[Critique] Detective Conan – The Scarlet Bullet : petit film pour une grande licence ?

Detective Conan : The Scarlet Bullet, est le vingt-quatrième (!) film issu de la série animée éponyme elle-même adaptée du manga de Gosho Aoyama. Pourtant, il s’agit du premier film de la série à passer par la case cinéma en France ! Alors, le passage du petit détective sur grand écran est-il réussi ?

Les Jeux Sportifs Mondiaux vont se tenir à Tokyo ! Pour l’occasion, le Japon inaugure le “Japanese bullet”, premier train au monde à atteindre les 1000 km/h. Mais lors d’une fête d’inauguration, différents sponsors des Jeux se font kidnapper. Le plus petit des détectives, Conan Edogawa, va établir un lien entre les enlèvements, les jeux, le train, et va déterrer une conspiration vieille de quinze ans…

Moins vite, moins vite !

Autant le dire tout de suite : nous ne sommes pas des fins connaisseurs de l’œuvre originale. Si les bases sont là (un jeune homme brillant qui aide la police à résoudre des affaires criminelles se retrouve rapetissé suite à un empoisonnement), nous n’avons pas forcément vu les vingt-trois films précédents, en encore moins lu la centaine de tomes sortis. Malheureusement, il s’agit d’un handicap important lors de la vision de ce film. En effet, Detective Conan : The Scarlet Bullet attend du spectateur qu’il ait fait ses devoirs, et ne prend jamais le temps de poser les bases de son univers ou de ses personnages secondaires.

Et autant vous dire qu’avec la masse de personnages qu’on nous balance au visage, vous n’aurez pas le temps de retenir ni leur nom, ni leur fonction. Il y a bien un générique (qui tarde à venir) qui introduit une partie des personnages, mais pas forcément ceux déjà vus jusqu’ici, et qui a tendance à plus nous perdre qu’autre chose ! Alors que l’affaire en elle même tarde beaucoup à démarrer, on ne prête même plus forcément attention à ce qu’il se passe tant on passe son temps à se demander “mais qui est-ce ?” ! On se doute qu’il fallait placer le film quelque part dans la chronologie de la série de base. Mais quel besoin de placer absolument tous les personnages dans le film ? Surtout quand la plupart n’apportent rien à l’histoire, si ce n’est rajouter des sous-intrigues inutiles dans l’enquête.

A qui s’adresse le film ?

Au delà de ça, le film dispose de certaines qualités. Il regorge d’action et de course poursuites effrénées, ce qui dans le cadre d’une enquête autour d’un train qui va à 1000 km/h, n’est pas hors-sujet. La musique de Katsuo Ono qui accompagne l’action est jazzy, entraînante, et on se surprend à se laisser emporter dans l’action. Mais les spectateurs qui chercheront un mystère épais, avec pléthore de suspects et une résolution finale à couper le souffle n’y trouveront cependant pas leur compte. Detective Conan : The Scarlet Bullet prend plus le temps de développer ses intrigues secondaires démarrées en dehors du film, et qui ne seront pas terminées au sein de ce même film. Les fans sauront prendre le train en marche ; mais nous sommes malheureusement restés sur le quai.

Conclusion : Detective Conan : The Scarlet Bullet est un film à remettre dans son contexte : étant le vingt-quatrième film dérivé d’une série animée dérivée d’un manga d’une centaine de tomes, impossible de s’y plonger sans avoir une certaine connaissance de l’univers. Le film n’aidant en rien les néophytes, il est à réserver aux fans qui y trouveront certainement leur compte.

Bastien Rouland

Detective Conan : The Scarlet Bullet
Un film de Chika Nagaoka
Durée : 1h50
Sortie au cinéma le 26 mai 2021

© 2020 Gosho Aoyama/Detective Conan Comittee


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