Sherlock saison 3 : Bilan d’une saison attendue

Deux ans d’attente, trois semaines de diffusion et puis s’en va ! La saison 3 de Sherlock s’est achevée hier soir avec la diffusion de «  Son dernier coup d’éclat ». Et fidèle à la tradition, elle n’a pas manqué de bouleverser toutes les certitudes des téléspectateurs avec un cliffhanger surprenant et presque sadique. Silence Moteur Action fait le bilan sur cette saison 3 en demi-teinte mais qui a eu le mérite de briser la routine de la série. Cet article révèle les clefs de l’intrigue de la saison 3. Si vous n’êtes pas à jour, passez votre chemin. Vous êtes prévenus !

Une saison… Différente.

Face aux attentes des fans, Moffat et Gatiss ont fait le choix d’une saison foncièrement différente des précédentes. Si le premier épisode « Le cercueil vide » apparaissait comme une fanfiction devenue réalité (hello Tumblr, cool tes idées), c’est le deuxième épisode qui a soulevé le plus de questionnements. Versant dans la comédie pure, « Le signe des trois » était étonnamment léger. Sherlock, ce sociopathe autoproclamé, devenait un personnage incroyablement humain et émotif. Celui qui évitait toute relation est désormais le témoin et le protecteur de la vie sentimentale de John. C’est aussi l’épisode qui marquait un tournant dans la relation entre le détective et son associé : en effet, les spectateurs ont pu assister à la « déclaration d’amitié profonde » (et tout à fait platonique) des deux personnages. Le dernier épisode « Son dernier coup d’éclat » présentait le méchant de la saison : le magnat de la presse, Charles Augustus Magnussen (toute ressemblance avec Rupert Murdoch serait fortuite). L’épisode finissait aussi d’installer Sherlock dans son rôle de sex symbol manipulateur et révélait quelques détails sur le passé de l’épouse de John, ancienne… Espionne et accessoirement assassin.

Si Moffat et Gatiss parviennent enfin à exploiter la relation John/Sherlock à sa juste valeur, ils peinent avec la relation John/Mary, beaucoup plus caricaturale. Crédible lors des deux premiers épisodes, le troisième ruine le personnage de Mary : okay, c’est une menteuse mais de là à en faire un ancien agent de la CIA… Sérieusement ? Les théories des fans étaient tellement plus intéressantes (par exemple, fille adoptive de Magnussen) ! Et difficile de croire que John puisse la pardonner et construire une relation saine avec elle. Mais bon, c’est une série, n’est-ce pas ? Ou c’est la manière dont Moffat écrit les personnages féminins : enceinte et prête à tout pour garder un mari (et peut-être devenir femme au foyer).
Autre surprise de cette saison 3 : Mycroft ! Le personnage prend de l’épaisseur (les meilleures répliques, ce sont les siennes) et le duo qu’il forme avec son frère devient culte (la scène de la partie de Docteur Maboule, pour preuve). Les liens entre les deux, qui semblaient brisés à jamais, se reforment. Les faiblesses de Mycroft apparaissent au grand jour : d’une part, la solitude et de l’autre, l’homme qu’il continue de considérer comme un enfant, Sherlock Holmes.

Charles Augustus Magnussen : l’ennemi sous-exploité

Soyons honnêtes : passer après le déjanté James Moriarty, l’un des meilleurs méchants de séries jamais créés, c’est compliqué. Il y a toujours son ombre sur la série, sur le cerveau de Sherlock, sur son palais mental. Pourtant, Magnussen avait bien débuté. Juste un visage à la fin du premier épisode, une menace à peine voilée, un acteur de talent (Lars Mikkelsen) et un personnage qu’on aime détester. Très intelligent, aux manières douteuses (oui, utiliser une cheminée comme toilette, c’est malpoli), il semblait de taille à affronter Sherlock. Qui lui-même avoue être terrorisé par la puissance de l’homme d’affaires. Puissance bâtie sur les secrets des gens influents.
En effet, Magnussen peut s’appuyer sur une base de données très utile : Appledor (ou son propre palais mental). Dommage qu’il n’ait pas pensé à un plan B lorsque l’issue devient de plus en plus évidente. Sérieusement, mec ? Un sociopathe te demande à plusieurs reprises si tout est stocké dans ta tête et tu ne vois pas le coup venir ? Cependant, Magnussen permet de faire le lien avec l’une des questions qui était restée en suspens lors de la saison 1 : qu’est-ce qui peut faire basculer Sherlock du côté des criminels ? Mais si, rappelez-vous, Sally Donovan avait parlé de la possibilité d’un Sherlock meurtrier. Ce à quoi, John avait répliqué : « pourquoi il ferait ça ? ». Réponse : « Pour te protéger, John Watson ».
Avec un seul épisode faisant de Magnussen un personnage menaçant, sa perte ne suscite ni peine, ni joie. Et passé la surprise, toute l’attention des téléspectateurs se tourne vers Sherlock, qui ne peut plus faire marche arrière. Le voilà obligé de partir en exil (et d’offrir une scène d’adieu John/Sherlock juste sublime)… À moins que…

« Je vous ai manqué ? »

À moins qu’un ennemi bien connu revienne d’entre les morts. Alors que l’épisode est sur le point de se terminer, un visage qu’on ne pensait plus revoir « vivant » apparaît. Moriarty. Après avoir passé des mois à démentir les rumeurs, Moffat et Gatiss sortent cet ultime cliffhanger de leur manche (et on les entend encore rire entre eux). Les fans ont passé deux années à se demander comment Sherlock avait fait, ils vont maintenant pouvoir en passer deux autres à élucider le mystère Moriarty. Bon courage !

Cette 3ième saison a tenu à faire plus que répondre aux attentes des fans : elle a voulu les surpasser. Malgré quelques maladresses, elle a réussi son pari en faisant des choix inattendus et en prenant des risques. On pourra toujours argumenter qu’elle n’a pas su surpasser une saison 2 forte en émotion mais ne cherchons pas la petite bête.
Dommage que le plaisir ait été assombri par une VF hasardeuse aux choix de traduction discutables (« The game is on » devient « C’est parti pour un tour » ??) qui a du mal à retranscrire toute l’émotion contenue dans la VO. Dommage que France 4 ait aussi peu soutenu l’une de ses séries phares avec une campagne de communication minime et des promos d’épisodes remplies de spoilers.
Quant à la saison 4, elle risque de se faire attendre en raison de l’emploi du temps chargé de Benedict Cumberbatch et Martin Freeman, devenus les super stars du box office. Et ce, même si Moffat et Gatiss ont déclaré avoir déjà planifié les intrigues des saisons 4-5. 

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