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[Critique] Citoyens du monde : une échappée italienne tendre et légère

D’abord sorti en Italie début 2020, Citoyens du monde (ou Lontano lontano d’après son titre original) de Gianni Di Gregorio est arrivé en salles en France ce 26 août. Pour son quatrième film, le réalisateur, scénariste et acteur nous livre une histoire légère, autant une comédie qu’une tranche de vie.

A Rome, deux amis retraités, Le Professeur (Gianni Di Gregorio) et Girogetto (Giorgio Colangeli), vivent difficilement de leur pension. En quête d’évasion vers une destination plus adaptée à leur faible revenu, ils se lient à Attilio (Ennio Fantastichini), un antiquaire sans retraite qui les accompagnerait bien. Pour aller où, et avec quels moyens ? Là sont les questions auxquelles le trio va devoir trouver une réponse.

Routine

Le film débute avec un carton annonçant le jour : « lundi ». Dès les premières minutes, on comprend que les deux amis, Le Professeur (son personnage n’est pas nommé autrement) et Girogetto vivent au même rythme depuis longtemps. À travers quelques scènes et dialogues bien choisis, on appréhende immédiatement la routine que les deux retraités traversent. Rencontre au bar, allons chercher ma pension, elle est nulle, tiens allons au bar, je te dois combien, j’ai pas assez, je te paierai plus tard, mais avec quoi ma pension est nulle. Allez, on s’en va ?

Dès les premières minutes, l’ambiance est posée : plutôt que de continuer à s’enraciner ainsi, les amis vont se mettre en tête de fuir l’Italie vers un pays plus accueillant. Il ne s’agit pas d’une migration de la dernière chance, mais d’une idée soudaine, prise sur un coup de tête. D’ailleurs, si l’histoire se déroule sur sept jours, on constate qu’il s’agit d’un laps de temps assez court pour raconter la préparation au départ de trois retraités Italiens issus de conditions sociales différentes. Le film n’est pas un drame, il s’agit plus au final d’une petite fable traitée avec un ton assez léger.

Mieux vaut en rire !

Malgré la critique politique et sociale fatalement présente en toile de fond, le film ne tombe jamais dans le pathos. Plutôt que d’essayer d’arracher des larmes aux spectateurs, Gianni Di Gregorio préfère raconter une histoire légère, qui permet de rire des tribulations des trois amis, sans jamais se moquer d’eux non plus. Le film trouve son juste milieu et arrive à raconter une histoire à la limite du feel-good movie.

On rigole de voir ces personnages s’interroger du prix de la bière pour choisir leur destination, on les regarde avec tendresse essayer d’apprendre une autre langue. On rigole, on ne se moque pas. Le film inspire la tendresse, pas la pitié. Ainsi, on sort heureux du film. Ici pas de morale à gros sabots, pas de critiques acerbes au point d’en oublier l’histoire : juste un joli message sur la transmission à l’autre, particulièrement aux générations futures, un message optimiste et léger.

Conclusion : Citoyens du monde est un film franc et léger, qui transmet en définitive un joli message optimiste sur la transmission aux générations suivantes.

Bastien Rouland

Citoyens du Monde
Un film de Gianni Di Gregorio
Durée : 1h31
Sortie le 26 août 2020

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