Les Revenants : Trois ans d’attente qui valent le coup

Presque trois ans après une fin de première saison haletante, Les Revenants effectuent leur retour sur Canal Plus. La série de Fabrice Gobert a entamé sa deuxième saison ce lundi avec deux épisodes. Les téléspectateurs ont-ils droit à des réponses ? Ou l’excellente première saison ne faisait que donner un avant goût du talent de ses créateurs ? Silence Moteur Action, après avoir repris son souffle, s’est délecté. 

Lorsque Les Revenants marquaient au fer rouge la télévision hexagonale, Docteur House rangeait la canne au placard. Wisteria Lane fermait ses portes et les moines d’Ainsi soient-ils d’Arte rentraient dans les ordres. Sur le grand écran, Christopher Nolan achevait sa trilogie Batman, les Avengers marchaient sur le box-office mondial tandis que Dujardin et The Artist prenaient les Oscars d’assaut.

En trois années, les visages du petit et grand écran ont bien changé. Les Revenants, eux, semblent figés dans le temps. Le phénomène de l’année 2012 revient et il était temps. Les Revenants, c’est cet ami qui ne donne jamais de nouvelles mais qui, lorsqu’il envoie un message, vous fait un bien fou. Parce que les téléspectateurs, et pas seulement les sériephiles, ressentent de la rancune d’avoir été tenu en haleine trois années durant. Elle se fait cependant moins tenace lorsque la qualité est au rendez-vous.

Qualité n’est pas un mot à prendre à la légère. Dès le premier épisode de cette nouvelle saison diffusée ce lundi sur Canal+, Fabrice Gobert montre qu’il n’a rien perdu de sa superbe. Contrairement aux séries communes regardées par le public français sur les grandes chaînes (Taxi Brooklyn et TF1, si vous nous lisez), Les Revenants soigne son esthétique. De la première à la dernière image, le souci du détail et du plan parfait pointent son nez. Le cerf restera une des images les plus marquantes de ce début de saison.

Le syndrome Lost, en français dans le texte

La plastique, ça compte. Mais le fond aussi. Six mois après cette fameuse nuit et une scène théâtrale au possible, on redécouvre une ville meurtrie et inondée. Chaque personnage est ramené dans la série avec une intelligence semblable aux premiers épisodes de la série. Cela fait trois ans que les questions nous taraudent l’esprit. Où sont partis ces morts qui nous ressemblent tant ? De qui est le bébé d’Adèle ? Qui est réellement Lucy ? Victor aura-t-il de l’acné dans la deuxième saison ?

Pas de chance ! À la vue des épisodes de ce lundi 28 septembre, d’autres interrogations sont soulevées. On en sort l’esprit plus torturé qu’auparavant, et ça fait du bien. Fini la fadeur de certaines séries. Les Revenants l’ont compris. Le téléspectateur souhaite être scotché à son canapé, sans ressentir le besoin de regarder ses mails ou la dernière photo Instagram d’un acteur quelconque. Chose assez rare pour être notée. 

Et quelle prise de risque ! Nombreux sont ceux à tenter le trop plein de questions sans jamais satisfaire les fans. Le syndrome Lost guette Fabrice Gobert et Canal Plus. Comme quoi, en cette rentrée mouvementée, la chaîne de Vincent Bolloré a, pour l’instant, encore un peu à offrir. Auréolée d’un succès à l’international, Les Revenants s’est vue adaptée de l’autre côté de l’Atlantique. Une version ratée et aux allures de défilé de mannequins.

Ne reste plus qu’à attendre lundi prochain. Mais après tout, après avoir espéré leur retour durant trois ans, on ne va pas se plaindre de devoir attendre encore six jours. 

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