UnREAL : quand les séries TV parlent… de télé !

L’une des plus grandes surprises de la planète séries de 2015 débarque enfin en France ! UnREAL, diffusée sur Lifetime aux États-Unis (juste après Devious Maids), sera dès ce mardi 24 mai sur NRJ12 à 20h55. En attendant la deuxième saison, qui commence le 6 juin aux US, pourquoi ne pas voir ou revoir la première ? Vous auriez tort de passer à côté… d’autant plus qu’UnREAL ne fut pas la seule série à vouloir parler d’émissions télé ! Avant elle, il y eut Cult et Siberia : pourquoi on ne vous en a pas parlé avant ? Celles-ci n’ont pas été reconduites ! Pourtant, tout n’était pas à jeter, et on vous dit pourquoi…

Siberia : Koh-Lanta rencontre le fantastique

Imaginez un Survivor au milieu de la Sibérie, exactement filmé de la même manière que ces jeux d’exploration que nous connaissons tous… ce serait à s’y méprendre. Pourtant, certains téléspectateurs de la chaîne NBC ont bien cru que Siberia n’était pas une série de fiction mais un véritable programme de télé-réalité ! 16 candidats tous aussi stéréotypés que dans ces vraies émissions, 500 000 dollars à gagner, des épreuves d’orientation, une musique si clichée… Bon, d’accord. Ils ont bien fait le job. Mais il suffit d’un minimum de jugeote pour se rendre compte de la supercherie : quelle équipe de production laisserait réellement ses candidats et ses caméramans dans une mouise pareille, après la mort accidentelle de l’un des candidats ? Des animaux sauvages, des hallucinations, des secrets… Siberia vous réserve une plongée dans le fantastique, peut-être un peu trop convenue ? L’interprétation parfois calamiteuse n’a pas aidé non plus à convaincre les téléspectateurs américains, qui se sont très rapidement désintéressés de la série. En France, Siberia aura connu une très discrète diffusion sur MCM en 2014… Avec un bon second degré, et peut-être deux petites bières, ça peut être drôle à regarder, promis !

Cult : trop de méta tue le méta ?

Cult aurait pu être une série bien plus ambitieuse qu’elle ne le fut en son temps (la faute à un certain manque de moyen ?). Avec un concept pourtant fascinant, celui de suivre une série dans une série (qui s’appelle aussi Cult, sinon ce n’est pas drôle), à laquelle d’étranges phénomènes sont liés : lorsque son frère disparaît, Jeff Sefton (incarné par Matthew Davis) découvre que certains fanatiques sont prêts à suivre le machiavélique Billy Grimm (joué par Roger Greeves, lui-même joué par Robert Knepper, vous suivez toujours ?), personnage fictif de la série, qui se plaît à torturer ses ennemis. Si fanatiques qu’ils vont jusqu’à recréer les crimes exposés dans la série. Jeff se lance dans une enquête, accompagné de l’une des productrices du show, incarnée par Jessica Lucas. Or, il est impossible d’approcher le créateur de la série, le fameux Steven Rae. On ne le verra jamais, son aura est pourtant présente partout, mais existe-t-il réellement ? Et si Steven Rae n’était qu’une fabulation complète d’une production ultra-audacieuse ? Ou pire ? Cult aurait pu pleinement exploiter le filon de la narration transmedia, mais s’est limité à son format et à ses quelques messages subliminaux. Catastrophe d’audience pour la CW, qui annula sa diffusion pendant deux mois avant de diffuser les derniers épisodes deux par deux, elle eut au moins le mérite de dévoiler Marie Avgeropoulos, qui se retrouva ensuite dans The 100. Jamais diffusée en France, et l’on se demande bien pourquoi, Cult marqua involontairement un break indéterminé dans la carrière de l’acteur Matthew Davis, qui n’est plus réapparu dans quoi que ce soit si ce ne sont trois épisodes des Experts…

UnREAL : le Bachelor en mieux !

Vous souvenez-vous de l’actrice Constance Zimmer ? Mais si, la journaliste exécrable de House of Cards, qui détestait le personnage de Kate Mara ! La revoici dans le rôle de Quinn King, productrice à succès de l’émission Everlasting, télé-réalité du type Bachelor. Pour obtenir l’émission la plus trash, la plus osée, et la plus vouée au buzz, elle est prête à tout ! Pour cela, elle n’a qu’à compter sur Rachel Goldberg (incarnée par la grande rélévation Shiri Appleby), productrice exécutive toujours au plus près des candidats. Mère célibataire au passé trouble, une femme boulimique, une autre un peu trop timide… et encore vierge : les portraits sont, évidemment, clichés. Mais UnREAL sait comment jouer de tout cela pour offrir un regard nouveau, et même des retournements de situation plutôt efficace ! Tout cela dans quel but ? Séduire Adam Cromwell (Freddie Stroma), un playboy britannique, voulant avant tout redorer son image auprès de sa famille et de sa nation après ses multples frasques diffusées dans la presse à scandale.

Si UnREAL a autant créé la surprise, c’est par son incroyable aspect satirique : la co-créatrice Sarah Gertrude Shapiro fut elle-même productrice sur le Bachelor, au début des années 2000. Alors, lorsque la série vous promet la vérité, il est très probable de la croire, étant donné que les producteurs et le présentateur du Bachelor furent très embarassés de sa diffusion. Et encore, si les candidats étaient les seuls à y avoir des secrets… cela aurait été beaucoup moins drôle : Rachel et Quinn, malgré leur statut de femmes bad-ass (et qu’est-ce que cela fait du bien de voir de tels personnages en télé, même si elles sont manipulatrices !) ont elles-aussi quelques petites choses à se reprocher ! Pour sa seconde saison, UnREAL crée une nouvelle fois l’événement en choisissant un homme noir pour être son « bachelor » : une décision qui ne laisse pas tout le monde indifférent au sein de l’équipe !

D’abord promise à l’une des chaines du groupe TF1, UnREAL débarque finalement sur NRJ 12 : un choix plutôt audacieux pour la chaîne, qui décide pleinement d’assumer son identité propre à la télé-réalité… De quoi faire ouvrir les yeux de certains sur ces programmes, où tout n’est finalement que mise en scène ?

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