Séries Transmedia : Quand les séries françaises font jouer leurs spectateurs

A l’occasion de la diffusion de la saison 3 de Braquo sur Canal+ le lundi 10 février 2014, Silence Moteur Action a décidé de reparler de transmedia storytelling, la « manière » de raconter une histoire à travers plusieurs supports dans le but de faire jouer le spectateur. Pourquoi ? Car Braquo a été une série transmedia ! Si vous ne le savez pas, venez vous rendre compte à quel point la France s’est essayée elle aussi à ce phénomène de mode dans les séries télévisées…

L’ARG (Alternate Reality Game) ou jeu de réalité alternée

La série télévisée Lost, diffusée sur ABC de 2004 à 2010 avait été l’un des premiers exemples de séries transmedia. En misant principalement sur un ARG, la série s’est assurée de fidéliser une bonne part de ses audiences en la faisant participer de manière ludique. Interactive de part en part, ce système a inspiré dernièrement les fictions françaises qui ont voulu savoir si le public serait réceptif. Alors résultat ? Ça dépend…

Si beaucoup de fans français ont regretté de ne pas pouvoir participer pleinement aux jeux de Lost et Game Of Thrones, surtout réservés à une audience américaine, ils ont pu découvrir ce que faisait l’effet d’un ARG à la française. C’est Braquo, la série produite par Canal+, qui a permis en 2011 de tester le jeu de réalité alterné à la mode française. Proposé entre les saisons 1 et 2, 1 semaine avant le lancement de la deuxième salve d’épisodes, le jeu de réalité alterné centré sur Braquo s’intitulait tout simplement Mission Braquo ! Plus qu’un jeu, il s’agissait surtout d’une expérience interactive favorisant l’immersion du téléspectateur, devenant ainsi spectateur, voire acteur ! Le but ? Appartenir au groupe Caplan en les aidant à travers différentes missions, proposées majoritairement sur Internet et ce avant et même pendant la diffusion de la série. La bande-annonce du jeu, aujourd’hui terminé et non reconduit pour la saison 3 faute de participants en grand nombre, nous propose de rentrer davantage dans le vif du sujet :

Quand la fiction rejoint… les réseaux sociaux

Toutes les chaînes ne peuvent pas se vanter de proposer un ARG à chaque diffusion. Certaines optent pour une solution plus abordable, plus interactive, et surtout couplée sur un effet de mode toujours plus grandissant : les réseaux sociaux ! Dans le registre des séries ayant abordé le transmedia via les réseaux sociaux, citons l’exemple français de Fais pas ci, Fais pas ça, la série de France 2. C’est en 2013 que France Télévisions a créé une page Facebook et un compte Twitter pour deux personnages de sa série rendant alors un peu plus floue la frontière entre fiction et réalité !

Nous pouvions, et nous pouvons encore, suivre la page Facebook de Fabienne Lepic, mère de famille et élue à Sèvres (92), et le compte Twitter de Tiphaine, aînée de la famille Bouley. A travers des publications dignes de Monsieur Toutlemonde, les internautes pouvaient interagir avec leurs personnages préférés comme s’ils existaient réellement ! Le contenu des posts est collé à la diffusion, et souvent proposé en direct, des épisodes à la télévision pour rendre le tout plus réaliste ! Si certains fans se prêtent au jeu, d’autres se montrent moins crédules et prennent de la distance. Toutefois, la participation est là, l’expérience est un succès !

France Ô a même opté pour un concept identique sur sa série Cut autour de Jules. Mais pour accentuer encore plus le transmedia et offrir toujours plus de contenus à ses fans, France 2 avait proposé une mini web-série sur Fais pas ci, Fais pas ça. Créé à la fin de la saison 5 la web-série Quand les parents sont pas là !  proposait du contenu exclusif sur la vie des enfants Bouley et Lepic. Une série française, transmedia, jusqu’au bout !


Fais pas ci, Fais pas ça – Quand les parents… par Studio-4-0

La technique du second écran ou web d’accompagnement

Même Plus Belle La Vie s’est mis au transmedia ! Dans la même veine que les dispositifs présents sur les réseaux sociaux, la série de France 3 avait proposé à ses téléspectateurs d’étendre l’univers narratif. C’est le phénomène de réalité augmentée dixit Jenkins, pionnier du transmedia. Avec le blog L’oeil de Ninon, le fan devait résoudre des énigmes, voguer de site en site et finalement découvrir qui se cachait derrière le masque du hackeur, responsable de ce jeu !

Évidemment, il est difficile d’imaginer Lucienne, 75 ans, retraitée, participer à ce jeu de réalité alternée. Aussi, ce dernier était conçu pour ne pas privilégier un public plutôt qu’un autre, à savoir les internautes par rapport aux non-participants. Vous n’étiez pas obligé de suivre ce jeu pour la bonne compréhension de l’intrigue.

Dernièrement, Les Petits meurtres d’Agatha Christie, la série diffusée sur France 2, a proposé la technique du second écran à proprement parlé. Pour les utilisateurs de tablettes, il était possible de télécharger une application dédiée à la série, qui synchronisée avec l’épisode en cours de diffusion, permettait de découvrir indices et pistes pour démasquer le tueur avant les personnages de la série ! Plus qu’une expérience interactive, le transmedia est surtout utile aux fictions françaises pour fidéliser un public déjà présent et rendre le spectateur plus actif qui ne l’est déjà…

Et si le coeur vous en dit, découvrez aussi des coproductions françaises avec d’autres pays européens comme les séries About : Kate, The Spiral, ou encore Real Humans !

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