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[Critique] Ip Man 4 : le maître du kung-fu s’en va

Ip Man 4 signe la fin d’une franchise. Douze ans de combats acharnés pour Donnie Yen, star du cinéma d’action chinois déjà venue tutoyer Hollywood (pour le meilleur et pour le pire) avec Blade 2Rogue One ou encore Mulan… Il y incarne Ip Man, donc, grand maître d’un art martial chinois, le wing chun. Véritable figure populaire, il a également été l’un des maîtres de Bruce Lee. À chaque fois un succès en Chine (le troisième opus a même été produit en 3D, pour correspondre aux standards de l’époque) pour ses qualités visuelles et de divertissements indéniables, la saga Ip Man n’a pourtant jamais eu droit en France à une sortie sur le grand écran, où elle aurait définitivement eu sa place !

Cet ultime opus, Le dernier combat, est donc le seul à sortir au cinéma en France ce mercredi 22 juillet, grâce au distributeur Eurozoom. Avec les reports successifs de Mulan et Tenet, les deux mastodontes annoncés de l’été, Ip Man 4 a désormais un boulevard devant lui : vous auriez bien tort de vous en priver… et si cela vous fait peur, non, il n’y a pas besoin d’avoir vu les trois autres pour tout comprendre !

Non, Ip Man n’est pas qu’un film de bagarre

Chaque épisode d’Ip Man était, en quelque sorte, une petite histoire qui s’immisçait dans la grande. Dans le premier, le personnage de Donnie Yen luttait contre les forces japonaises qui avaient envahi sa ville, Foshan. Après s’être réfugié à Hong Kong en 1949, Ip Man y fonde son école de kung-fu dans le deuxième opus, mais découvre que la ville est gagnée par la corruption de l’empire britannique. Le troisième épisode, situé dix ans plus tard, voit le grand maître se confronter à un promoteur immobilier américain (incarné par le boxeur Mike Tyson !) qui veut racheter le terrain où se situe son école. En toile de fond, on nous annonçait toujours l’arrivée de Bruce Lee, le fameux élève d’Ip Man. Furtive dans le troisième opus, sa présence est plus importante dans ce dernier volet, qui met aussi en scène le racisme de la population américaine à l’encontre de la communauté chinoise…

Le seul fil qui relie les quatre volets, c’est la vie de famille de Ip Man. Il y a dans chaque film ces parenthèses intimistes – et plutôt tendres – qui nous montrent que Ip Man a bien un petit cœur qui bat. Ou plutôt, un grand cœur : il est question pour lui de recourir à la violence uniquement en dernier lieu, pour protéger les siens ou lorsque son honneur est menacé. Une notion qui se retrouve dans son art martial même, le wing chun, qui donne davantage l’impression d’assister à un magnifique ballet chorégraphié plutôt qu’à des combats triviaux.

Un blockbuster fait pour le grand écran

On pourrait tout autant parler d’histoire de famille de l’autre côté de la caméra, les quatre films ayant tous été réalisés par le même homme, Wilson Yip ! Un metteur en scène qui a su s’adapter à un budget grandissant de film en film, passant d’environ 11 millions de dollars pour le premier opus à plus de 50 pour Le dernier combat. L’écart se ressent énormément, les Ip Man ayant été de plus en plus généreux dans leurs scènes d’action. Cet ultime volet ne fait pas exception à la règle côté grandiloquence et offre à nouveau des combats chorégraphiés avec nervosité mais, comme on l’a dit, toujours une certaine allégresse. Derrière ces scènes, on retrouve le chorégraphe Woo-Ping Yuen, à l’œuvre lui aussi sur toute la saga mais également bon nombre de grands films d’action asiatiques (Tigre et DragonIl était une fois en Chine…) et américains. Les combats de la saga Matrix, c’était lui ! Ceux de Kill Bill chez Quentin Tarantino aussi !

Vous l’aurez compris : Ip Man 4 – Le dernier combat est un film fait pour être vu au cinéma. Au-delà de ces scènes de combat qui mettent à l’amende bon nombre de blockbusters hollywoodiens (oui, Marvel Studios, on parle de vous et de vos scènes d’action montées à la truelle), cet opus met en lumière des problématiques encore cruellement actuelles comme le racisme aux États-Unis. Ancré dans les années 60, le film relate l’idée persistante du “péril jaune”, selon laquelle la communauté asiatique immigrée serait un danger pour les américains. Ceci se traduisant ici par un racisme décomplexé envers les enfants, à l’école, mais aussi envers la culture chinoise : l’efficacité du kung-fu se voit contestée par le personnage de Scott Adkins, sergent des Marines qui, en plus d’être ouvertement raciste, n’hésite pas à tâter des poings pour imposer ses idées. Dire que l’affrontement entre son personnage et celui de Donnie Yen rappelle aujourd’hui les mots de Donald Trump à l’encontre de la Chine serait un doux euphémisme…

Conclusion : Blockbuster parfaitement calibré pour le grand écran, Ip Man 4 – Le dernier combat mérite d’être vu en salle. Donnie Yen, toujours impérial, y livre une ultime performance à la hauteur des espérances.

Gabin Fontaine

Ip Man 4 : Le dernier combat
Un film de Wilson Yip
Durée : 1h45
Sortie le 22 juillet 2020


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