Série TV : Jane the Virgin, la bonne surprise de la CW

Adorable, mignon, drôle, c’est un véritable concert de louanges pour Jane the Virgin, la petite dernière de la CW. On craque nous aussi pour cette comédie dramatique telenovelesque solaire. On vous dit pourquoi sur Silence Moteur Action.

De quoi ça parle ? Suite à un concours de circonstances hors du commun, Jane, modèle de vertu, tombe enceinte. Cette grossesse inattendue va bouleverser tous ses plans.

Immaculée conception : mode d’emploi

Jane (Gina Rodriguez) est une jeune femme enjouée, travailleuse, une latina pieuse animée par la volonté de bien faire. Ne voulant pour rien au monde répéter les erreurs de sa mère qui l’a eu alors qu’elle était adolescente, elle a depuis longtemps décidé de rester vierge jusqu’à son mariage. Compétente et presque diplômée, indépendante grâce à son travail de serveuse dans un hôtel cossu, amoureuse et bientôt mariée avec Michael (Brett Dier), un enquêteur sexy, non vraiment tout semble se dérouler comme prévu jusqu’à ce qu’un examen a priori banal révèle l’impensable – Jane est enceinte. Pas d’erreur, le test est bel est bien positif. Pourtant Jane n’a pas déroger à sa ligne de conduite et la fleur froissée qui lui rappelle sa promesse, et un cour d’éducation sexuelle par une grand-mère (Ivonne Coll) très catholique très investie dans la prévention, est toujours encadrée au mur. Sous l’œil soupçonneux de-celui-à-qui-on-ne-la-fait-pas du médecin, Jane et sa mère sont réellement sonnées. L’erreur est vite repérée par le Dr Louisa Alves (Yara Martinez), gynécologue bouleversée par les infidélités de sa femme qui dans la douleur s’est trompé de patiente et a inséminé Jane avec le sperme de Rafael Alves (Justin Baldoni), son frère. Accrochez-vous, ce n’est que le début. C’est l’univers tout entier qui s’organise pour perturber le chemin trop tranquille de Jane, mais on ne peut s’empêcher de se demander : catastrophe ou coup de pouce du destin ? Jane the Virgin réussit le pari de nous intriguer avec une trame fraîche et dynamique.

Le milkshake du destin

Là voici donc enceinte d’un homme marié, playboy de son état, accessoirement fils du propriétaire de l’hôtel qui se remet d’un cancer. Oui, il a une grosse actualité le garçon. Et on ne vous a pas encore parlé de son mariage bancal avec Petra (Yael Grobglas), sa femme infidèle qui espère faire un divorce lucratif et qui le trompe avec son meilleur ami (Alano Miller). Évidemment, ce ne serait pas aussi drôle si elle ne le connaissait pas déjà. Les deux ont partagé ensemble un baiser il y a de cela quelques années et le couple improbable pourrait bien connaître un retour de flamme. Jane se retrouve donc en face d’un véritable cas de conscience. Garder cet enfant qui n’est pas le sien menacerait indubitablement son emploi, sa carrière, son mariage et en même temps ce bébé, qui est le dernier espoir de cet homme d’avoir jamais un enfant, fait écho à sa propre existence. Où serait-elle si sa mère, Xiomara (Andrea Navedo) n’avait pas refusé d’avorter ? Elle ne peut s’y résoudre et garde l’enfant – exceptionnellement nommé Milkshake pour noter symboliquement une distance entre Jane et le bébé qu’elle aime déjà. On craignait que les scénaristes nous servent un discours moralisateur. On se trompait, Jane the Virgin n’est en rien comme on l’avait imaginé. Jane the Virgin sera une histoire de famille, d’héritage, une histoire de rédemption, de pardon. On vous a déjà dit que le père de Jane (Jaime Camil) est la star d’une telenovela dont elle est fan et qu’il va débarquer dans sa vie ? Ces quelques lignes pourraient nous mener au cœur d’un drame poignant mais il n’en est rien, Jane the Virgin joue les funambules et maintient un ton léger, drôle bien qu’authentiquement touchant.

Petit manuel du pilot réussi

Le très sobrement intitulé « Chapter One » est un modèle de perfection et de charme. « Chapter One » est peut-être l’un des pilots les plus réussis de la saison. Toutes les missions qui lui sont allouées semblent remplies méthodiquement sans en devenir barbant pour autant. On ne s’ennuie pas une minute devant Jane the Virgin car la série de Jennie Snyder Urman, productrice à l’origine de la mignonne mais annulée Emily Owens MD, réussit l’essentiel, elle a un supplément d’âme. Il faudrait vraiment chipoter pour trouver des défauts à ce pilot qui nous introduit dans le petit monde de Jane, nous présente sa famille, son boss, son boyfriend, ses collègues et amies avec beaucoup de précision et de drôlerie. « Chapter One » parvient à mettre en place une histoire alambiquée au possible sans que l’on ne s’y perdre. Pire, on est déjà accroc.

Non, Jane the Virgin n’est pas une comédie dramatique comme les autres. Adaptée d’une série vénézuélienne, Jane the Virgin revendique ses origines et assume son petit air de telenovela sud-américaine que toute la planète leur envie… euh, on s’emballe peut-être. Au contraire, la telenovela est plutôt considéré comme le genre honteux de la télévision aussi quand l’hommage est réussi, il faut le souligner. La réalisation fait de gros efforts pour se distinguer et ça paie. Jane the Virgin multiplie les personnages (la jeune ingénue, le séducteur, etc..), les intrigues et les twists improbables. C’est vif, inventif, drôle (oui encore) tout en restant crédible (dans la mesure du possible, hein). Pas très habitués aux telenovelas par chez nous, on n’aura pourtant aucun mal à apprécier Jane the Virgin. Dès l’introduction de la voix off on est transporté à Miami. Elle apporte véritablement quelque chose à la série, elle donne le ton et nous rappelle les années Pushing Daisies. La bande-son est plus largement une vraie réussite, finie la pop mielleuse, c’est rythmé, audacieux.

Soyons honnête, Jane the Virgin aurait pu être le gros gadin de la rentrée pour la CW tant cette série sentait les bons sentiments et la romance guimauvesque mais Jane n’est pas une sainte nitouche, Gina Rodriguez est un très bon choix de casting. Ce Jane the Virgin est une vraie bonne surprise.

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