CinémaCoups de coeurCritiques

[Critique] Bob l’éponge – Le film : Éponge en eaux troubles : laissez-vous absorber !

Stephen Hillenburg, créateur de Bob l’éponge, est décédé le 26 novembre 2018 des suites de la maladie de Charcot. Pour lui rendre hommage, Nickelodeon, la chaîne qui diffuse les épisodes de la série, a partagé une vidéo qui compile plusieurs scènes issues de différents épisodes. Cette vidéo accentue certains thèmes chers à son créateur et à la série en général : l’amitié, et le fait de chérir sa création artistique “comme son propre enfant”. Deux ans plus tard, sort Bob l’éponge – Le film : Éponge en eaux troubles. A cause de la crise sanitaire, le film saute chez nous la case cinéma pour atterrir sur Netflix, un peu dans l’indifférence générale. Et quel dommage : le film est un petit chef d’œuvre, destiné à un large public, et surtout fidèle à la série et aux thèmes qui lui sont propres.

Alerte rouge à Bikini Bottom, ville de résidence de Bob l’éponge. Son animal de compagnie, l’escargot Gary, a été enlevé ! Bob (Tom Kenny) et son fidèle ami l’étoile de mer Patrick (Bill Fagerbakke) vont partir à sa recherche, contre vents et marées !

Un film pour les grands enfants

Si Bob l’éponge est un dessin animé a destination d’un public jeune notamment par son caractère ludique (Stephen Hillenburg a d’abord enseigné la biologie marine à l’Ocean Institute en Californie), il est indéniable que Bob l’éponge touche également un public plus âgé, qu’ils soient des enfants qui regardaient la série il y a 20 ans et qui ont grandi, ou bien des adultes découvrant la série ou les films sur le tard. La série contient nombre de jeux de mots et de gags visuels interprétables à plusieurs niveaux de lecture. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le film est fidèle à cet état d’esprit !

Qu’il s’agisse de simples gags ou de références, Bob l’éponge – Le film : Éponge en eaux troubles témoigne d’un grand respect pour ses spectateurs, petits et grands. Les enfants s’amuseront d’un numéro musical, les adultes apprécieront d’y croiser Snoop Dogg ! Un des personnages du film, Soage, est une tête humaine apparaissant dans un virevoltant : une boule de poussière et de paille que l’on peut croiser au détour de tout bon western. L’idée d’un tel personnage est déjà drôle en soi, mais Soage est en plus interprété par Keanu Reeves ! Et il ne s’agit pas que d’une courte apparition, puisqu’il va guider les héros à travers l’histoire, un petit peu comme l’oracle de Matrix, avec le même Keanu Reeves.

Une réalisation soignée et intelligente

Bob l’éponge profite ici d’être un long métrage pour posséder une patte graphique originale. L’animation, très proche du dessin animé, bénéficie d’un style 3D très agréable à l’œil. Le rendu final est proche de celui d’un film en stop motion, sans vraiment totalement en être, à l’image de La grande aventure Lego. Un bijou pour les yeux !

Et même la mise en scène vise juste dans cette idée de double lecture. Le film se permet parfois un montage et un humour qui ne seraient pas forcément possibles dans un épisode de 11 minutes. Comme ces gags qui tirent en longueur, mais qui sont parfaitement maîtrisés, à l’image des différents moments où Bob rit de son rire horripilant, ou du réveil de Bob et Patrick qui se hurlent “Bonjour !” à travers la rue. Il y a aussi ces dialogues entre Bob et Patrick, montés en plans alternés très rapides qui vont de l’un à l’autre : l’humour vient directement du montage, et pas forcément des dialogues. Il y a même un échange méta entre Bob et Patrick, sur le fait qu’ils sont peut-être en train de vivre un buddy movie ! Enfin, il y a les références, parfois subtiles, mais qui ne pourront pas parler aux plus jeunes, comme ce plan d’hélicoptère sur une course poursuite en voiture, très brève. Elle n’est pas sans évoquer l’image célèbre de la fuite d’O.J. Simpson (ancien acteur et joueur de football américain poursuivi par la police en 1994, alors accusé d’un double meurtre dont celui de sa femme !).

Un message touchant

Enfin, comment passer à côté du beau message du film ? Sans vouloir gâcher l’intrigue, de nombreuses séquences délivrent le même message : soyez vous-mêmes. Qu’il s’agisse de la résolution de l’histoire principale comme de petits détails à côté, notamment la rencontre en camp de vacances de tous les héros durant leur enfance, les dialogues témoignent de la volonté des personnages de devoir rester toujours fidèles à eux-mêmes et à leurs rêves. La rencontre entre Bob et Sandy l’écureuil scientifique (Carolyn Lawrence) en est un parfait exemple : elle veut être scientifique mais n’est qu’un écureuil ? Qu’à cela ne tienne, Bob la motive à poursuivre son rêve jusqu’au bout !

Évidemment, le film véhicule des belles valeurs sur l’amitié, le fait de croire en ses amis. Mais l’idée d’être soi-même, dans la vie, dans son métier, dans la création artistique (comme avec le personnage de Carlo (Roger Bumpass) qui ne se rend pas compte qu’il est très mauvais musicien, mais que Bob et Patrick vont encourager quoiqu’il arrive), est ce qui saute aux yeux. Un très bel hommage à son créateur, qui a su transformer son amour des océans en une série ludique et drôle destinée à tout le monde. Le film est très touchant, et parlera sans aucun souci à tout être humain possédant un cœur.

Conclusion : vous l’aurez compris, Bob l’éponge, le film : Éponge en eaux troubles fourmille de bonnes idées de mise en scène, et vous ne vous ennuierez clairement pas devant, quelque soit votre âge. Le meilleur hommage possible à son créateur, tout de même crédité au générique du film !

Bastien Rouland

Bob l’éponge – Le film : Éponge en eaux troubles
Un film de Tim Hill
Durée : 1h23
Sortie le 5 novembre 2020 sur Netflix


Vous avez aimé cet article? Abonnez-vous à notre newsletter et découvrez chaque mois le meilleur de Silence Moteur Action!

Vous pouvez aussi nous soutenir gratuitement en regardant une publicité : cliquez ici ! 

Comment here