[Rétrospective Famille] La transmission dans le cinéma hollywoodien

Tandis le soleil tape et que l’été bat son plein, les gens partent et vacances et vont… au cinéma. Raison pour laquelle chaque été fleurissent un beau nombre de films dédiés à la famille, et qui l’abordent sous toutes ces facettes. Aujourd’hui, intéressons-nous à ce qui lie une famille dans le temps : l’idée de la transmission.

Qu’est-ce qu’une famille si ce n’est un groupe de personne liées par le sang et l’amour, à travers le temps qui passe ? Parmi toutes les épreuves qui attendent ses membres, il y a la phase d’apprentissage d’un parent à un enfant, durant laquelle il lui transmet des valeurs, une vision de la vie. Libre à l’enfant de l’accepter ou non… Puis vient, comme le cycle de la vie le veut, l’étape où l’enfant perd son parent. Passée cette épreuve, il reconsidère son apprentissage et prend conscience de l’héritage qui lui incombe.

Le cinéma, plus que n’importe quel autre art, a su mettre en images ces étapes, de manière tendre ou douloureuse, réaliste ou lyrique. Du Roi Lion à la saga Rocky, de Star Wars à ET, retour sur les fantômes du passé et comment Hollywood parle de transmission dans la quasi totalité de ses œuvres.

La beauté de la transmission

Avant le passage du flambeau, il y a l’apprentissage, la transmission d’un savoir, comme dans Tree of Life de Terrence Malick dans lequel Brad Pitt et Jessica Chastain élèvent un nouveau né. Hollywood aime particulièrement filmer cette étape de la vie car elle ramène inévitablement à la quête du héros, à l’Odyssée d’Homère dans lequel il y a comme point de départ la découverte d’un monde par le protagoniste. Le véritable intérêt est aussi de permettre une identification du spectateur au personnage, car quand le parent lui « apprend la vie », c’est avant tout à nous qu’il l’apprend, à nous qu’il fait découvrir le monde. Dans Le Roi Lion, la première partie du film est dédiée à cela, à la découverte de la savane par Simba. Le film comporte notamment le segment assez subtilement nommé « L’histoire de la vie », qui résume bien cette phase.

Steven Spielberg aime passionnément aussi filmer la relation parent/enfant, et en particulier les relations dysfonctionnelles. Lui-même ayant mal vécu la séparation de ses parents dans son jeune âge, il filme des pères et mères qui semblent oublier de transmettre quoi que ce soit ; c’est le cas dans ET ou Rencontre du troisième type. Dans Le Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro il y a ce même rapport entre les parents et l’enfant, qui va apprendre par lui-même.

Le poids de l’héritage

Mais on prend réellement conscience de quelque chose quand elle n’est plus là. Ainsi, dans le cinéma américain, c’est lors de la perte du parent que la transmission prend son sens et que le poids de l’héritage se fait lourd. Le Roi Lion, encore une fois, ou le tout premier Star Wars sont des archétypes classiques de la perte d’un proche. L’idée est bien évidemment de nous apprendre autant que cela apprend au personnage : ces films représentent le cycle de la vie, et le deuil est une étape douloureuse mais par laquelle on passe tous.

Au delà de ça, il y a donc l’après. Lorsque le protagoniste est seul, doit-il continuer à vivre sa vie comme on lui a appris ? Ou doit-il accepter le changement qu’on lui impose ? Être fier de son héritage est une force qu’il faut être capable d’exploiter. Dans le dernier opus de la saga Rocky, Creed (Michael B. Jordan) est confronté à son passé de force : il porte le même nom que son père, qu’il n’a connu que par les titres de journaux et les reportages TV, ce dernier étant mort au combat longtemps auparavant. Ici (et comme dans de très nombreux films), c’est le nom qui comporte la transmission, c’est le nom qui est un poids à porter. Car il incombe à son détenteur d’être à la hauteur de celui qui l’a porté avant lui.

Aujourd’hui, Hollywood est particulièrement friand de la transmission, car elle renvoie à la nostalgie du passé tant en embrassant le futur. Effectivement, il permet de continuer des sagas connues du grand public : la nouvelle trilogie Star Wars est l’exemple le plus probant (parmi les derniers Pirates des Caraïbes, Creed, Terminator, Alien...). Le personnage de Kylo Ren (Adam Driver) est tiraillé par le passé de sa famille, écrasé par le poids de l’héritage de ces parents. Faut-il embrasser le passé ou le tuer ? Si le personnage souhaite le tuer, s’en débarrasser pour aller de l’avant, il résume parfaitement la problématique de la transmission. On apprend par nos parents, par la génération qui nous précède. Puis, quand vient notre tour, on a le choix entre accepter cet héritage ou le rejeter. Mais quoi que l’on choisisse, on a conscience de ce qu’il est et de ce qu’il représente.


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