The Green Inferno : Eli Roth au top de sa Gore Fever

À l’occasion de la sortie en VOD de The Green Inferno, le Grand Rex organisait une avant-première exceptionnelle. Eli Roth amène son fan dévoué dans l’enfer de la forêt amazonienne. Quand une tribu s’adonne au cannibalisme, faisant de jeunes new-yorkais leur quatre heures, Silence Moteur Action s’accroche à son siège et profite de cet hommage à Cannibal Holocaust (entre autres).

Parler d’une projection à l’intérieur d’une critique ? Peu commun. Tout comme se voir distribuer un sac à vomi avant un film. Il faut dire que le Grand Rex souhaitait éviter les remontées gastriques à l’avant-première de The Green Inferno le 3 octobre. Logique lorsqu’on sait que lors de sa projection à Deauville, le film d’Eli Roth a provoqué un évanouissement.

Promotion un tantinet exagéré? Sûrement. Il n’empêche que le spécialiste du genre livre une copie sans fautes. Les amateurs de chair fraîche à l’écran se verront peut être déçus, reprochant un manque d’hémoglobine. Les habitués apprécieront tout de même les 1h43 pendant lesquelles ils suivront un groupe d’étudiants activistes en mission dans l’Amazonie péruvienne.

Ce groupe d’idéalistes se voit bloqué en pleine jungle. Pas de chance, la tribu à sauver préfère le steak tartare de new yorkais à une côte de porc. Le copain de Tarantino (l’amour mutuel pour la couleur rouge les a rapprochés) délaisse les couloirs de son Hostel et amène son fan dévoué se perdre dans l’inconnu de l’Amérique du Sud.

Hollywood et les années 80

Même si l’écolo se fait dévorer dans The Green Inferno, Eli Roth critique vivement ses contemporains. La jeunesse privilégiée, les entreprises sans label vert, les gouvernements corrompus… Une réplique d’Alejandro (le pourri aux allures de Ché) resrera : « Bon, mauvais… Tout est lié ». Glaçant de cynisme. Pas de soucis. Les flots de sang réchaufferont votre corps, lui loin de la forêt verte, bien installé dans votre canapé.

Malheureusement éloigné des salles obscures, The Green Inferno connaît un sort regrettable. Les plateformes en ligne l’hommage recevront cet hommage à Cannibal Holocaust. Hasard si le film de Ruggero Deodato date de 1981 ? Terminator, Mad Max, sans oublier Star Wars. Ces classiques d’il y a une trentaine d’années se voient réadapter par le manque d’imagination hollywoodien.

Eli Roth préfère s’inspirer pour créer. Honorable. Et quand ça donne The Green Inferno plutôt qu’un Jurassic World (troisième film le plus lucratif de l’histoire), on se dit que quelque chose ne va pas dans le 7ème art. Et que le sac à vomi n’a pas été distribué pour le bon film.

The Green Inferno : d’Eli Roth, avec Lorenza Izzo, Ariel Levy, Sky Ferreira.
En e-cinéma le 16 octobre.

 

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