Vin Diesel ou l’homme en quête d’éternel

Depuis quelques heures, les internautes peuvent regarder avec envie, surprise ou dégoût les premières images de xXx 3 : Return of Xander Cage. Un film que, il faut le dire, personne n’attendait. Excepté peut-être son acteur principal, le toujours aussi chauve Vin Diesel. La nouvelle aventure de son cascadeur tatoué prouve une nouvelle fois que l’acteur n’en n’est justement plus vraiment un. Cultivant ses fans et ses films, Vin Diesel cherche à tout prix à entretenir sa gloire hollywoodienne. Faut-il voir dans le bonhomme un producteur avisé ou un acteur qui craint de ne plus être étiqueté « bankable » ? Chez Silence Moteur Action on se penche sur la question. 

Résumer la carrière de Vin Diesel sans citer une célèbre franchise motorisée pourrait sembler simpliste. Et pourtant. L’échec cuisant du Dernier chasseur de sorcières juste après la sortie de Fast & Furious 7 va s’en doute convaincre celui qui a remis le marcel blanc de John McClane à la mode de ne plus sortir de sentiers battus et rebattus. La preuve avec l’arrivée de xXx 3 : Return of Xander Cage pour janvier 2017. Suite improbable de xXx, réalisé par Rob Cohen en 2002. Un film d’action bien bourrin à l’intelligence bien zéro qui comptait moderniser la figure de l’espion au cinéma. Raté. Reste qu’en s’associant une seconde fois avec le réalisateur de Fast & Furious, Diesel est alors au fait de sa gloire. Presque quinze ans plus tard, et malgré les 1,5 milliards amassés par le 7e volet, l’acteur a indéniablement perdu de sa superbe.

En quête de super

Avant d’être associé à l’étiquette devenue trop collante de Dominic Toretto, Vin Diesel se résumait à peu de choses. Et pourtant les années pré Fast & Furious sont sans aucun doute les plus cinéphiles de sa carrière. Enfant, il fréquente Broadway. Alors que son physique imposant le rattrape, celui qui n’est pas encore acteur décide de se glisser derrière la caméra. Il réalise un court-métrage, Multi-Facial, remarqué au festival de Cannes en 1995. Son premier long Strays est présenté à Sundance deux ans plus tard et tape dans l’œil de Steven Spielberg. « Le roi du divertissement » lui offrira un rôle dans son Soldat Ryan. Diesel réalisateur devient Diesel comédien et profite d’une brise qui souffle en sa faveur. Il joue dans Les Initiés, primé à Deauville. Viendra ensuite le rôle le plus emblématique de sa carrière pour beaucoup, celui de Richard B. Riddick avec Pitch Black de David Twohy. Dans le rôle d’un criminel nyctalope aussi malin que dangereux, l’acteur crève pour la première fois l’écran. Reste que ce petit film de SF ne bénéficie pas de l’aura encore frêle de son (anti)héros.

Fast & Furious change à jamais la donne pour l’acteur. Et peut-être, dans le même temps, sa façon d’appréhender le cinéma. Ses pectoraux saillants amassent des centaines de millions de billets verts. Vin Diesel rentre dans la catégorie « bankable ». Tient-on enfin le nouveau Schwarzy ? En tout cas Diesel s’y essaie. Que se soit dans Un homme à part, qui se plante, ou dans Baby-Sittor (son Flic à la maternelle à lui) qui peine à séduire. Entre deux, Diesel essuiera un autre revers bien plus âpre avec Les Chroniques de Riddick. Son personnage fétiche se retrouve au centre d’un space opéra baroque qui n’intéressera que très peu de spectateurs. Des échecs certes, mais ceux-ci lanceront sa carrière de producteur qui a de la suite (c’est le cas de le dire) dans les idées.

Recycle moi un film

Décidément attiré par la SF, Diesel se lance dans l’aventure Babylon A.D. de Mathieu Kassovitz. Un pari. Car il est vrai qu’on ne peut reprocher ça au bonhomme. Même si son côté diva hollywoodienne n’a pas forcément séduit sur le plateau. Mais une fois encore, il a misé sur le mauvais cheval. Heureusement l’acteur a eu le nez fin en prévoyant la chute. Après un caméo dans Tokyo Drift, Vin Diesel se mue en chef des familles et débarque avec Fast & Furious 4. La reformation de son duo avec son « frère » Paul Walker détonne et fait exploser le box-office… Une première fois. Suivront trois autres volets qui repousseront les limites du succès de la franchise. Derrière des réalisateurs interchangeables, Vin Diesel s’assume en patron de l’ombre et tient la barre. Il jouit également d’une fan-zone non négligeable. Si l’acteur à le nez fin, il a aussi l’oreille qui traîne auprès des quelques 100 millions de fans qui le suivent sur Facebook. Si Dwayne Johnson et Jason Statham ont rejoint la franchise, ces derniers ni sont pas pour rien.

Vin Diesel a donc transformé la saga Fast & Furious en une machine que rien ne semble pouvoir stopper. Reste que l’on est désormais bien loin de l’esprit underground et indépendant qui faisait le charme du premier volet. Cédant à l’appel de la surenchère, la saga semble depuis le 6e volet s’assumer pleinement dans une avalanche de too-much loin des courses de bolide. Jurassic World n’étant pas encore passé par là, Diesel peut confortablement savourer sa position dominante et ressortir des monstres du placard d’Universal. Ainsi débarque Riddick en 2013. L’acteur mise une nouvelle fois sur ce personnage au potentiel fort. Le film, copie au rabais (bien qu’au budget plus conséquent) de Pitch Black déçoit également et renverra Vin Diesel se consoler sur quatre roues.

Bientôt la panne ?

Autrefois pleinement engagé artistiquement, l’acteur/producteur paraît avoir cédé à l’appel de la franchise où il prend plaisir à traîner son regard triste de bœuf sous hormones de croissance. L’acteur aborde donc la crise de la cinquantaine sur la même dynamique. Alors peut-être en a-t-il ras la casquette de son rôle de Dom Toretto… Reste qu’il n’a pour l’instant rien trouvé de mieux à jouer. Et surtout rien trouvé qui soit capable de sécuriser sa place à Hollywood. Qu’adviendra-t-il de lui après le dixième Fast & Furious qui sortira l’année de ses 55 ans ? L’acteur se fera un peu vieux pour jouer au gendarme et au voleur. Continuera-t-on encore de l’acclamer pour tout ce qu’il apporte à un film ou le considérera-t-on comme un nombriliste prêt à tout pour ne pas perdre son statut ? Les premières pistes sont lisibles. Déjà à l’époque de la sortie du 7e Fast & Furious où l’acteur voyait déjà le film aux Oscars. Désolé Vin, il faudra se contenter des MTV Awards où le public a prouvé depuis les mièvreries de Twilight que son goût en matière de cinéma est devenu plus que douteux…

Et la suite fait également office de routine puisque l’acteur prépare un nouveau volet consacré à son personnage de Riddick. Pourquoi pas. On a davantage peur lorsqu’on le voit attaché à un Baby-Sittor 2. Mais le plus inquiétant vient bien de se passer là, il y a quelques heures. Vin Diesel retrouve les 3 neurones de Xander Cage. Les muscles ne semblent pas avoir souffert du poids des années. Le visage nettement plus. Reste que Vin est généreux. Et original. Le spectateur aura ainsi droit à une descente à ski dans la jungle (vous avez bien lu), ainsi qu’à une course de motos sur la mer (vous avez encore bien lu). L’acteur/producteur se veut fidèle à ce qu’on attend de lui. Reste l’effet de surprise. Surtout quand un réalisateur comme Ang Lee l’emmène là où on ne l’attend pas avec Billy Lynn’s Long Halftime WalkOn se gardera donc d’enterrer trop vite Vin Diesel. Certes sur la réserve, il peut au moins tenir jusqu’à Fast & Furious dixième du nom.

 

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