Série TV How To Get Away With Murder : Renie ton père (01×06)

How To Get Away With Murder (HTGAWM) nous avait tapé dans l’œil en septembre dernier. Six épisodes ont été diffusés depuis et les choses sérieuses commencent à peine. Pourtant dans ce dernier épisode on sent bien que le piège se referme sur Annalise Keating… Attention spoilers…

Passes d’armes

Dans le dernier épisode on avait quitté Annalise Keating (Viola Davis) dans une situation désespérée. L’étau se resserre inexorablement autour de son mari, Sam Keating (Tom Verica) mis en cause par une photo plus qu’équivoque sur le portable de la jeune étudiante retrouvée morte. Trahis de façon assez misérable par le papier peint de leur chambre à coucher (tout un symbole), le couple se sait découvert et donc en danger. Fébriles, ils se disputent assez violemment sans pour autant parvenir au point de rupture que ni l’un ni l’autre ne semble vouloir atteindre.
Le drame conjugal qui se joue devant nous (sans trop nous émouvoir) cède sa place à une autre relation bien plus intense et bien plus ambiguë, à savoir celle qui semble lier à tout prix Annalise à Wes (Alfred Enoch). Wes est en position de force et il le sait. Il pousse Annalise dans ses retranchements et marchande difficilement son silence. Ces deux-là partagent une connexion toute particulière qui commence à éveiller les soupçons des autres membres du Keating 5.
Pas de temps morts pour Annalise qui enchaîne les passes d’armes dans sa vie privée et au tribunal. David Allen attend son exécution dans le couloir de la mort depuis 21 ans pour un crime qu’il n’a pas commis. Tout semble indiquer que David a été la victime facile d’un grand de ce monde. Annalise va devenir féroce pour défendre son ami. En faisant tomber les vrais coupables, elle enterre définitivement l’étudiante trop gentille, trop bien intentionnée de ses débuts (et nous donne un bref aperçu de sa genèse) pour libérer la lionne qui va abattre son ennemi et arracher la victoire.

La question raciale

Le cas de David Allen place la question raciale au centre du débat. David, accessoirement petit ami de la jeune femme assassinée, doit plus sa place de criminel à sa couleur de peau qu’à la relation qu’il entretenait avec elle. La série ne s’attarde guère sur leur relation mais s’attache en revanche à nous le présenter sous un jour favorable. Doux, calme et résigné, il provoque un sentiment de compassion mêlé d’injustice. Ce n’est évidemment pas la première fois qu’une série aborde la question raciale, mais elle prend une tonalité toute particulière dans HTGAWM. On a bien sûr un coupable idéal parce que noir, mais on a surtout une défense portée par une avocate noire qui s’est fait un nom, une réputation depuis le premier procès qui fait face à des coupables blancs que rien ne semble incriminer au départ, qui s’appuient sur un témoin corruptible (blanche elle aussi) et que le tout n’a été rendu possible par un juge blanc véreux ayant rompu le contrat qu ile liait avec la justice. Dans ce récit tous on a gagné, le témoin a obtenu un logement, le criminel n’a jamais été inquiété, le juge a obtenu sa promotion. Tous ont été prêts à troquer leur profit contre la vie d’un homme et la carrière d’une étudiante noire. HTGAWM fait le choix d’un récit aux accents franchement manichéens et va plus loin en nous montrant que l’affrontement qui oppose les deux communautés n’est encore aujourd’hui que partiellement résolu. Annalise qualifie la maîtresse de son mari de « white whore », le premier terme résonne clairement comme une insulte et la bonne du juge Millstone est une femme noire…

Dans HTGAWM rien n’est sacré

Mensonges, corruption, révélations dérangeantes, les ingrédients de HTGAWM sont déjà bien rodés. Intimidation, négociations, falsification de preuves, Annalise fait tout pour protéger son mari infidèle. Elle va jusqu’à débaucher Franck (Charlie Weber), son homme de main, pour faire le sale boulot. Elle marche donc délibérément sur sa fierté et sur sa déontologie pour sauver un mariage moribond. Elle ne tombe pas seule cependant, elle entraîne Wes avec elle. Wes prend plus que jamais le parti de Rebecca alors qu’il ne sait toujours rien d’elle et se satisfait de la machination imaginée par Annalise. Il se montre donc fidèle à sa promesse envers Rebecca mais piétine à son tour toute idée d’éthique professionnelle et ce alors qu’il n’est même pas encore avocat dans les faits. À ce stade, on ne saurait plus dire si c’est l’étudiant qui marche dans les pas du maître ou si c’est elle qui le pousse à la faute. (Les paris sont ouverts.) Annalise et Wes ne sont pas les seuls à renier leurs serments. Laurel (Karla Souza) invoque la sacro-sainte relation strictement professionnelle pour rejeter Franck même si l’on sait que cela durera pas. Laurel a réagit sous l’injonction de Bonnie (Liza Weil) qui semble ne pas tenir tant que cela à ses sermons et se laisse aller avec Asher (Matt McGorry) à la fin de l’épisode. Asher qui découvre à son plus grand étonnement (et dégoût) que son père, ce juge modèle, grand ponte de sa communauté, a des cadavres dans son placard. La figure du père ressort plus qu’amochée par ce face à face. Non vraiment dans HTGAWM, rien n’est sacré.

Habeas Corpus

La leçon du jour de Annalise portait sur le corps de la victime. Pièce central d’un meurtre, le corps est un sine qua non de la mise en examen. Car, par définition, si la défense n’est pas en mesure de fournir un corps, l’accusation n’est pas en mesure de prouver la culpabilité du prévenu. C’est avec cela en tête que l’on avance de six semaines en avant alors que le gang cherche un moyen de faire disparaître le corps encore chaud de Sam Keating. Comme à chaque épisode, « Freakin’ Whack-a-Moll » reprend des séquences connues en leur apportant des données supplémentaires soit en nous dévoilant les quelques minutes qui les précèdent et qui les succèdent, soit en y apportant un éclairage nouveau en adoptant le point de vue d’un personnage différent à chaque fois. Cette fois le groupe se trouve confronté au retour inattendu de Asher chez les Keating, réclamant son trophée après s’être rendu compte de sa disparition. Son intrusion provoque un débat parmi le groupe. Certains envisagent de l’intégrer au meurtre mais il fini par s’en aller grâce à l’intervention de Mickaëla qui a l’air de s’être reprise. Pensant le danger passé, le groupe hisse le corps dans une voiture et prend le chemin de la sortie…pour tomber aussitôt sur Asher qui traverse juste devant eux. Trop absorbé par sa conversation téléphonique, Asher ne se rend compte de rien, poursuit son chemin et fini tout droit dans le lit de Bonnie pour ensuite admirer les photos de ses petits camarades profitant de la soirée sur le campus. Manœuvre destinée à se couvrir et se donner un alibi solide mais souvent source d’erreur, on attend avec impatience la liste des erreurs qu’ils auront commises.

HTGAWM fait incontestablement partie des grandes gagnantes de la rentrée. Le petit plus de l’épisode 6 ? La conviction que Ben va lui aussi s’attaquer à détruire Annalise Keating après que cette dernière lui ait fait perdre son job ; la certitude que Bonnie est un personnage louche qui poursuit un but assez obscur pour le moment ; l’impression que la chute de Annalise ne fait que commencer.

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