[Rétrospective Sport] La Rage au ventre, d’Antoine Fuqua

Depuis plusieurs années, on ne compte plus les films rendant hommage à la boxe : de Rocky à Million Dollar Baby en passant par Raging Bull, il y en a pour tous les goûts. En 2015, le réalisateur américain Antoine Fuqua sort son onzième film, intitulé La Rage au ventre et centré sur un champion de boxe torturé par la complexité de sa vie.

Une mise en scène dynamique

A première vue, le scénario de La Rage au Ventre ne présente rien d’exceptionnel : l’histoire raconte celle de Billy Hope, un boxeur au succès fulgurant, qui voit son monde s’écrouler lorsque sa femme se fait tuer. Il tombe alors au plus bas, au point de perdre sa maison et la garde de sa fille… Sa rencontre avec Titus Willis, un ancien boxeur, va l’aider à remonter la pente afin de retrouver sa vie d’avant.

Avant même de voir le film en entier, on comprend assez rapidement la manière dont celui-ci va se terminer : le scénario n’est donc pas surprenant, mais pas mauvais pour autant. D’ailleurs cela s’oublie assez rapidement, notamment grâce à une mise en scène très dynamique, non seulement rythmée par les divers combats de boxe présents tout au long du film, mais également et par les différentes phases par lesquelles passe Billy Hope dans sa vie. De plus, la mise en scène est totalement centrée sur son personnage principal, ce qui donne au spectateur une dimension d’immersion totale dans l’univers du film. Il est essentiel de parler de la violence, qui est omniprésente dans ce film, que ce soit physiquement comme verbalement. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette violence n’est pas dérangeante car elle est justifiée : c’est à travers elle qu’Antoine Fuqua a trouvé le moyen de mettre en valeur l’enfer de la vie de Billy Hope, brillamment interprété par Jake Gyllenhaal.

Une prestation hors du commun

Effectivement, il est difficile de parler du film sans évoquer la performance de son acteur principal. Jake Gyllenhaal a fait depuis bien longtemps ses preuves au cinéma (Donnie Darko, Le Secret de Brokeback Moutain, Prisoners), cependant, il reste difficile de ne pas être scotché par sa performance dans La Rage au ventre. On connaît les motivations de l’acteur lorsqu’il s’agit de transformer son corps pour des rôles : s’il avait perdu une dizaine de kilos pour son précédent film Nightcall, ici, il a suivi un entraînement de plusieurs heures par jour pendant presque 10 mois pour adopter le physique impressionnant d’un boxeur. Cette transformation physique permettrait presque à elle seule de rendre le scénario crédible.

Mais c’est sans parler de la manière dont Jake Gyllenhaal s’empare de son personnage, un homme torturé qui est tout aussi violent que sensible. L’acteur est habité par son personnage et nous emporte avec lui dans sa lutte contre l’enfer qu’est devenue sa vie, si bien que l’on ne ressort pas indemne après la fin du film. Si le film tourne principalement autour du personnage de Billy Hope, les autres acteurs sont néanmoins tout aussi talentueux : Rachel McAdams est juste et touchante dans le rôle de sa femme, et Forest Whitaker, qui interprète Titus Willis, est comme à son habitude remarquable dans son interprétation d’un homme sage, en apportant beaucoup de sobriété à son personnage.

Impressionnant et émouvant, La Rage au ventre n’a rien à envier aux films de boxe dits « classiques », car il a facilement pu se démarquer grâce à la mise en valeur de sa propre identité. Avec ce film, Antoine Fuqua signe un de ses plus grands succès qui aura sans conteste été pionnier pour sa carrière de réalisateur.

Envie d’en savoir plus sur Jake Gyllenhaal ?


A découvrir chaque samedi, pendant tout le mois de novembre, dans notre rétrospective sport :


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