Série tv : La représentation de la société américaine dans les génériques

Après s’être intéressé au traitement de l’histoire américaine dans les génériques de série tv, intéressons-nous à la représentation du rêve américain, the American dream. A travers des symboles, une musique ou quelques images bien réfléchies, certains génériques de série télé dépeignent avec brio différents aspects de la société américaine.

L’Amérique surpuissante

Les deux génériques de Dallas représentent bien l’American dream et la surpuissance des États-Unis. Cet aspect est représenté par des symboles, à commencer par les nombreux paysages. Les hauts buildings, les stades, les grandes étendues ainsi que les foreuses donnent l’idée d’un pays riche et surpuissant. La chanson (Jerrold Immel) fait des louanges à l’une des plus grandes villes du sud américain (Texas). Historiquement, le Texas a connu la richesse grâce aux gisements de pétrole et c’est sur cet aspect que joue la série Dallas.

Nous pouvons aussi prendre un autre exemple, celui de Californication (Tom Kapinos, Showtime). C’est cette fois-ci la côte ouest des États-Unis qui est traitée. La Califormie est un Eldorado pour beaucoup de personnes et le générique met en avant cet aspect avec des paysages digne de cartes postales : la plage, les palmiers, le quartier connu de tous Venice… ce générique nous vend du rêve et nous donne une furieuse envie d’aller lézarder sur une plage de la West Coast.

De l’American Dream

Quoi de mieux que Sex & The City (Darren Star, HBO ) pour parler de l’American dream ? Ici encore nous retrouvons les symboles propres à la culture américaine et plus spécifiquement à la ville de New York : les building, les yellow cab, le Brooklyn Bridge… Avec ce générique, nous entrons dans le monde de la haute société newyorkaise, celle que l’on peut voir dans la série Gossip Girl. New York devient LE symbole de l’American dream. La musique jazzy et glamour (par Bob Boykin) renforce cette idée. Manhattan devient le centre de cette ville dirigée par le sexe, l’argent et la volonté de réussir. Nous voyons Carrie Bradshaw évoluer dans ce monde qui lui appartient. En rose et avec un style qui lui est propre, elle détonne parmi les passants tous habillés de la même manière. Carrie est l’exemple de la réussite et pour nous le prouver, on aperçoit dans le générique de Sex and The City sa photo sur un bus, faisant la promotion de son livre « Carrie knows good sex ». Le luxe et l’argent (les passants en costume rappelle l’univers de Wall Street) sont omniprésents dans ce générique. Sex and The City a décidé de s’attarder sur cet aspect de l’American dream alors que d’autres se sont amusés à le détruire.

Le générique de How To Make It In America (Ian Edelman, HBO) dépeint un autre aspect de l’American dream. C’est une autre vision de New York qui est proposée ici. Nous ne sommes plus à Manhattan, mais dans le Bronx où la pauvreté prédomine. La série dépeint le quotidien de ceux qui tentent leur chance dans la grande pomme afin de quitter la misère de leur quartier. La chanson « I Need A Dollar » par Aloe Blacc vient insister sur cet aspect. L’objectif de ces personnes est la réussite sociale mais avant de pouvoir y arriver, ils doivent enchainer les petits jobs. Le vendeur à la sauvette en est un exemple flagrant. Ici encore il y a des symboles de l’americaness : le drapeau, les taxis, les buildings, les hot dogs… Le générique de How To Make It In America met aussi en avant le melting pot de la ville de New York, le symbole historique de l’American dream.

… à la critique de l’American way of life

Chez, Weeds (Showtime) de Brian Dannelly, c’est une autre forme de société de consommation que l’on critique avec une vision plus pessimiste de l’American way of life. La musique parle d’elle même. Il s’agit de « Little Boxes » par Malvina Reynolds. La chanson est une critique claire de ces quartiers où tous ont les mêmes habitudes, les mêmes maisons, les mêmes voitures…

Little boxes all the same.
There’s a green one and a pink one
And a blue one and a yellow one,
And they’re all made out of ticky tacky
And they all look just the same.
And the people in the houses
All went to the university,
Where they were put in boxes
And they came out all the same,
And there’s doctors and lawyers,
And business executives,
And they’re all made out of ticky tacky
And they all look just the same.

Les images du générique renforce cette critique avec le jeu de répétition : tout le monde a son petit hobby du matin, part au travail en même temps, se rend aux mêmes endroits… Tous les aspects du American way of life y sont présents : le 4×4, les grandes maisons, le jogging du matin, le coffee shop

Mais alors que le début du générique semble être une invitation pour venir habiter dans ce lieu paradisiaque, la série vient tout détruire. Cependant, quelques indices dans le générique doivent vous faire comprendre que tout n’est qu’apparence, à commencer par le nom de la ville : AGRESTIC. Ce nom n’est pas anodin puisqu’il est l’anagramme du mot cigarets en anglais et rappelle le sujet de la série Weeds. Et comment ne pas rater l’ombre de la feuille de cannabis à la fin du générique ? Le générique de Weeds fait une critique de ces suburbs américains où tout le monde est pareil.

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