[Critique] Wonder Woman : à merveille

Il arrive parfois qu’une oeuvre soit dépassée par son contexte, par ce qu’elle est. C’est le cas de Wonder Woman, qui pourrait devenir le plus gros succès pour un film réalisé par une femme et dont le héros est une héroïne. C’est donc logiquement que le film devient le porteur d’un message féministe et ouvert d’esprit, face à une industrie machiste et discriminatoire.

Pour autant, on oublie rapidement qu’à l’origine, ce n’est qu’un film, scénarisé par 4 hommes. Wonder Woman fait suite à la déception Suicide Squad dans le DC Cinematic Universe (l’univers cinéma dans lequel gravite les super-héros de la maison d’édition DC). Alors où se situe le film de Patty Jenkins ?

Mythologique

Wonder Woman suit Diana Prince, fille de Zeus et princesse des Amazones qui va se retrouver confrontée à la barbarie des hommes et à la réalité de la Première Guerre mondiale. Elle décide alors de suivre Steve Trevor, un soldat américain, pour sauver le monde.

Voilà à quoi se résume Wonder Woman. Plus concrètement, le film a pour tâche de poser les bases d’un des personnages les plus connus au monde. Et c’est une réussite ! De l’île sur laquelle vivent les Amazones jusqu’au Londres des années 20, on découvre un nouveau monde en même temps que Diana Prince. Son évolution au cours du film paraît censée, tant on est identifié à elle. Il y a donc dans l’écriture du personnage quelque chose de sincère et de réaliste.

Le film réussit à nous présenter ses personnages et son univers de manière efficace. Les références aux comics ou précédents films du DC Universe (Batman v Superman) sont subtiles. Plus généralement, Wonder Woman marque par son vent d’air frais : c’est si rare de voir un tel film centré autour d’une femme !

Mise en scène

Mais la force du film ne se résume pas à son scénario ou son récit. Bien au contraire, la mise en scène de Patty Jenkins vient bouleverser les codes auxquels on est habitué. La photographie du film marque par sa forte esthétique : beaucoup de plans iconiques, visant à sublimer le personnage incarné par Gal Gadot. De plus, Jenkins reprend certains gimmicks visuels propres aux cinéastes formalistes de la Warner (on pense parfois à Snyder, réalisateur de Man of Steel et Batman v Superman chez DC, ou Guy Ritchie dont le Roi Arthur vient de sortir) : jeu sur la temporalité des scènes, ralentis, accélérés, caméra flottante… Il y a dans Wonder Woman la volonté d’immerger le spectateur au plus près de son personnage.

Mais si tous les artifices de la mise en scène fonctionnent, c’est qu’il y a des acteurs pour leur donner vie. Si globalement le casting est excellent (Chris Pine est formidable, Robin Wright toujours aussi magistrale malgré une courte apparition), on peut facilement dire que c’est Gal Gadot qui porte le film sur ses épaules. Celle qui avait été violemment critiquée lors de l’annonce de son casting livre une interprétation très forte du personnage : entre innocence et badassitude, Gadot sidère.

Conclusion : Wonder Woman réussit à présenter ses personnages et son univers avec rigueur. Divertissant et intelligent, le film n’en reste pas moins féministe et ouvert d’esprit. Une belle réussite qui risque de mettre tout le monde d’accord !

Wonder Woman
Un film de Patty Jenkins
Sortie le 7 juin 2017

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