Série TV : Z Nation, un sous The Walking Dead ?

Si vous n’avez pas eu votre dose d’hémoglobine l’année dernière, soyez rassuré Syfy a pensé à vous pour la rentrée. Z Nation, diffusée hier soir nous promet du sang, de l’horreur et une bataille pour la survie. Alors le contrat est-il rempli ?

De quoi ça parle ? Trois années se sont écoulées depuis qu’un mystérieux virus a décimé la population des États-Unis. Depuis, un groupe de survivants protègent et accompagnent le seul homme ayant jamais résisté au virus. Ensemble ils doivent parcourir des milliers de kilomètres pour le mener vers le dernier laboratoire encore en état de fonctionner, en Californie. Les anticorps présents dans son sang sont probablement leur seule chance de survie, cependant, et c’est là le hic, il ne porte pas seulement le vaccin en lui, il transporte également un sombre secret qui les menace tous.

Les bases d’un road trip sanglant

L’intrigue privilégie clairement l’action. Les scènes s’enchaînent assez rapidement. On passe des informations télévisées qui nous résument la situation à un flashback qui nous mène dans une prison dans laquelle s’affrontent zombies et militaires et où une scientifique s’adonne à des expériences pas très morales. Après leur fuite, il ne reste qu’Hammond, un militaire, et Murphy, un des hommes ayant testé un vaccin visiblement avec succès. Dès lors, son devoir est de le mener saint et sauf en Californie. L’idée du road trip dangereux semble plutôt séduisante de prime abord bien qu’un peu facile.

Bien décidé à réussir sa mission, il tombe sur des survivants et tente d’organiser le voyage. Et là ça se gâte un peu pour Z Nation. Composée d’une afro-américaine bad-ass (Kellita Smith), d’un vieux (Russel Hodgkinson), d’une jeune femme forte (Anastasia Baranova), d’un vagabond (Michael Welch), d’un leader naturel plein de scrupules (Tom Everett Scott), d’une femme trouvée enfermée (Pisay Pao), l’équipe plutôt clichée n’est pas des plus palpitantes. De plus des failles apparaissent : on a un leader sorti de nulle part, une équipe pas très finaude qui se rend compte en milieu d’épisode qu’ils ne savent pas pourquoi ils le suivent et un sale type qui tout en se sachant immunisé ne sait pas se défendre, ne défend pas les autres et cherche surtout une bonne planque. Sans doute un peu traumatisé par sa dernière rencontre avec des zombies (on lui accorde le bénéfice du doute), au mieux c’est louche, au pire pas très cohérent. Pour ne rien arranger, Z Nation pense que sacrifier un lead dès le premier épisode lui apportera un capital sympathie certain, c’est faux. Le pilot part dans tous les sens, simule l’agitation pour créer l’angoisse et manque son coup.

Et si SyFy arrivait après la guerre ?

Après le barré Dead Set, le jouissif Death Valley, le très cérébral In the Flesh et le poids lourd d’AMC, The Walking Dead, il est presque suicidaire de se lancer dans le drame post-apocalyptique zombiesque. On se demande forcément si le sujet n’est pas épuisé ou le public las. Avec un plot qui ressemble très fortement à un combo entre Je suis une légende et The Walking Dead, Z Nation a-t-elle vraiment une chance ? Peut-elle faire oublier les Shaun of the Dead, Zombieland, Planet Terror et autre Warm Bodies (pour ne citer que des productions récentes) ? Pour ne pas être taxé d’opportunisme, il faudrait que Z Nation nous propose du neuf, alors qu’en est-il ? Jusqu’aux dernières minutes du pilot j’aurais voulu y croire, mais à part quelques scènes bien senties avec des zombies joueurs, et quelques répliques qui font mouche (« Two months ? Almost two years in apocalyspe time !»), Z Nation ne fait pas dans l’originalité. Dans l’ensemble c’est un peu léger. Avec des allures de spin-off de The Walking Dead on doute que Z Nation crée l’événement. Produit par The Asylum, à qui on doit Sharknado, on aurait imaginé quelque chose de plus risqué quitte à déplaire. Avec un résultat assez quelconque, SyFy a encore des progrès à faire. Il faut bien attendre les deux dernières minutes de l’épisode pour avoir enfin quelque chose d’un peu stimulant alors que le gars de la radio militaire (DJ Qualls) se lance dans la radio pirate. Bref moment de bravoure qui montre que tout n’est peut-être pas perdu et qui donc suffira à me faire revenir pour le second épisode où les choses sérieuses commencent probablement.

Syfy ne prend pas trop de risques en programmant Z Nation le vendredi soir, l’ennui c’est que la chaîne américaine plutôt portée science-fiction ne prend pas trop de risques tout court. Z Nation n’est pas une série honteuse malgré cette impression désagréable de déjà-vu, il lui manque juste le truc en plus. SyFy a beau se contenter de peu en audiences, on doute que sa dernière série fasse long feu.

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