[Critique] Thor Ragnarok : oubliable en un éclair

En 2007, la production d’Iron Man était lancée et marquait le début du Marvel Cinematic Universe. Du très bon au mauvais, de la SF au thriller, de la comédie au drame, ce fut l’occasion en une décennie de tout essayer. Pour ses 10 ans, Marvel a donc décidé de laisser l’opportunité à un auteur, Taika Waititi, de réaliser son film. Une entorse au règlement qui vaut le coup ?

La trilogie Thor est la seule du MCU à avoir eu un cinéaste différent pour chaque opus. La preuve, donc, de la difficulté de filmer le Dieu du tonnerre. Mais l’occasion aussi, à chaque fois, d’expérimenter de nouvelles choses : après ses origines par l’académique Kenneth Branagh et le délire SF d’Alan Taylor, place à la comédie sous fin du monde (le Ragnarok étant une prophétie annonçant la fin des temps pour Asgard) par le très bon Waititi (Vampire en toute intimité).

Le comic au service du comique

La grande force du film se trouve être dans son ambiance, sorte de fracassement entre l’humour burlesque de Waititi et l’univers coloré et énergique du Ragnarok des comics Marvel. La réussite, c’est que par essence cinématographique, Thor est un personnage burlesque : dès le premier film, le Dieu du tonnerre n’est pas à sa place sur Terre, et Branagh filmait alors ce décalage avec force. Mais mis entre les mains d’un vrai metteur en scène de l’humour, cela donne des scènes très drôles et réussies.

Une bonne comédie passe dans le rythme et donc dans son montage. L’utilisation de la musique, des caméos, des mouvements de caméra faussement impressionnants, mais aussi cette impression de briser le quatrième mur, tout cela vient renforcer l’aspect comique du film. Malheureusement, le cahier des charges semble rattraper Waititi : s’il s’amuse (et on le sent) dans le début du film, lorsque l’intrigue doit avancer, il y va à grand sabot, la faute à un scénario prévisible.

Les travers de Marvel

Car si Thor Ragnarok peut s’avérer être très drôle par instant, le vide de son propos le rattrape. C’est toujours le risque de ce genre très spécifique qu’est la comédie-fin du monde : à quel moment l’humour doit laisser sa place à la gravité de la situation ? Plus encore, le manque d’enjeu pour les protagonistes donne l’impression que les personnages ne progressent pas d’un iota au cours du film.

Allié à un scénario prévisible, le film devient rapidement une jolie déception, quoi que bien emballé. Avec une petite demi-heure de moins, Thor Ragnarok aurait gagné en lisibilité et en rythme. Enfin, on reprochera aussi des effets spéciaux parfois particulièrement mauvais, de la falaise qui transpire la 3D aux plans qui ressemblent plus à des concepts arts. Étonnant quand on sait comment d’autres plans nous fixent à nos sièges de par leur composition assez imposantes.

Conclusion : Thor Ragnarok est une déception. Waititi voulait faire son film de super-héros, mais n’avait pas toutes les cartes en main. Marvel s’entête à ne pas faire évoluer ses personnages de films en films et à suivre une intrigue courue d’avance. On en sort avec l’impression qu’outre avoir passé un moment, on n’en retirera rien. Rendez-vous dans 10 ans pour un nouvel essai ?

Thor Ragnarok
Un film de Taika Waititi
Sortie le 25 octobre 2017


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