Robert Rodriguez & Jon Landau : « Alita, ce ne sera pas à 100 % du James Cameron »

Trainant dans les placards (bien remplis) de James Cameron depuis plus d’une décennie, Alita : Battle Angel – adapté du célèbre manga Gunnm de Kishiro – s’apprête enfin à sortir au cinéma en février prochain. Un projet passé de mains en mains jusqu’à arriver finalement entre celles du cinéaste Robert Rodriguez. Après avoir été reculé deux fois (il devait à l’origine sortir en juillet 2018), Alita commence sa promo très en amont pour persuader les foules. C’est dans ces conditions que la Fox nous a présenté 30 minutes du film en IMAX 3D, suivi d’un débat avec le réalisateur Robert Rodriguez et le producteur du film Jon Landau (producteur de Titanic et Avatar !).

Alita : Battle Angel se situe dans un futur lointain, sur la Terre ravagée après une bataille opposant l’espace humaine à l’URM (Union de la République Martienne). Le docteur Ido (incarné par Christoph Waltz) découvre dans une décharge les restes d’un cyborg, qu’il décide de réparer. C’est ainsi qu’apparaît Alita, n’ayant aucun souvenirs ni d’où elle vient ni de qui elle est.

« J’ai dû couper au moins 60 pages du scénario de James Cameron ! » Robert Rodriguez

Si ces 30 minutes d’images nous ont fortement emballés, force est de constater que le récit semble assez dense… peut être trop. Et vu la genèse du film, il semblerait qu’on revienne de loin. À l’origine, un manga culte que découvre James Cameron. Il en tombe amoureux et en achète les droits il y a 15 ans. La pré-production étant trop longue, Cameron décide de laisser le projet de côté pour partir sur un certain Avatar. Trop occupé sur les suites de son film, il laisse finalement la place de réalisateur à Robert Rodriguez, tout en restant attaché au projet en tant que producteur. Commence alors un vrai travail de déminage parmi les centaines de pages de script et de description des personnages et de l’univers laissé par le cinéaste de Titanic.

« J’ai du couper dans le scénario de James, pour être au plus près des personnages » nous explique Robert Rodriguez. Mais le réalisateur a su garder l’ADN du projet initial : « En voyant le film, on sentira que c’est aussi un film de James Cameron » continue Rodriguez. « J’ai l’habitude, avec Quentin Tarantino ou Frank Miller, de faire des films à plusieurs [ndlr : il a réalisé Une nuit en enfer à partir du scénario Tarantino et co-réalisé Sin City avec Frank Miller). Ici, c’était pour moi un rêve de travailler sur un film que Cameron ne pouvait pas faire. » Rodriguez a donc continué dans la lignée de Cameron, tout en imposant sa vision – notamment dans le casting. « Ce ne sera pas un film à 100 % de James Cameron, il y aura du moi dedans » résume Rodriguez.

« On a pensé la 3D comme une fenêtre sur le monde, pas comme le monde dans une fenêtre » Jon Landau

Quand on leur demande si le film est fidèle au manga, le producteur et le réalisateur signifient avoir tout fait pour. « Yukito Kishiro a écrit une histoire incroyable, qui se traduit très bien à l’image, au cinéma. Il faut comprendre ce que voulait l’auteur à la base » indique Jon Lando, avant d’expliquer que le principal ajout tient dans le motorball (un sport qui consiste à jouer au foot en roller motorisé dans un stade de formule 1) : « Toshiro était un peu réticent à l’origine. Mais sur le tournage, il a accepté, il a aimé le concept. »

Les images qui nous ont été montrées sont très spectaculaires et impressionnantes, le tout dû à des techniques innovantes. « On a tourné en 3D, on adore ça » explique Rodriguez. « On ne pouvait pas faire de conversion, il fallait tourner en 3D. Ça donne un impact à l’image. » Jon Landau raconte notamment qu’ils ont dû construire leur propre matériel : « on a pensé la 3D comme une fenêtre sur le monde, pas comme le monde dans une fenêtre comme beaucoup de films. »

Enfin, les deux hommes ont su prendre avec humour une question visant à demander leur ressenti vis à vis de la polémique lors de la sortie de la première bande-annonce (les fans du manga trouvant les yeux de l’héroïne trop gros !). « Quand la bande-annonce d’Avatar est sortie, les gens se sont moqués de ces « grands schtroumpfs » bleus… et puis le film est sorti » ironise Landau. Rodriguez, quand à lui, confirme la tendance hollywoodienne à monter des bande-annonces très en amont de la sortie du film, avec des scènes tournées spécialement pour la promo. « On continue encore en ce moment même à travailler sur l’esthétique du personnage d’Alita ! » Et James Cameron dans tout ça ? « Il nous a appelé en nous disant que les remarques des fans étaient justes, qu’il y avait problème avec les yeux… » commence Rodriguez. « Il faut les faire plus gros, nous a dit James ! »

Résultat, les yeux 30 % plus gros d’Alita seront à découvrir au cinéma le 13 février prochain, si possible sur le plus écran possible.

Merci à Cartel et à la Century Fox France pour l’organisation de cette rencontre.

Alita : Battle Angel
Un film de Robert Rodriguez
Sortie le 13 février 2019

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