The Voices : « poilant » et sans prétention

Pour ceux qui ont suivi le live-tweet de la rédaction jeudi dernier, vous l’aurez compris : The Voices nous a plu ! Marjane Satrapi signe une belle réussite grâce à un scénario rythmé et un casting sympathique, avec un Ryan Reynolds bluffant dans son rôle de serial killer trop gentil. Critique.

La soirée des premières fois

Première projection web pour Le Pacte, suivi d’une masterclass en présence de la réalisatrice Marjane Satrapi, et une réussite ! Eh oui, « on est plus funs » nous les bloggeurs dixit notre hôte ! En plus de la découverte du film The Voices mercredi prochain en salles, la rédaction de Silence Moteur Action a pu découvrir des images exclusives de plusieurs films rattachés à la production. Parmi eux, le promo reel de Et ta soeur – avec Grégoire Ludig -, High Rise, Trespass against us, le curieux Jauja  – avec Viggo  Mortensen – ou encore Tale of Tales, sur lesquels nous garderons un œil. Quatrième film de la réalisatrice de Persépolis et Poulet aux prunes, c’est pourtant la première fois que Satrapi laisse de côté l’Iran et s’intéresse à un psychopathe américain via un scénario qu’elle n’a elle-même pas écrit.

Ryan Reynolds, serial killer gentil

« Personne n’aurait eu d’empathie pour lui s’il avait été un pervers sexuel. » Ce constat de Marjane Satrapi résume bien le formidable jeu d’acteur de Ryan Reynolds dans The Voices. Un tiers simplet, un tiers bizarre, un tiers sympathique, l’acteur qui ne nous avait pas habitués à ce genre de rôles semble avoir trouvé chaussure à son pied en interprétant Jerry. Nouvel ouvrier au sein d’une usine de fabrication de baignoires, c’est au cœur de la petite ville de Milton que Jerry nous entraîne dans son univers déjanté et pas tout à fait normal. Ses animaux – un chat répondant au nom de Monsieur Moustache (trompeusement mignon) et un chien du nom de Bosco – lui parlent et l’influencent (pas toujours dans le bon sens), faisant de lui un serial killer maladroit mais fort aimable. On s’attache automatiquement à ce gentil en substance, quitte à devenir une des voix dans la salle lui soufflant quoi faire. Fou, non ? Ryan Reynolds donne également de sa personne en prêtant sa voix à Monsieur Moustache, avec un accent écossais qui se prête bien aux remarques de ce chat sans vergogne.

Une comédie « gore pudique »

On vous laissera découvrir le pourquoi du comment de l’histoire , mais il n’y a rien de plus réjouissant que ces fameuses voix s’adressant à Ryan Reynolds en toute normalité et au grand sens de l’humour. Parce que oui, attendez-vous à rire du début à la fin ! Loin du drame larmoyant, Marjane Satrapi signe ici une comédie au grand cœur et en toute simplicité. C’est une sorte de « gore pudique » comme la réalisatrice l’appelle, « un nouveau genre » qui fait briller le casting du film. Gemma Arterton, Anna Kendrick et Jacki Weaver, dans le rôle d’une psychiatre pas très futée, nous ravissent.

Question ambiance, on est plongés dès les premières minutes du film dans un environnement presque trop lustré où l’on sent bien qu’il y a quelque chose qui cloche. Le côté maniaque de la réalisatrice se fait ressentir avec des plans carrés, symétriques et sans travers. On attend le moment critique qui ne tarde pas à arriver, et on finit par comprendre peu à peu que ce « trop propre » n’existe pas. La réalisatrice a su mettre en scène ses acteurs aux allures parfaites en les guidant vers des monstruosités qui nous font rire. Un vrai bonheur pour les fanatiques du genre. Marjane Satrapi nous ravit également d’une bande sonore qui colle totalement à la peau des personnages et pour ça, on vous laisse la surprise. Seul regret : la présence pas si importante du fameux Monsieur Moustache et du chien Bosco, qu’on nous laissait entrevoir dans la bande-annonce. Si la réalisatrice a confié avoir un peu de mal à mettre en scène ces acteurs poilus, on trouve dommage qu’ils ne soient pas plus intégrés au scénario qui finalement trace le quotidien d’un homme psychotique qui lutte contre ses démons.

En bref, un film à voir et on vous prévient : à ne pas prendre au sérieux ! Ne serait-ce que pour découvrir une nouvelle facette de Reynolds et bien sûr se faire avoir par Mr Moustache, The Voices vaut le détour !

Un film de : Marjane Satrapi

Avec : Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick

Au cinéma le : 11 mars

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