Série TV : American Crime, l’Amérique face à ses démons

A peine diffusée aux États-Unis et déjà disponible sur Canal+, la série American Crime mérite le coup d’oeil. Créée par John Ridley (scénariste de 12 Years A Slave), elle nous plonge au coeur de la société américaine et du mal qui la ronge depuis toujours : le racisme.

Un cas d’école

Trois épisodes d’American Crime ont déjà été diffusés outre-Atlantique. Des épisodes nécessaires pour comprendre cette série qui ne ressemble pas aux autres. American Crime s’ouvre sur un appel au 911 : un homme blanc vient d’être assassiné, sa femme violée est dans un état critique. On décrit le potentiel coupable comme un immigré, un hispanique. Cet homme est un ancien marine qui venait de retourner parmi les siens.

American Crime signe le retour de Felicity Huffman à la télévision. Trois ans après la fin de Desperate Housewives, l’actrice américaine a trouvé un autre rôle sur mesure. Elle y campe Barb Skokie, la mère du jeune homme assassiné. Exit Lynette Scavo, son humour et son sourire, Felicity Huffman offre ici un personnage froid, un brin raciste et très peu appréciable. Pour elle, s’il est d’origine hispanique, le coupable ne peut être qu’un immigré. C’est en tout cas la première question qu’elle se pose. 

Le drama de John Ridley nous offre une plongée au cœur de la société américaine, en prenant pour exemple un crime odieux mais teinté de racisme : hormis la famille du défunt, on nous présente des personnages de toutes origines et avec des rôles divers. A noter qu’American Crime est une série anthologique et présentera un nouveau cas et de nouveaux personnages à chaque saison.

Sobriété et lenteur

La série avance aussi lentement qu’elle va vite. Le coupable est trouvé dès le pilot. On le comprend de suite, American Crime ne sera pas une énième série policière qui se construit sur la recherche du tueur (Broadchurch, True Detective…) mais sur la suite : le procès, les médias qui traitent l’affaire, les familles qui veulent justice et qui essayent de comprendre. Et chacun à sa manière. Pour Barb, il faut interpeller les médias, transformer cette histoire en un modèle. Le tout en refusant d’admettre la vérité sur son fils (soupçonné par la police d’être un dealer). Ce sera au père, Chuck (Timothy Hutton), de réhabiliter la mémoire de son fils. Ancien alcoolique qui a abandonné ses enfants, il va tenter de trouver sa rédemption en fouillant dans le passé de son fils.

Au niveau de l’esthétisme, la caméra nous offre des jolis plans de coupe, des temps de repos et nous permet d’apprécier le jeu des acteurs. La réalisation accentue la lenteur de la série et c’est ce qui peut repousser le téléspectateur. Mais il faut savoir donner sa chance à American Crime et à son intrigue à la fois simple mais particulière. Vous risquez bien d’être surpris. 

 

 

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