Série TV In The Flesh : Les zombies à la mode britannique

Au pays des zombies et plus précisément, des séries de zombies, Silence Moteur Action vous a déniché une petite perle. Très loin des clichés du genre, la série britannique In The Flesh présente une histoire intelligente et incroyablement humaine. De quoi vous faire réfléchir et vous briser le cœur une bonne dizaine de fois. Ne vous inquiétez pas, il y a un peu de sang aussi.

Une histoire de zombies ou presque

Débutée en mars 2013, In The Flesh suit l’histoire de Kieren Walker (joué par Luke Newberry, vu dans la saison 2 de Sherlock), jeune homme revenu d’entre les morts lors de la Résurrection. En effet, dans l’univers de cette série, les zombies sont le résultat d’un phénomène étrange : la Résurrection, période durant laquelle les morts sont sortis de leurs tombes pour causer la panique (oui, comme manger des gens normaux). Après avoir été chassés (et tués) par des milices armées, les zombies restants (ou du moins, les « non morts ») ont été parqués dans des centres. Les scientifiques ayant mis au point un traitement permettant aux « non morts » de retrouver leur personnalité, ces derniers sont petit à petit réintégrés dans la société. Pour avoir l’air « vivant », on leur fournit également des lentilles colorées et du maquillage.

Voilà donc Kieren de retour dans la plus grande discrétion dans le village de Roarton, plutôt hostile aux « non morts ». Il doit également faire face à ses remords, face à ses actes en tant que zombie mais également, faire face à l’attitude de ses proches envers lui, notamment celle de sa sœur (devenue une experte dans l’art d’exploser des zombies). Nous vous laissons le plaisir de découvrir la suite.

Des questions intéressantes

 In The Flesh se distingue des autres séries par son approche humaine du phénomène « zombie » et par sa qualité d’écriture. Si elle n’oublie pas quelques passages assez gores, elle se concentre sur l’aspect psychologique et touche en plein cœur. Elle s’intéresse plus particulièrement aux relations entre « non morts » et vivants. Pensez-y, les « non morts » sont regroupés dans des camps avant d’être intégrés dans la société lambda, à condition qu’ils ressemblent aux autres. Société qui les rejette et les craint, malgré leurs efforts. La peur dicte les actes des vivants. La limite entre monstres et humains est de plus en plus difficile à voir. Et des drames peuvent arriver. La série s’interroge également sur le lien familial (peut-on tout pardonner à notre famille ?) et sur le lien amical. La saison 2 double le propos d’une réflexion sur les croyances et enfonce un petit plus le clou sur la métaphore du racisme. Elle aborde également les conséquences de l’intolérance et de la peur. La saison 1 présente les personnages et les enjeux de la cohabitation tandis que la deuxième fait directement référence à des sujets politiques. Dès le début, on est pris par l’histoire : la première saison se regarde assez vite (3 épisodes d’environ une heure) tandis que la deuxième saison prend le temps de développer des histoires annexes (6 épisodes d’une heure), pas forcément intéressantes mais capitales pour développer le propos de la série. (1)

Le personnage principal est également un des points forts de la série. Kieren est encore un adolescent perdu, qui ne comprend pas ce qui lui arrive et qui apprend à vivre avec sa condition. Il est plein d’insécurité mais au fil des épisodes, commence à prendre conscience de sa valeur. Il est drôle, gentil et totalement brisé. Lui, le zombie, est en fait le personnage le plus humain du casting. Il bénéficie de la qualité d’écriture de la série. Ses répliques font mouche et ne versent jamais dans le pathos facile. Le spectateur s’identifie facilement à lui.

Passionnante et effrayante (et ce, pas vraiment de la façon que vous pensez), In The Flesh est une bouffée d’air frais dans un univers ultra codé et ultra exploré. Ne versant pas dans le fan service facile (et prévisible), elle offre une histoire touchante et révélatrice des problèmes de la société. Cette histoire de zombies modernes vous fait réfléchir. Par ailleurs, elle a remporté le BAFTA de la meilleure mini-série en mai dernier tandis que le scénariste et créateur de la série Dominic Mitchell a reçu celui du Meilleur Scénariste pour un drame. Alors, Silence Moteur Action vous conseille vivement d’y jeter un coup d’oeil et vous nous en direz des nouvelles. 

In The Flesh, trailer de lancement BBC

(1) Pour le moment, la BBC n’a fait aucune annonce concernant la possibilité d’une saison 3.

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