[CRITIQUE] Zootopie, la jolie fable dont on avait besoin

Zootopie, le nouveau bébé Disney sort en salles le 17 février prochain. Silence Moteur Action a pu découvrir en avant-première le nouveau conte acidulé des studios. Ce qu’on en dit ? Un peu d’espoir, ça fait du BIEN.

Au pays des animaux, la tolérance règne

Du moins, c’est en quoi Judy, petite lapine visionnaire, veut bien croire. Fille de planteurs de carottes, elle cultive son goût pour l’aventure et en est certaine, elle veut devenir la première lapine policière au monde. Le suspense ne dure pas très longtemps : elle y arrive. La politique mise en place visant à donner leur chance aussi bien aux proies qu’aux prédateurs lui est largement favorable. (C’est mignon hein ? Comment ils font comprendre les inégalités aux enfants).

On vous prévient, on sera plutôt succin en ce qui concerne le déroulement de l’histoire, il serait dommage de gâcher ne serait-ce qu’une parcelle de ce nouveau film bourré d’autoréférences. On en a déjà trop dit.

Aux inspirations des fables de la Fontaine, au récit Balzacien des Illusions perdues, en passant par l’inconditionnel Utopia de Thomas More, Zootopie est un melting-pot délicieux de références culturelles et actuelles. On retrouve des thèmes audacieux pour un conte destiné aux enfants, avec en ligne conductrice une ouverture sur le monde qui sait rester nuancée. Au placard les figures manichéennes habituelles, car tu sais petit, dans la vie y’a ni méchant ni gentil, il n’y a que des êtres vivants qui essayent de survire dans ce monde de fous.

Alors bien sûr, comme dans tous les Disney, la double lecture est de mise (et pas des moindres dans certains gags à mourir de rire). Mais ce qui ressort de Zootopie, c’est une réelle volonté d’ouverture à plusieurs niveaux. De la différence sociale à la couleur de poils, du choix de vie jusqu’au respect d’autrui, Disney embrasse moultes causes et il est plaisant de voir qu’une machine aussi puissante se serve ainsi de son influence. Vous serez surpris de voir avec quelle hargne Judy parvient à mériter sa place au sein d’une société qu’elle n’imaginait pourtant pas patriarcale. On regrette peut-être une introduction saccadée, qui manque à nous attacher à ce petit personnage aux traits pourtant si attendrissants.

Un Disney 3.0

On a eu l’autodérision avec Il était une fois, on l’a eue avec La Reine des neiges, même si Zootopie n’est pas de question de princesse, il ne déroge pas à la règle. On dirait que Disney se complait dans le renversement des codes en insérant des éléments courants de notre mode de vie. Ne soyez pas choqués de voir un personnage Disney utiliser un iPhone ou écouter Shakira. Ça ne fait pas trop rêver, mais ça a le mérite de faire rigoler. Se moquer gentiment de notre addiction aux nouvelles technologies était plutôt facile, mais tout autant culotté. Pour notre part, elle n’était pas vraiment utile sinon d’alimenter une identification aux personnages déjà bien établie. Bien évidemment, cela reste un avis purement personnel. Inclure des éléments techniques dans un film, c’est risquer de le voir mal vieillir, mais c’est aussi de se rapprocher d’une réalité dans laquelle on veut inconsciemment se complaire et donc nourrir au jeune public l’idée que tout le monde se doit de posséder un téléphone portable.

Au-delà de cette approche qui n’engage que nous, ce fut un vrai bonheur de voir des thèmes si positifs portés à l’écran. On ose imaginer que Zootopie servira de référence en béton aux parents désespérés engagés dans le processus d’éducation de leur enfant. Et on se laisse croire que, peut-être, il ouvrira la tête de certains de ces-dits parents. Allez, sans rancune ! Le changement, c’est maintenant.

Au cinéma le : 17 février

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