfant pour réussir à capter son attention : ça brille, ça fait du bruit, et ça fait mal au crâne !

Fort heureusement, passée cette introduction chaotique, le film se pose un peu et prend le temps d’introduire son univers au spectateur. On comprend que les différents peuples Trolls ne formaient qu’un il y a longtemps, mais que les différences entre chacun étaient trop fortes pour qu’ils puissent rester ainsi. C’est pourquoi les peuples se sont divisés autour des différents genre musicaux : Pop, Rock, Techno, Country, Classique, et Funk. La reine du peuple Pop, Poppy (Vitaa), entreprend un voyage, contre l’avis de son père et de ses amis, afin de comprendre pourquoi la reine du Rock Barb (Marie Vincent) cherche à effacer les autres peuples, et donc les autres musiques, au profit du Rock. Le film cherche à raconter une histoire sur la différence, l’écoute et l’émancipation. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il vise très juste !

Raconter l’histoire d’une guerre entre des peuples à des enfants n’est pas chose aisée, mais le film tient bon grâce au prisme de la musique. Les métaphores parleront aux adultes, notamment lorsqu’il s’agira de révéler qui sont les véritables méchants, et sur le fait que ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire. Et les enfants s’y retrouveront sans souci, tant le film foisonne d’idées visuelles et de gags qui parleront à tout le monde. L’émancipation de Poppy est un des sujets centraux du film, axé autour d’un élément suffisamment simple pour être compris du jeune public, mais également suffisamment travaillé pour intéresser les adultes. Les personnages masculins du film, notamment Branch (Matt Pokora) et Biggie (Joachim Salinger), passent leur temps à répéter à Poppy qu’elle devrait les écouter eux, qu’elle n’en fait qu’à sa tête, qu’elle fonce droit dans le mur. Mais peut-être a-t-elle parfois raison de ne pas les écouter ; Poppy cherche à être une bonne reine, elle doit savoir prendre ses propres décisions par elle-même, sans forcément que ça aille dans le sens de ce que les autres personnages cherchent à lui imposer. Ce sont eux qui au final vont le plus évoluer à son contact, ce qui est une idée relativement audacieuse et bien exécutée.

Une pépite visuelle

Une des réussites du film réside dans ses idées visuelles, et l’exploration de son monde. Les Trolls étant des petites peluches (relativement moches en vrai, il faut l’avouer), elles évoluent dans un monde fait de coutures, de coton, de laine. Et comme l’histoire est un voyage à travers les différents peuples trolls, on prend plaisir à découvrir à chaque nouveau monde les nombreuses trouvailles des animateurs : le sable en paillettes, les nuages en coton, l’eau en Slime, des personnages en velcro, le désert en patchwork, des instruments de musiques animés à une fréquence d’images différentes du reste du film… Chaque plan est l’occasion de chercher les différentes idées des animateurs et leurs exécutions !

La présence de six peuples musicaux peut paraître minime comparé à l’étendue de ce que peut offrir la musique, mais rassurez vous : de nombreuses scénettes et gags sont l’occasion de présenter un nouveau genre musical. On retrouve ainsi aux côtés des six premiers genres évoqués le Jazz, la K-pop, le Reggaeton, le Yoddle, le Disco… Au final, même si l’histoire peut vous paraître un peu naïve, le plaisir procuré par la beauté de l’animation vous fera quand même passer un bon moment !

Conclusion : Passé un début chaotique, Les Trolls 2 : Tournée mondiale propose une belle histoire sur la différence et l’émancipation qui profite de son animation pour proposer une myriade d’idées visuelles. Un régal pour les yeux qui plaira aux enfants et aux grands enfants !

Bastien Rouland

Les Trolls 2 : Tournée mondiale
Un film de Walt Dohrn
Durée : 1h31
Sortie le 14 octobre 2020


 

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