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[Retrospective Tarantino] Playlist musicale

Alors que Once Upon a Time… in Hollywood vient de sortir en France (nous l’avions découvert et adoré pendant le Festival de Cannes), nous revenons cet été sur son cinéaste, Quentin Tarantino. En neuf long-métrages, Tarantino a su imposer un style, mélange de cynisme et d’humour noir, de scenarii toujours brillants et… de musique. L’occasion de vous livrer une playlist – complètement subjective – des meilleurs morceaux tarantinesques. 

Nous évoquions précédemment les ouvertures des films de Tarantino, mais la sève même de son cinéma est à retrouver du côté de ses bandes son. L’artiste, qui a grandi dans les années 70 et s’est construit autour de la fin de la contre-culture et de la pop-culture (dont il fait désormais totalement partie) est presque aussi mélomane que cinéphile. Retour sur cinq grandes séquences.

Attention spoilers ! Soyez bien à jour dans la filmographie du réalisateur

He shot me down…

Sorti en 2004, le deuxième chapitre du dyptique Kill Bill est un condensé du cinéma de Tarantino. Mais s’il est ultra-violent, il enchaîne les moments musicaux mélancoliques et touchants. Ceci dit, la séquence finale est unique : énergique et rythmée par le morceau Chingon de Malaguena Salerosa, on y voit Béatrix avec sa fille fuyant le lieux de l’ultime crime qu’elle vient de faire (kill Bill), enfin libérée. 

L’extrême inverse serait cette irruption frissonnante de Hans Landa dans Inglourious Basterds. Il montre aussi un gimmick répétitif de Tarantino : la surprise. Dans cette séquence, Shosanna discute lorsqu’arrive par surprise le colonel SS ayant décimé sa famille. La musique, uniquement des percussions et très violente, provient d’un film d’horreur, The Entity lorsque le personnage principal est possédé par un poltergeist. C’est l’un des meilleurs usages de musique chez Tarantino !

L’inexorable chute…

Le suspens est une clé narrative chez le cinéaste, et il utilise la musique pour l’appuyer. Comme si on était dans l’œil du cyclone, presque chaque oeuvre de Tarantino possède une pause, un moment pendant lequel l’histoire se suspend et où on assiste à une douceur surprenante dans cet univers rugueux.

C’est le cas dans Les Huit Salopards, durant lequel Daisey Domergue (personnage détestable et violent) joue un doux morceau à la guitare. Tourné en plan séquence, cette scène a aussi la rareté d’être diégétique, c’est à dire faisant partie de l’univers du film et entendue par tous les autres personnages de la pièce. C’est une véritable bulle, prête à exploser…

Dans son dernier long-métrage, Once Upon a Time… in Hollywood, on remarque le même usage avec le morceau Out of Time (plus de temps, fin de l’histoire) des Rolling Stones. Le morceau arrive au moment où tous les personnages se redirigent vers le même lieu (Sharon Tate, Rick Dalton, Cliff Booth et la Famille Manson arrivent vers la villa). La musique sert de transition et nous amène au dernier acte du film, le seul (très) violent. La séquence marque, car comme son titre l’indique, c’est la fin du temps qui nous était imparti, ou du moins qui l’était aux personnages… La fin d’une innocence, d’une certaine naïveté, avant la barbarie. C’est aussi appuyé par le fait que c’est le seul morceau joué intégralement dans le film, sans être brutalement coupé.

Le western, racine de Tarantino

Le cinéaste est un grand admirateur du genre western, et ces derniers films le montre. Avant Les Huit Salopards, c’est dans le remake jouissif Django Unchained qu’il avait marqué les esprits. La playlist du film est extrêmement variée, avec régulièrement des morceaux d’Ennio Morricone. Mais l’une des séquences les plus marquantes, c’est lorsque Django fouette un esclavagiste blanc et, se faisant, réinvente l’Histoire. Il reprend la stridente et magnifique musique composée par Luis Bacalov pour le film original.

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