[Critique] A Young Doctor’s Notebook : votre dose d’humourphine !

Depuis quelques mois, Arte propose quelques pépites de séries méconnues à voir ou à revoir gratuitement sur leur plateforme Arte.tv ou sur YouTube. La dernière en date, A Young Doctor’s Notebook, date de 2012 et était destinée au réseau Sky Arts. Composée en tout de huit épisodes de vingt minutes (une bouchée de pain !), la série est un bijou d’humour noir britannique. Inspirée d’une nouvelle russe éponyme de 1927, A Young Doctor’s Notebook relate l’histoire du Dr. Vladimir “Nika” Bomgard, brillamment interprété par Daniel Radcliffe (Harry Potter)… et par Jon Hamm (Mad Men) !

Nika est un jeune médecin fraîchement diplômé de l’université de médecine de Moscou. A la veille de la révolution russe de 1917, il est envoyé en pleine campagne profonde, où les cas de syphilis s’enchaînent aussi vite que l’ennui ne s’installe. Il va tenter de s’échapper de cet enfer à l’aide de sa nouvelle amie, la morphine…

Dr Nika, I presume ?

La durée de la série fait qu’il faut éviter de trop parler de l’histoire, sous risque de trop en dévoiler. On ne s’attardera donc pas plus que ça dessus, si ce n’est pour expliquer la particularité de la présence de deux comédiens pour interpréter le même personnage. Jon Hamm incarne la version âgée de Nika, qui replonge dans le carnet qu’il tenait étant débutant. Il assiste, presque impuissant, à la plongée de son alias passé (Daniel Radcliffe) dans l’enfer de l’addiction à la morphine. Presque, car le sel de la série vient entre autres de l’interaction directe entre les deux versions de Nika. Il ne s’agit pas juste d’assister à une histoire à travers les yeux de son narrateur. Car le narrateur est parfois ici directement actif ! Et la version jeune de Nika dialogue sans se poser de question avec son lui plus âgé… Tout en sachant pertinemment qu’il parle avec lui-même !

La particularité de A Young Doctor’s Notebook se situe là : si la série est crue dans son traitement des opérations médicales et des blessures, les dialogues à lui-même de Nika apportent une bouffée presque fantastique dans cet hôpital à tendance claustrophobe. Et quoiqu’il arrive, l’humour noir qui parsème l’ensemble de la série dans les dialogues, les situations, les personnages, est toujours finement dosé pour toujours nous ramener dans la comédie, sans jamais faire oublier le naufrage qui se déroule sous nos yeux. Le jeune Nika sombre sous la pression et la douleur dans l’addiction à la morphine, devant les yeux attristés du vieux Nika… qui tente tant bien que mal de sauver son passé, pourtant littéralement déjà écrit.

On veut notre dose !

A Young Doctor’s Notebook se termine trop vite ! On ne fait qu’une bouchée des huit épisodes qui constituent l’ensemble de la série. Les acteurs semblent s’éclater dans leur rôle, et les situations dans lesquels ils se trouvent ne peuvent que vous décrocher un sourire. Pourquoi aime-t-on autant voir Daniel Radcliffe se faire malmener, on l’ignore, mais le rôle de Nika lui sied à merveille !

A rebours, A Young Doctor’s Notebook semble être une des œuvres qui a façonné un certain style, un certain traitement, retrouvé dans une poignée d’autres séries ou films par la suite. On ne dit pas que A Young Doctor’s Notebook a inventé l’humour noir. Mais le mélange entre humour noir et une certaine esthétique kitsch moderne associée à la maltraitance de son protagoniste est très particulier, et il est indéniable que cette série est une base solide à un style dans lequel on peut caser Swiss Army Man, ou Guns Akimbo avec Daniel Radcliffe ; ou encore des séries comme Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire, ou bien Dirk Gently ! Quel dommage que la série ne soit pas plus longue ; mais en même temps, cela ne fait qu’ajouter à sa préciosité !

Conclusion : A Young Doctor’s Notebook est une pépite d’humour noir britannique absolument immanquable. Très courte, très accessible, vous n’aurez aucune excuse pour passer à côté ! On enchaîne les épisodes aussi vite que Nika enchaîne les doses de morphines. Et arrivé au bout, on en redemande ! Si vous avez apprécié Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire ou bien Dirk Gently, foncez les yeux fermés. Et si vous n’avez rien vu de tout cela, A Young Doctor’s Notebook en est une excellente porte d’entrée !

Bastien Rouland

A Young Doctor’s Notebook
Une série de Mark Chappell, Alan Connor, Michail A. Bulgakov
Durée : 8 × 20 minutes
Disponible sur Arte.tv et sur YouTube via Arte Cine séries


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