[Rétrospective Nolan] Pourquoi la trilogie Batman de Nolan est la meilleure

Il n’y a pas moins de douze ans déjà que Christopher Nolan s’emparait du mythe Batman, pour donner sa version blockbuster/auteur américain du héros. A partir de cette série de films, chaque nouveau projet de Christopher Nolan a été attendu comme l’événement de l’année – en témoigne la sortie prochaine de Dunkerque. Batman Begins (2005), The Dark Knight (2008) et The Dark Knight Rises (2012) rassemblent un cast impressionnant, faisant concurrence à une saga qui était entrain de se profiler et se construire : les Avengers.

En s’attaquant à Batman, Christopher Nolan a réalisé une trilogie qui fonctionne de façon autonome, sans se soucier de ce qu’il y avait eu avant ou ce qu’il y aurait après. Et pourtant, Avant et après lui, d’autres réalisateurs se sont emparés de l’histoire de l’homme chauve-souris. Il y a bien sur eu une première série initiée par Tim Burton, en 1989, rendue célèbre par le duo Michael Keaton/Jack Nicholson, et reprise par Joel Schumacher. Puis, en 2016, Zack Snyder fait s’affronter les deux plus grandes figures de l’univers DC avec Batman v Superman. Alors, en quoi la trilogie Batman de Nolan se démarque-t-elle des autres adaptations, et comment le réalisateur ajoute-t-il sa patte pour transformer le mythe Batman ? Réponse en trois points.

1. Un monde moins fantasmé

Tout d’abord, le Gotham de Christopher Nolan n’est plus un versant gothique de New-York. Particulièrement à partir de The Dark Knight, les films deviennent la vitrine du monde actuel, faisant miroiter les problèmes moraux, politiques des Etats-Unis. Mais la trilogie est avant tout le reflet d’une Amérique meurtrie par le 11 septembre. Les Batman de Nolan ont d’ailleurs ouvert la voix à toute une série de films de super-héros marqués par le souvenir de cet attentat, et faisant de la menace terroriste leur cheval de bataille.

Nolan s’est donc imprégné de l’univers DC pour l’ouvrir au monde d’aujourd’hui, et à l’Amérique dans lequel il évolue. Ses trois films sont menés par un unique questionnement : comment combattre l’amoral quand on est moral ? On voit bien ici la résonance avec la question de la riposte américaine face au 11 septembre et le choix politique qui en a découlé. Nolan élève la moralité et la réflexion des films de super-héros, jusqu’à parfois toucher le métaphysique. En cela, cette trilogie fonctionne de manière autonome, comme un vrai film noir, faisant oublier l’univers quelque peu infantilisant de Burton.

2. Traiter l’univers DC comme un cinéma d’auteur

Comme mentionné auparavant, Christopher Nolan fait table rase des interprétations précédentes, et traite le super-héros sur le mode auteuriste. Il redonne de la superbe et de l’éclat au mythe Batman, tout en créant un héros plus sombre que jamais. Dès Batman Begins, la quête du protagoniste est très spirituelle : tout est traité sur le mode de la révélation, de l’épiphanie, comme en témoigne la scène de flashback dans le puits dans l’ouverture de Batman Begins.  Finalement, il ne s’agit pas moins de sauver Gotham City que de se sauver lui-même.

Le fait que les trois films fonctionnent de manière autonome, et qu’ils soient l’œuvre d’un même réalisateur ajoutent quelque chose d’auteuriste aux films : ce ne sont pas des énièmes opus que l’on ajoute à une saga, et que les réalisateurs se refilent les uns après les autres, faisant perdre toute cohérence esthétique à l’ensemble.

3. Les méchants les plus cools

Dans le genre table rase, cette trilogie Dark Knight fait également oublier tous les méchants des anciens films. Dans le rôle du Joker, Heath Ledger supplante le jeu de Jack Nicholson en trouvant sa propre pantomime et devient un personnage emblématique de l’histoire du cinéma. Jared Leto a essayé d’employer la même méthode dans Suicide Squad, mais l’ombre de Ledger est trop importante et ne laissera pas facilement la place à un nouveau Joker. Ce qui est fascinant dans The Dark Knight, c’est que le Joker porte la charge morale de l’histoire tout en étant le personnage le plus amoral dans ses actes, et c’est ce qui fait de lui le véritable héros du film.

Mais Heath Ledger n’est pas le seul méchant à retenir de cette trilogie. Dès Batman Begins, Cilian Murphy avait fait une prestation remarquée, accompagné de Liam Nesson, en Ras’Al’Ghul, à la fois fascinant et terrifiant. Il est triste d’ailleurs que les showrunners d’Arrow n’aient pas voulu que l’acteur reprenne le rôle, ne souhaitant pas mélanger l’univers des séries et des films. Tom Hardy vient quant à lui clore la trilogie en méchant presque imbattable, qui physiquement est le plus impressionnant des trois films. Enfin, doit-on parler de la super mort de Marion Cotillard ? Même si elle a été déclarée comme l’une des pires morts du cinéma, on salue la performance d’une actrice française dans ce dernier volet.


A découvrir chaque dimanche, pendant tout le mois de juillet, dans notre rétrospective spéciale Christopher Nolan :


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