The Walking Dead : retour sur la 1ère moitié de la saison 6

Pas aussi insolite qu’une prison désaffectée, pas aussi glauque que le Terminus, Alexandria promettait pacifisme et sécurité. Pour ce nouvel havre de paix, c’est la fin d’une utopie. Silence Moteur Action vous propose de dresser les pour et les contre de ces 8 premiers épisodes de la saison 6 de The Walking Dead.

[highlight highlight-color= »eg. #F96E5B » font-color= »eg. #f8f8f8″]Les plus[/highlight]

–   Suspens !

Puisqu’il y a bien quelque chose que The Walking Dead sait par-dessus tout manier, c’est le suspens. Au fil des saisons, la série a gagné en maturité, en privilégiant les prises de risques audacieuses (mais parfois vaines). Cette fois-ci, elle utilise son nombre conséquent de personnages pour mêler les péripéties dans un labyrinthe machiavélique, tout en brouillant les pistes, en modifiant quelques segments de la storyline originelle. Les deux premiers épisodes ne sont pas figés dans le temps, ils utilisent un principe intemporel.

Les événements d’un épisode sont expliqués dans l’épisode suivant. Le rajout de personnages permet, à nous spectateurs, de s’investir davantage émotionnellement. The Walking Dead aime ses personnages mais préfère les tuer. L’art du suspens est à son paroxysme lorsqu’à la fin de l’épisode 3, les scénaristes prennent un malin plaisir à faire « mourir » l’un des personnages pivots de la série. Paroxysme serait un doux euphémisme, puisque son nom a même été retiré du générique durant quelques épisodes pour nourrir les spéculations. Mort ou vivant ? L’attente sera longue. Finalement vivant. Rassurés, même si nous, en tout cas, on était morts de peur…

–          Un retour aux sources…

Une nouvelle saison de The Walking Dead implique de grandes responsabilités. La saison 6 commence heureusement sur les chapeaux de roues. Sans que l’on comprenne au début pourquoi, les survivants défendent Alexandria, leur nouvelle « maison ». Un fief finissant toujours par tomber, cette fois-ci ce ne sont plus les humains le problème (contrairement aux saisons 4et 5), mais les rodeurs. La série revient sur ce qui faisait son charme il y a quelques années, en proposant un thriller où les zombies sont au centre de la tension.

De loin, les rodeurs sont lents, inoffensifs, mais si l’on se rapproche d’un peu plus près, le danger est saillant. Cependant, The Walking Dead connait ses failles, elle doit rester « réaliste » ; les humains rodent aussi. C’est pourquoi le début de saison nous prouve que la menace peut être aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur d’Alexandria. Ainsi voilà le mystérieux clan des Wolves. Ils sont acharnés, violents mais peu organisés. Un peu comme les rodeurs finalement, sauf qu’ils sont humains, ils réfléchissent, agissent et complotent en conséquence. Cette saison 6 souligne donc ce désir de retourner aux sources du survival. Rajouter à cela un attrait particulier pour la moralité de chacun des personnages, des humains poursuivis par la mort, quoiqu’il arrive.

–          Le traitement des personnages

Sans personnages, aucun enjeu, aucune série. L’essence même d’une série télévisée repose sur l’action de ses protagonistes. Ils sont les piliers du récit. Ils le forment, le manient à leur manière mais sont aussi soumis au pouvoir du showrunner tout puissant. Dans The Walking Dead, ces derniers n’ont pas la main morte. On prend les mêmes et on recommence.

Rick, Carl, Daryl, Carol, Glenn et Maggie, chacun est plus mature, plus aiguisé, mais malheureusement plus marqué par le passé. Les nouveaux arrivants sont parfois introduits pour le meilleur (la doyenne Deanna, nouvelle femme forte, RIP), mais aussi pour le pire (on y reviendra). Globalement, le pari risqué d’inclure les personnages principaux dans un environnement peuplé de nouvelles têtes est tenu. Quand tout éclate alors, que les frontières s’effondrent et qu’Alexandria n’est plus qu’un tas de ruines, on confirme cette réussite. Pourquoi ? Réponse : on éprouve de la peur pour chacun d’eux.

[highlight highlight-color= »eg. #F96E5B » font-color= »eg. #f8f8f8″]Les moins[/highlight]

–          « C’est loooooong »

The Walking Dead a un satané tic. Depuis maintenant deux saisons, on lui reproche d’être parfois fainéant et de se reposer sur ses lauriers. Quel dommage, quand on remarque le brillant des premiers épisodes de cette nouvelle saison. Pourquoi faire (re)tomber la pression si brusquement ? La série privilégie le calme après la tempête au calme avant la tempête. Peut-être a-t-elle trop donné dès le début, peut-être le budget annuel de la série a été dépassé… Avouons-le, certains épisodes de cette première moitié de saison sont certes, bien montés et écrits, pas franchement inutiles, ils n’en restent pas moins des épisodes « de remplissage ».

Comme si l’inspiration n’était plus, comme si les scénaristes avaient eu l’envie soudaine de s’attarder plus d’une heure sur un personnage pourtant pas si apprécié que cela (le mystérieux Morgan). Il n’y a pas de problème, on sait pertinemment que des enjeux de tailles viendront par la suite, que ces quelques épisodes sont ici pour bâtir un récit solide, légitime et crédible. Cependant, attention à ne pas se perdre dans un pathos menant vers des révélations mal amenées et prématurées (la grossesse de Maggie).

–          … effet miroir

On en vient donc au problème principal de la saison 6 de The Walking Dead et de la série en général. Depuis la saison 2, on observe un schéma répété (et répétitif) au sein de la structure scénaristique. Ce schéma le voici : les survivants sont désespérément à la recherche d’un nouvel abri, qu’ils trouvent (début de saison). Qu’ils soient en sécurité, ou en danger dans ce dernier, la menace, au-delà des murs, continue à prendre le dessus. Elle enjambe la barrière pour s’immiscer dans leur civilisation (mid-saison final). Deuxième round, les survivants  doivent s’échapper, parfois dans le sang et les larmes, toujours en laissant quelques amis à terre, souvent au plus grand désarroi du spectateur. Alors qu’ils sont maintenant de nouveau dans la nature hostile, la position de défense prend place à l’attaque.

Nos personnages deviennent alors des tueurs, ou tout simplement des « animaux », tentant de faire respecter une loi morale (souvent peu humaine) tout en gardant l’esprit de meute, l’esprit fraternel. Finalement, n’est-ce pas une manière de les qualifier de « faux-héros » ? Clairement, cette saison 6 n’échappe pas à ce schéma et fait miroir aux précédentes. Pour le moment, tout est pardonné. Après tout, la série suit le tracé du comic-book. Ne devrait-on pas plutôt blâmer ce dernier ? Effectivement, nous devrions, même si la série a tendance à se donner du lest en prenant ses propres choix. Si elle arrivait à suivre cette démarche pour s’échapper d’une routine qui pourrait, au fil des saisons, faire décrocher définitivement ses téléspectateurs (les audiences ont déjà commencé à baisser lors de cette saison 6), elle mériterait son succès. Après tout, l’audace finit toujours par payer.

[highlight highlight-color= »eg. #F96E5B » font-color= »eg. #f8f8f8″]Et après[/highlight]

Disons le franchement, cette saison 6 promettait le meilleur. Les derniers épisodes ont malheureusement déçu une grande partie des téléspectateurs. Elle a perdu de sa superbe mais reste de bonne facture.

À vous qui avez au préalable lus le comic-book, vous savez. Oui, vous savez ce qui se profile. Vous tremblez ? Nous aussi. La scène post-générique de l’épisode 8 est le présage du plus grand « bad guy » de The Walking Dead. La seconde partie de la saison 6 promet des réponses à toutes nos questions sur les Wolves… Ainsi que leur chef. On sait déjà que Jeffrey Dean Morgan a été choisi pour le rôle de l’ignoble Negan. Attention, carnage en vue… Finalement, les rodeurs ne seraient pas si terrifiants que cela.

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