[Séries Mania] The Leftovers : the end is near

Attention : cet article évoque la trame scénaristique des deux premières saisons de la série The Leftovers. Nous nous sommes du moins efforcés d’en dévoiler le moins possible sur la trame des deux épisodes visionnés lors du festival. On pense à vous, chaleureusement.

La huitième édition du Festival Séries Mania commence sur les chapeaux de roue avec la présentation en avant-première mondiale des deux premiers épisodes de l’ultime saison de The Leftovers. Son co-créateur Damon Lindelof, qui n’est autre que le président du jury de cette édition, s’est à nouveau confié dans diverses interviews à propos du fait que le spectateur n’aurait jamais toutes les réponses à ce qui s’est passé au tout début de la série.

The Leftovers, c’est avant tout une question de croyance. Lorsque deux pour cent de la population mondiale disparaît en un clin d’œil et sans laisser de traces, toutes les valeurs fondamentales de la société sont remises en cause. La religion est par conséquent l’un des thèmes majeurs de la série, assumé d’entrée de jeu en première saison avec un générique austère : une série de peintures mettant en scène l’envol d’anges que l’on aurait aimé garder auprès de soi, vers une lumière blanche étincelante – l’après, cet autre endroit dont on ne connaît la teneur.

Nouveau souffle

L’important n’a jamais été de connaître les raisons de l’événement mais ses conséquences. Ce ne sont pas les disparus mais les « laissés pour compte » qui sont au premier plan, et qui, avec le temps, essaient de guérir leurs blessures. Si la famille de Kevin Garvey (Justin Theroux) n’a pas été directement affectée par « la disparition », cela ne l’a pas empêchée d’être ravagée, comme une bonne partie des citoyens de la petite ville de Mapleton, où se déroule la première saison, comme dans le livre de Tom Perrotta dont est tiré la série.

Les vies des uns et des autres se chamboulent jusqu’à un séjour dans la petite ville de Miracle (anciennement Jarden), où aucune disparition n’a eu lieu. Devenue une terre sainte, elle suscite l’envie de tous, des personnes les plus saines d’esprits aux illuminés. Venu avec sa nouvelle compagne Nora Durst (Carrie Coon) et sa fille Jill (Margaret Qualley), Kevin cherche un nouveau départ… jusqu’au jour où la fille de ses voisins, Evie, disparaît. Kevin, troublé par son passé, pense être la source de ces problèmes. Il côtoie la mort au quotidien, frôle la folie, passe entre deux mondes. Matt (Christopher Eccleston), frère de Nora et prêtre, voit en Miracle un espace béni où tout est susceptible de se produire, même rendre à sa femme la possibilité de vivre pleinement.

Les miracles n’effacent pas pour autant le passé, et la promesse de cette nouvelle vie n’aura définitivement pas ravi tout le monde : la petite ville de Jarden est en bien mauvaise posture à la fin de la seconde saison. Qu’à cela ne tienne, Damon Lindelof ne s’embarrasse pas et résout ce dilemme en à peine quelques secondes avant de nous imposer un saut dans le temps. L’effet est ravageur puisqu’une fois encore, les vies de tous ont changé… mais un nouvel événement s’impose d’entrée de jeu : la fin du monde est censée se dérouler d’ici deux semaines. Un timing resserré pour une ultime saison elle-même concentrée en à peine huit épisodes.

Une quête de rédemption

Si Lindelof a promis qu’il n’apporterait jamais de réponses au spectateur quant aux raisons du « Départ », celui-ci semble bien décidé à jouer avec nos nerfs tout au long de cette dernière salve d’épisodes. Le premier épisode – plus long que d’ordinaire, comme le pilote et le S02E01 – laisse tout simplement pantois tant les petits bouleversements s’accumulent jusqu’à impacter la grande histoire. Sans trop en dévoiler, la dimension religieuse de la série prend un tout autre ton suite aux événements vécus par Kevin Garvey à la fin de la seconde saison. Il est au centre de tout, quitte à éclipser le fameux « Départ », qui ne quitte pourtant pas l’esprit du père de famille.

Les spectateurs traumatisés et/ou déçus par la fin de la série Lost seront très certainement de nouveau malmenés par cette saison, tant Damon Lindelof se plaît à nous mener du bout du nez. Le ton de ces deux premiers épisodes se veut beaucoup plus léger et sarcastique qu’à l’accoutumée, alors que certaines scènes prétendent délivrer des informations cruciales sur les événements survenus. Des visages connus reviennent, des arguments sont avancés, des scènes clichées (« tu veux un enfant ? ») sont détournées et, sans même que l’on ne s’y attende, le rire survient. Lindelof semble nous dire que toutes les théories les plus folles peuvent être avancées sans que l’on ne puisse avoir la certitude de quoi que ce soit. En cela, le premier épisode s’insère parfaitement dans la lignée de la série, qui laisse pleinement son public interpréter ce qu’il voit à sa manière, pour que celui-ci se fasse sa propre idée des événements.

Le second épisode, focalisé autour de Nora, évoque inévitablement le sixième épisode de la première saison et ses mésaventures lors d’une conférence, mais d’autant plus le troisième, consacré à son frère Matt. Les troubles de la jeune femme, traumatisée par la perte de ses enfants et de son ex-mari, réapparaissent au goût du jour et font ressurgir ses vieux démons. Sa volonté de flirter avec la mort est une façon d’y chercher des réponses ou, du moins, une sorte de rédemption. La réalisation de l’épisode, forte par ses nombreux effets de symétrie et d’écho au reste de la série, met une fois encore en avant le talent d’interprète de Carrie Coon, dont le personnage est en passe d’effectuer un choix aux conséquences dévastatrices.

Et l’Australie, promise comme nouvelle terre d’errance pour nos personnages cette saison ? Nous ne la voyons encore que très peu dans ces deux premiers épisodes, mais le pays semble être l’opposé total de la ville de Miracle : sombre et cruellement menaçante, elle est une terre de mort… et surtout de mystère. Les dernières scènes de ces deux épisodes n’auront de cesse de défiler dans votre tête : nos personnages se voient offrir des tentatives de réponse, de nouvelles mythologies, mais celles-ci satisferont-elles leurs attentes, tout autant que les nôtres ? Wait and see.

The Leftovers
Une série créée par Damon Lindelof et Tom Perrotta
Saison 3 diffusée en US+24 sur OCS City génération HBO

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

4 Partages
Partagez4
Tweetez