[Critique] Archer, saison 11 : le retour de l’espion qui s’aimait

Créée en 2009 par Adam Reed, la série d’animation parodique effectue un retour aux sources dans cette onzième saison. Et pour cause : après trois saisons “hors-série”, durant laquelle Sterling Archer (parodie vulgaire mais délicieuse de James Bond) était plongé dans le coma, c’est l’heure du réveil ! L’agent secret reprend du service trois années après l’incident qui l’a plongé dans le sommeil. Retour gagnant à un format trop longtemps délaissé ? Ou retour en arrière peu inspiré ?

Après trois ans d’aventures fantasmées, Sterling Archer se réveille enfin ! Son long coma ne le laisse pas sans séquelles. Il va devoir apprendre à vivre avec une canne pour soutenir ses jambes défaillantes. Mais, pire que tout : le monde a osé continuer de tourner sans lui ! Des anciens ennemis sont désormais des alliés, les technologies sont plus avancées… Et Lana, la femme de sa vie, mère de sa fille, s’est mariée ! Comment osent-ils ?

Mourir peut attendre, mais pas Archer !

La saison 11 se passe directement après la saison 7. Dans cette dernière, diffusée il y a quatre ans, en 2016, l’agent secret Sterling Archer (H. Jon Benjamin) terminait grièvement blessé, laissé pour mort. Les saisons 8 à 10 ont été l’occasion d’explorer de nouveaux univers (fantasmés dans la tête d’Archer) avant de revenir à l’histoire principale, avec de la suite dans les idées. La grande nouveauté de cette saison est celle… de malmener Sterling Archer ! Si jusqu’ici les nouveautés  saisonnières (toujours bienvenues) consistaient majoritairement en la transformation de l’agence en elle-même (trafiquante de drogue dans la saison 5, agence gouvernementale dans la saison 6, de détectives privés dans la 7), ici, c’est le personnage d’Archer qui va subir des changements drastiques. Le concerné semble rester bloqué dans le passé, dans un monde qui a naturellement évolué..

Il n’est plus le meilleur agent secret au monde, il n’a plus la forme, il est blessé et surtout, Lana (Aisha Tyler), avec qui il vivait une aventure plus ou moins constante depuis le tout début, est désormais mariée à un vieux milliardaire. Coup dur pour l’espion américain ! Il ne reconnaît plus le monde dans lequel il progresse désormais. Il a pour consigne de ne pas tuer en mission et de rester sur le banc de touche, aux ordres de Cyril (l’excellent Chris Parnell), son collègue qu’il déteste plus que tout. Archer, qui avait pour habitude que tout gravite autour de lui, ne l’entend pas de cette oreille. Il compte bien rétablir cet équilibre perdu !

On ne vit que deux fois… Ou pas ?

En guise de retour à la normale, après les trois saisons fantasmées, la série effectue un retour aux sources. On retrouve ainsi l’agence telle qu’on ne l’avait plus vraiment vue depuis la saison 4. C’est-à-dire une agence d’espionnage à peine légale, qui enchaîne une nouvelle mission à chaque épisode. Si ce retour en arrière peut, de prime abord, sembler fainéant, il n’en est rien. Car la difficulté pour Archer de revenir à la normale n’en sera que plus grande ! Il cherche à rétablir un statut quo tel que lui le connaissait, avant que tous les événements qui l’ont conduit à son coma, ne s’enchaînent. Or, l’agence et ses employés sont déjà en plein statut quo, naturellement installé après trois ans. Il ne s’agit pas de revenir à la normale après une crise, comme Archer le ressent. La normale est déjà installée ! Et ce sont les autres personnages qui perçoivent Archer comme étant la crise à gérer…

L’intelligence de cette saison 11 est de confronter directement Archer avec les problèmes qu’il induit. Les autres personnages, y compris sa mère, Mallory Archer (Jessica Walters), lui font directement ressentir que leur vie se déroulait sans doute mieux sans lui… Il ne tient qu’à Archer de leur prouver tort, comme il sait si bien le faire à chaque fois : en sauvant (souvent malgré lui) la mise, en démontrant qu’il est un membre essentiel de l’agence, et qu’ils ne cherchent que des mauvaises excuses en rejetant toujours la faute sur lui, dès qu’une situation tourne mal. Ce qui ne sera pas facile à faire, maintenant qu’il est handicapé et laissé de côté en mission !

Conclusion : cette onzième saison de Archer est trop courte ! On en veut plus ! En arrivant systématiquement à nous faire rire grâce aux situations rocambolesques et aux dialogues finement ciselés, tout en faisant évoluer les personnages, le retour au réel d’Archer est un régal. Vivement la saison 12, déjà commandée grâce aux audiences en hausse de la série ! Archer ne meurt jamais !

Bastien Rouland

Archer, saison 11
Une série de Adam Reed
Durée : 8×20 minutes
Disponible sur Netflix

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