[Battle] Harry Potter et la coupe de feu

Bienvenue dans cette toute première Battle de Silence Moteur Action ! Aujourd’hui, en guise de champ de bataille, Harry Potter et la coupe de feu, quatrième épisode de la saga du sorcier à lunettes ! Ne perdons pas plus de temps et présentons tout de suite nos challengers du jour : à votre gauche, Estelle, fervente défenseuse de Luna Lovegood et aussi passionnée des inventions des jumeaux Weasley que leur père est fasciné par les objets moldus. Dans le coin droit, Bastien, amoureux de la saga depuis sa tendre enfance, il n’hésite pourtant pas à déconstruire ses madeleines de Proust. Que le spectacle commence !

Qu’abonde la magie, pourvue qu’on ait l’ivresse

Estelle  : Qui n’a pas gardé en mémoire la séquence de l’arrivée des écoles Beauxbâtons et Durmstrang ? Certes, on ne prend pas de pincettes pour montrer que l’une accueille de gracieuses et jolies jeunes filles, à ça d’être visuellement comparées à des papillons, alors que l’autre regroupe ce qui semble être des garçons sanguinaires prêts à en découdre. Oui, ça manque clairement de subtilité et de nuance et en même temps… on adore ça ! Ces élèves, reflets de la finesse d’esprit pour les unes, de la hardiesse pour les autres, nous font absolument rêver. Et on se retrouve comme les étudiants de Poudlard qui assistent au spectacle : bouche-bée, les poils de bras hérissés. Parce que c’est de cela dont il s’agit : Harry Potter et la coupe de feu est un spectacle de deux heures trente qui ne s’essouffle jamais. Grâce au scénario et, intrinsèque à celui-ci, au défi que doivent affronter des sorciers (les trois grands étapes d’un jeu inter-écoles), le film se permet d’être visuellement grandiose du début à la fin. Dragons, sirènes, sans oublier les désormais habituels sorts et enchantements çà et là tout au long de l’épisode… Tout y est !

Attention cependant, pas question que nos héros deviennent des saltimbanques. Que les cirques Barnum passent leur chemin ; le réalisateur Mike Newell ne livre pas un divertissement stérile devant lequel on mange goulûment du popcorn. Non ! Dans ce quatrième opus, bien qu’il puisse paraître plus léger et en décalage avec le ton de ton prédécesseur, Le Prisonnier d’Azkaban (voir ci-dessous), le cinéaste n’oublie pas de donner des coups de pression aux personnages, comme au public, avec l’omniprésence de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Si La Coupe de feu est un Hunger Games duquel tous les joueurs peuvent sortir vivants, la réalisation, très sombre, marque le premier meurtre d’un élève par la baguette du Seigneur des Ténèbres. L’équilibre entre la distraction proposée par le film et son intrigue, qui continue d’assombrir les jours du jeune Harry Potter, offre un des meilleurs épisodes de la saga !

Bastien : C’est vrai que ce quatrième opus aurait pu s’appeler “Harry Potter et le manque de subtilité”. Place au grand spectacle, et on dit au revoir à toute forme de mystère ou d’enquête. Ce qu’on ne peut pas retirer au quatrième volet de la saga, c’est qu’il s’agit d’un film fort en sensation. Comme tous les films issus du “Wizarding World”, le film est très bien produit, en ce sens que les costumes, décors, musiques, sont tous fantastiquement réussis. Naturellement donc, les poils se hérissent quand les rugbymen les étudiants de Durmstrang effectuent leur chorégraphie d’accueil à Poudlard, ou quand Harry surgit dans l’arène, balai en feu, pour se saisir de l’œuf d’or ! Mais en dehors de ces moments chair-de-poule, il ne reste pas grand chose à se mettre sous la dent ! Ou sont passés le mystère et l’enquête propre à chaque histoire d’Harry Potter ?

Le précédent film, le prisonnier d’Askaban, était déjà le film de la rupture. Rupture dans le ton, la mise en scène, les costumes, les décors (pour le meilleur comme pour le pire). Mais aussi, rupture par rapport au matériau original. De là à dire que le film n’était pas du tout fidèle, il ne faut pas exagérer non plus. Le mystère concernant Sirius Black et son évasion de la prison, la carte du maraudeur, le passé de Harry… Le fil rouge était solide et restait dans l’ambiance du livre. Il touchait en revanche à l’ordre des séquences de l’histoire, et omettait des détails plutôt importants (essayez de demander à quelqu’un qui n’a pas lu les livres qui sont vraiment Lunard, Queudver, Patmol et surtout Cornedrue, ou  pourquoi le patronus d’Harry est un cerf !). En revanche, le quatrième épisode, c’est un festival : exit l’elfe de maison Winkey, personnage central et essentiel à l’intrigue, exit la mère Croupton et sa conspiration avec son fils, exit l’enquête sur le meurtre du père Croupton, expédiée sous le tapis, bref, exit toute forme de mystère propre à chaque tome de la saga pour laisser place au grand spectacle. Pourquoi pas. Mais du coup, dans le film, je suis totalement du point de vue de Ron Weasley, qui en a un peu marre que son pote à lunettes soit toujours le centre du monde sans explication. Parce que dans ce film, c’est un peu ce qu’on nous montre…

Calmez-vous !

Bastien : Vous aimiez bien le vieux sage Dumbledore, mystérieux, érudit, qui dégage une puissance tranquille ? Vous allez adorer le vieux fou qui le remplace dans cette quatrième aventure ! Au delà du n’importe quoi du scénario, ce sont les comédiens qui partent en vrille. La blague est connue, celle de la différence entre deux mêmes séquences du livre et de l’adaptation : la coupe de feu qui sort le nom d’Harry Potter et la réaction de Dumbledore. Dans le livre, le directeur de Poudlard est calme et demande gentiment à Harry s’il a mis son nom dans la coupe.

Dans le film, Dumbledore est un vieillard complètement allumé qui agresse l’adolescent dans le but de lui extorquer la vérité. Que s’est-il passé ? Et que dire des autres personnages ? Des réactions disproportionnées d’Igor Karkaroff, toutes en subtilité ? Ou encore du professeur Fol Œil ? Je vous assure qu’il ne fallait pas attendre la fin du film pour voir qu’il s’agissait d’un fou dangereux ! En parlant de fou dangereux, Barty Croupton père et fils sont sans doute les rois du “j’en fais pas trop là ?”. Barty Croupton Sr. a ses yeux qui veulent sortir de leurs orbites à chaque plan, on dirait qu’il va pleurer à chaque phrase… Quant à Barty Croupton Jr., il semble au bord de la crise d’épilepsie en permanence, avec ses spasmes et sa transpiration abondante. Pourtant, j’adore le comédien, David Tennant, mais… qu’on lui apporte une cuillère en bois, vous voyez qu’il ne va pas bien, il faut l’aider !

Estelle : Pas sûre qu’on puisse dire que Dumbledore “agresse” Potter à ce moment précis. Sa réaction, qui peut sembler disproportionnée comparé à celles du livre (support qui permet de s’étendre sur le ressenti des personnages), montre, visuellement, le coup de pression que le directeur de Poudlard ressent face aux événements. Cette façon de réagir n’est que la traduction physique de la prise de conscience d’un des plus grands magiciens de tous les temps, qui vient de se faire avoir sur une coupe qu’il a lui-même ensorcelée : il comprend qu’il ne s’agit pas de mauvais coup d’élève, et lorsqu’il prend Harry entre quatre yeux, il connait déjà la réponse à ses questions. C’est aussi à ce moment que le retour de Vous-savez-qui devient réel ; si Dumbledore y croit, s’il panique, c’est que la menace est bien là.

La suite des événements de ce même film nous montre que le directeur a digéré l’information et on retrouve alors le Dumbledore “habituel”, sage et réfléchi. Pas de quoi faire un drame de tout cela ! Concernant la manière dont jouent les autres acteurs, on commence à toucher au domaine de la subjectivité… Compte-tenu de la réputation qu’a Fol-Oeil, pour reprendre son exemple, il n’est pas plus étonnant que ça de voir avec quelle folie ce personnage agit ! Même si, c’est vrai, il met très mal à l’aise, on peut également rééquilibrer la balance grâce à la scène où il fait revenir (notre adoré) Londubat dans sa salle de classe, après l’avoir traumatisé en montrant les effets des sortilèges impardonnables sur de malheureuses bêtes. Une pointe d’humanité qui fait toute la différence, pour tromper les élèves, comme le spectateur !

Conclusion : nos deux rédacteurs s’accordent sur un point : Harry Potter et la coupe de feu est un film qui propose un spectacle efficace, bien produit et qui tranche par rapport aux précédents films de la saga. Mais à vouloir trop en faire, le film ne sombre-t-il pas dans la surenchère gratuite au point de s’oublier ? Ou bien êtes-vous sensibles à l’assombrissement du ton de la saga, ce quatrième épisode étant un véritable tournant dans les aventures du sorcier à lunettes ?


Qu’en  pensent les autres rédacteurs ?

Xavier : team Estelle de mon côté ! Malgré la richesse du contenu et la complexité du cahier des charges, Newell retranscrit les informations principales sans nous ennuyer. Il prend également le temps de s’intéresser aux personnages et la complexité de leurs relations adolescentes. Enfin, il apporte également cette noirceur qui fait évoluer l’univers au-delà des sorts gentillets et des chocogrenouilles amusantes. C’est surtout l’arrivée iconique de cette menace qui plane depuis trois épisodes, emportant la mort avec elle, pour amorcer la guerre entre le bien et le mal.

Laurène : team Estelle… ou presque ! Contrairement à certaines opinions, La Coupe de feu est loin d’être le meilleur opus d’Harry Potter à mes yeux : l’importance donnée aux épreuves du tournoi a pour conséquence de laisser de côté l’intrigue principale de la saga pendant une trop grande partie du film, nous donnant l’impression que l’on veut nous faire “passer le temps” (heureusement, c’est pour mieux se rattraper à la fin !). Malgré cela, ce quatrième volet reste un très bon film qui s’intègre tout à fait à l’ensemble de la saga, et qu’on prend plaisir à revoir régulièrement !


Et vous, qu’en avez vous pensé ? Êtes vous plus équipe Estelle ou équipe Bastien ? Donnez-nous votre avis dans les commentaires, et essayez de ne pas vous entre-déchirer !

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