Série TV Masters of Sex : Que vaut vraiment la saison 2 ?

Masters of Sex fait son retour tous les dimanches à 22h sur Showtime. Que vaut vraiment la saison 2 ?

La saison dernière s’était achevée sur des personnages prêts à prendre leur destin en main. Ethan avait fait une proposition que Virginia ne pouvait pas refuser. Celle-ci se remettait de la fin de sa collaboration avec Bill en faisant désormais équipe avec le Dr Lilian DePaul, brillamment interprétée par Julianne Nicholson (Ally McBeal). Barton Scully avait pris des dispositions pour soigner son homosexualité. Bill avait révélé le contenu de son étude devant ses pairs avec pertes et fracas. Après avoir perdu sa réputation, son financement et son poste, Bill s’était retrouvé devant la porte de Virginia lui révélant qu’elle était la seule chose qu’il ne pouvait envisager de perdre.

Service minimum en ce début de saison 2

Si le couple que forme Beau Bridges et Allison Janney fonctionne toujours à merveille, et propose ce qui est sans aucun doute la storyline la plus intense de ce début de saison, la direction que prennent les autres personnages laisse perplexe. Bill et Virginia entame une liaison ambiguë. On attendait mieux après la révélation de l’épisode final de décembre dernier. Si on apprécie le retour de Betty, ancienne prostituée cynique et amusante, on déplore toutefois les trop rares apparitions des seconds rôles, relégués en position de faire-valoir face aux deux couples forts de la série. Le casting s’enrichit néanmoins de Betsy Brandt (Breaking Bad), Keke Palmer (90210, Grey’s Anatomy) et Danny Huston (Magic City, American Horror Story). Le soin porté à la distribution est flagrant mais leurs personnages peinent à exister dans ces premiers épisodes. Entre une liaison qui ne dit pas son nom, une hiérarchie pesante et Virginia qui intrigue en provocant jalousie et envie, on ne peut pas dire que l’on soit très surpris. Masters of Sex use et abuse des situations déjà connues pour se rassurer. La première saison comportait déjà quelques faiblesses en terme de répétitivité, impression jusqu’alors anecdotique et largement compensée par la qualité de l’écriture et des personnages solides mais là on a un doute. Et si Masters of Sex avait déjà abattu toutes ses cartes ? Sans qu’il y ait de véritables incohérences et de déconvenues, force est de reconnaître que l’intrigue fait du surplace et ne semble pas donner de réelles perspectives pour la suite dans l’immédiat.

« Fight » inverse la tendance

« Parallax » (2×01) et « Kyrie Eleison » (2×02) ne sont pas des épisodes bâclés pour autant, loin de là. Leurs mises en scène peut même sembler pompeuse et agacer par moment. Masters of Sex est simplement une série qui aime prendre son temps. Explorant chaque méandre de la psyché humaine, elle établie une cartographie psychologique précise de ses personnages. Cette phase presque régressive, bien qu’insatisfaisante, semble nécessaire. Elle nous prépare au face à face Bill/Virginia qui devient de plus en plus inévitable. Aussi, lors de ce troisième épisode on retrouve le couple dans une chambre d’hôtel. Avec un certain naturel, qui montre que la manœuvre est usuelle, ils posent en couple marié pour leurrer les rares employés avec qui ils sont en contact. Ce huis-clos partiel force les confidences. Bouleversé par le cas d’un petit patient, Bill se retrouve confronté au souvenir d’un père violent. Fascinant de complexité, on en apprend beaucoup sur les raisons de son attitude quasi mutique, véritable acte de rébellion. L’esprit d’indépendance de Virginia trouve également sa source dans un traumatisme. Naïve, séduite trop facilement, Virginia a le sentiment d’avoir reçu une leçon de la vie qu’elle ne semble pas vouloir oublier. Tous deux ne correspondent pas à leur époque et leur révolte intrigue, Bill est plutôt secret alors que le modèle de virilité lui commanderait plutôt de s’affirmer. À l’inverse Virginia devrait observer une certaine réserve dû à son sexe mais sa révolte est bruyante. Comme à chaque fois, Masters of Sex n’a pas son pareil pour mettre en lumière les blessures de l’âme. Intitulé « Fight », le troisième épisode de la saison 2 brise le faux rythme installé par les deux épisodes précédents. Après une entrée en matière un peu molle, Masters of Sex dispose de tous les éléments pour briller.

Conclusion

Masters of Sex prouve une fois encore que ses scénaristes savent jouer à merveille sur la frustration de ses spectateurs comme de ses personnages pour mieux nous séduire ensuite. Ce troisième épisode a su réveiller ma curiosité en émettant suffisamment de pistes pour donner envie de revenir au prochain épisode et relancer la série qui accuse des audiences en baisse depuis le début de la seconde saison. Pas prête de m’en détourner si facilement, « I want to see how it ends » (Virginia, « Fight » 02×03).

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