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[Rétrospective] Tim Burton, le prince gothique du cinéma américain

C’est un des cinéastes américains les plus renommés du monde du 7e art et les plus connus du grand public : Tim Burton a réalisé, durant ses 40 ans de carrière, une dizaine de courts et une vingtaine de longs métrages. Après son dernier film en date, Miss Peregrine et les enfants particuliers (2016), Burton revient le 27 mars 2019 avec l’adaptation en prises de vue réelles (avec de vrais acteurs) de Dumbo, classique de Disney datant de 1941. L’occasion pour nous de consacrer notre rétrospective de mars à ce réalisateur à la patte si particulière.

Tim Burton est une sorte d’OVNI du cinéma américain : né dans la ville de Burbank (Californie), il a grandi juste à côté de Los Angeles et des studios de Hollywood et a été baigné très tôt dans l’univers des films. C’est en partie pour cela que sa carrière de réalisateur s’est construite sur une ambivalence : la volonté de se démarquer des blockbusters américains classiques, d’affirmer sa propre patte et son identité visuelle, tout en réalisant des films grand public, produits par de grands groupes comme Disney ou Warner Bros.

S’il a réalisé en grande majorité des films en prises de vues réelles, Tim Burton a d’abord commencé sa carrière en travaillant au département animation de Disney, pendant cinq années durant lesquelles il ne s’est jamais senti à l’aise : ce qui intéressait alors Burton, ce n’était pas les princesses, les animaux mignons et les paillettes, mais la facette plus sombre de l’imagination des enfants, les contes noirs et les monstres qui ont inspiré son enfance, comme Frankenstein ou Godzilla. Après avoir quitté Disney en 1985, Tim Burton s’alliera à Warner Bros, qui produira une grande partie de ses films. Il reviendra vers Disney à plusieurs reprises, pour Alice au pays des merveilles (2010) ou le long métrage Frankenweenie (2012), et, en 2019 pour Dumbo.

Un style reconnaissable entre mille

Durant sa carrière, Tim Burton s’est essayé à tous les genres, ou presque : le film de super-héros avec les Batman, le film d’animation avec Les Noces funèbres ou Frankenweenie, le biopic avec Ed Wood ou Big Eyes ou encore le film d’épouvante avec Sleepy Hollow et Sweeney Todd, qui s’avère aussi être une comédie musicale. Et pourtant, malgré cette diversité, tous les films du réalisateur sont reliés entre eux par ce même style « burtonien ».

Burton a tout d’abord des thèmes qui lui sont chers : la plupart de ses héros sont des êtres marginalisés, différents, voire monstrueux : un jeune homme qui a des ciseaux à la place des mains dans Edward aux mains d’argent, un chocolatier maniaque et excentrique qui vit isolé du monde dans Charlie et la chocolaterie, un éléphanteau né avec d’immenses oreilles et devenu la bête de foire d’un cirque dans Dumbo… Le ton des films du réalisateur se situe toujours entre l’humour et la gravité, le comique et le tragique, la douceur et la violence, dans un style presque romantique au sens originel du terme.

Visuellement, Burton accentue ces oppositions en jouant sur l’association de la noirceur (notamment dans des films comme Sleepy Hollow ou Les Noces funèbres) et des couleurs (on pense à Mars Attacks! ou Charlie et la chocolaterie). Le cinéaste s’inspire aussi des vieux films de monstres et d’épouvante ou de romans gothiques comme Frankenstein de Mary Shelley dans ces décors et ses costumes. Enfin, Tim Burton a des collaborateurs (très) récurrents : l’acteur Johnny Depp est présent dans huit de ses longs métrages, presque toujours en tête d’affiche, et l’on retrouve dans plusieurs de ses films des acteurs et actrices comme Helena Bonham Carter (Sweeney Todd, Alice aux pays des merveilles), Michael Keaton (Batman, Beetlejuice) ou Eva Green (Dark Shadows, Miss Peregrine). Quant au compositeur Danny Elfman, il signe les musiques originales de la quasi-totalité de sa filmographie.

Mais cette patte immédiatement reconnaissable, n’est-elle pas aussi le point faible du cinéaste ? A trop s’enfermer dans des thématiques et une identité visuelle particulières, le risque qu’encourt Tim Burton est de finir par se répéter. Car force est de constater qu’après trente années, le public devient de plus en plus mitigé sur les dernières œuvres du réalisateur. Burton aurait-il perdu l’étincelle qui a fait sa renommée ?


Tous les articles de la rétrospective Tim Burton

Analyse d’une scène : Edward aux mains d’argent
Et si Burton était anti-capitaliste ?
Burton a-t-il mal tourné ?
A venir : Tim Burton et Danny Elfman

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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