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[Critique] Le Pont des Espions : Tom Hanks, un héros ordinaire

Avec Steven Spielberg à la réalisation, les frères Coen au scénario et Tom Hanks à l’écran, Le Pont des Espions a de quoi attirer tous les regards. Très attendu par les fans du genre et les passionnés de Spielberg, le résultat sera-t-il à la hauteur de ces attentes ? Premier regard sur le 28ème long-métrage du maître du cinéma américain.

Un film d’espionnage classique et efficace

Si vous aimez les bons romans d’espionnage à l’ancienne dans lesquels on se plonge sans retenue, qui nous font vibrer au rythme de leur récit haletant : Le Pont des Espions est fait pour vous.

Après un tout premier plan saisissant, suivi d’une scène de filature « old school » où deux agents du contre espionnage américain poursuivent un espion russe présumé dans les rues de New York, une scène de poursuite sans dialogue et sans musique, le ton est donné. Et l’histoire, qui s’inspire de faits réels, peut débuter. Au cœur de la guerre froide, nous sommes plongés au sein des tensions et tractations obscures menées par les puissances ennemies de l’époque : les Etats-Unis et l’URSS. Nous suivons l’histoire de cet espion russe du nom d’Abel (Mark Rylance), capturé sur le sol américain. Quelle justice pour ce traître qui ne l’est qu’aux yeux du camp adverse ? Le vieil homme fidèle à son pays, est un personnage mystérieux qui suscite une compassion coupable chez le spectateur. Dans ce film, tout est une question de point de vue.

Au cœur de cette histoire, il y a James Donovan, qui prend les traits d’un Tom Hanks droit, intelligent et drôle. Avocat de Brooklyn bien réel (1916-1970), spécialisé dans les assurances, Donovan se retrouve à devoir défendre l’homme le plus détesté de son pays, devenant lui-même un paria. Tandis qu’un dilemme éthique se construit, la CIA l’envoie accomplir une mission de la plus haute importance : négocier un échange de prisonniers avec l’URSS sur le sol berlinois où s’élève peu à peu le rideau de fer. Parce qu’elle est vraie, l’histoire en devient encore plus fascinante. 

Un duo au sommet

Que dire de Tom Hanks ? Juste, il incarne à la perfection cet homme épris de justice, empli de bonnes volontés, un homme qui fait office de pont entre les autres. Et le parcours de cet homme ordinaire, embarqué au sein d’une mission secrète, passionne. Parlons aussi de Mark Rylance dans la peau de l’espion énigmatique : peu expressif mais incroyablement attendrissant, il est d’une justesse remarquable. L’histoire d’une amitié interdite qui humanise ce conflit silencieux, auquel se joint la séparation de l’Allemagne et la mise en place du mur de Berlin. Les scènes entre le prisonnier et l’avocat sont l’occasion d’échanges touchants d’une simplicité déconcertante, rythmés par l’humour. A la question « Vous n’avez pas peur ? », posée par l’Américain, le Russe répond toujours « Cela aiderait ? » : un gag à répétition qui ne cesse de nous faire sourire.

En plus de ces pointes d’humour, Spielberg nous offre un discours profondément humaniste, de beaux plans, une tension palpable et une histoire complexe simplement mise en scène : il réalise là un film essentiel. Au sein d’une filmographie peuplée de héros qui triomphent par leur intelligence et le pouvoir des mots, Le Pont des Espions est une leçon d’Histoire qui s’inscrit dans cette lignée et fait l’éloge de la communication. Un film qui ne révolutionnera pas le genre et qui ne bouleversera pas le monde du cinéma, mais un plaidoyer pour un monde meilleur, une belle histoire, captivante, intelligible et claire, racontée par de brillants acteurs. Quand on ne regarde pas sa montre durant la séance, c’est plutôt bon signe.

Au cinéma le : 2 décembre 2015

Un film de : Steven Spielberg

Avec : Tom Hanks, Mark Rylance, Scott Shepherd

Isabelle Ratane

 

Comments (1)

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