[Coin lecture] Mes moires : un pont sur les étoiles

Cette fois-ci dans notre Coin Lecture, plutôt que de s’intéresser à une franchise comme Star Trek ou James Bond, rendons hommage à l’un des passeurs de culture les plus influents de France : Jean Pierre-Dionnet. Si son nom est certainement inconnu des plus jeunes, c’est pourtant lui qui a contribué à la diffusion d’œuvres culturelles aussi diverses que variées, à l’époque méconnues, à travers les différents programmes qu’il dirigeait et présentait. On vous présente brièvement pourquoi vous devez absolument lire les Mes Moires de Jean-Pierre Dionnet.

Métal Hurlant

Jean-Pierre Dionnet a tout vu, tout fait. En tout cas, c’est un petit peu le sentiment qu’on face à la lecture de ses Mes moires. Quelle vie ! Toutes ces rencontres ! Tous ces projets ! Impossible de résumer en quelques ligne l’ampleur de son travail. C’est pourquoi tout un livre est nécessaire pour le faire ! Mes Moires est une lecture qui motive, qui donne envie de monter mille projets, de toquer à toutes les portes, de rassembler les gens, et de transmettre à son tour son amour de l’art.

Jean-Pierre Dionnet est le fondateur, aux côtés de Philippe Druillet, Mœbius et Bernard Farkas, de la maison d’édition des Humanoïdes Associés. De cette maison d’édition découlera le magazine Métal Hurlant, terreau de la science-fiction française, dont les histoires publiées influencent à l’époque (et jusqu’à aujourd’hui) nombre d’auteurs, scénaristes, et réalisateurs. On peut citer à titre d’exemple les films Mad Max de George Miller, Akira de Katsuhiro Otomo, ou encore Blade Runner de Ridley Scott. Jean-Pierre Dionnet est le rédacteur en chef de Métal Hurlant de 1975 à 1985.

Cinéma de quartier (interdit)

Après avoir présenté de 1982 à 1988 Les enfants du Rock avec Philippe Manœuvre sur Antenne 2, Jean-Pierre Dionnet crée et présente Cinéma de Quartier sur Canal +. De 1989 jusqu’à 2007, il se donne pour mission d’offrir une seconde jeunesse à des films méconnus ou oubliés, et de les faire redécouvrir aux spectateurs assoiffés de cinéma bis. De manière générale, le cinéma italien tient une place de choix dans Cinéma de quartier : Jean-Pierre Dionnet met notamment en lumière des cinéastes comme Mario Bava et Dario Argento.

En parallèle de Cinéma de Quartier, il crée en 1998 avec Yannick Vallet Quartier Interdit, dans l’idée d’aller plus loin que Cinéma de Quartier. Avec cette nouvelle émission, il veut faire honneur aux cinéphiles amateurs de films qui oseraient transgresser les interdits télévisuels. Il ose ainsi présenter des films de Clive Barker, de Guillermo del Toro, de Wes Craven, et même Salo ou les 120 journées de Sodome de Pasolini !

Destinations Séries

Et comme si aucune des émissions présentées plus haut ne suffisait pas, Jean-Pierre Dionnet anime avec Alain Carrazé  Destination Séries sur Canal Jimmy, de 1992 à 2001. Chaque numéro de l’émission bimensuelle est consacré à une série, un genre, un personnage différent. De Code Quantum à Twin Peaks en passant par les Monthy Pyton, Destination Séries ratisse large.

Et même alors que Jean-Pierre Dionnet aime clamer haut et fort qu’il n’aime pas Star Trek, de nombreux épisodes de Destination Séries sont consacrés à la série spatiale ! Malgré tout ce qu’il a pu en dire, et les foudres des fans qu’il a pu s’attirer, on découvre avec une très agréable surprise qu’au final, ce n’était qu’un jeu que Jean-Pierre Dionnet aimait entretenir. Mais au fond, comme toute personne de bon sens, il avoue dans ses Mes Moires que Star Trek est une très bonne série. Pour ça et pour avoir oser la diffuser en France, merci !

Asians Star

Enfin et pour terminer, abordons l’un des points les plus passionnants de ses Mes Moires : ses voyages et rencontres avec les cinéastes asiatiques. Une certaine jalousie s’empare de nous à la lecture des anecdotes de rencontres avec Michelle Yeoh, Tsui Hark, John Woo, Jackie Chan ! On a l’impression que c’était facile, le monde, avant. On entrait dans un bar, on serrait des mains, et le lendemain, pouf ! On distribuait les films de Studio Ghibli en France.

Bien sur, ce n’est pas aussi simple, et on vous laisse découvrir par vous-même tout le travail de Jean-Pierre Dionnet dans ses Mes Moires. Mais sachez juste que c’est lui, via sa société Des films, et ses collections “Asian Classics” puis “Asian Star”, qui a permis d’exporter hors Asie les films de (entre autres !) Takeshi Kitano, Hayao Miyazaki, Johnnie To, Tsui Hark, Takeshi Miike

Conclusion : sans le savoir, nous devons une bonne partie de notre imaginaire cinématographique à Jean-Pierre Dionnet. Finalement, c’est ce qui résume le mieux le rôle de passeur. Le personnage s’efface derrière les œuvres qu’il entreprend de mettre en lumière. Mes Moires est une lecture passionnante, une formidable évasion vers un monde qui n’existe plus, mais qui a tellement influencé l’art que finalement, il continue un peu d’exister, même inconsciemment.

Mes Moires (414 pages)
Un livre de Jean-Pierre Dionnet avec Christophe Quillien
Paru le 28 août 2019 aux éditions Hors Collection

© Etienne Robial © Stéfane France


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