[Rétrospective Danny Boyle] Petits meurtres entre amis (1995)

Premier long métrage de Danny Boyle, Petits meurtres entre amis s’affirme comme un coup d’essai osé et incontournable de sa filmographie. S’étant auparavant essayé à quelques téléfilms, le cinéaste y explore l’amitié à travers le prisme du cynisme en mettant en scène un scénario grinçant et efficace. Alex, Juliet et David sont à la recherche d’un quatrième colocataire et font pour cela preuve d’une grande exigence. C’est l’élégant Hugo qui se verra obtenir la précieuse chambre, dans laquelle les trois amis le retrouveront mort dès le lendemain de son emménagement, aux côtés d’une valise remplie de billets. Amorçant ainsi le déclin de leur amitié, ils décident de garder l’argent.

« Si on ne peut pas se fier à ses amis, où va-t-on ? Où va-t-on ? »

En signant le scénario de Petits Meutres entre amis, John Hodge marque le début d’une collaboration régulière et remarquable avec Danny Boyle (Une vie moins ordinaire, La Plage, Trance ou encore les Trainspotting) qui se forge quant à lui une identité visuelle à part entière. La séquence d’ouverture n’est pas sans rappeler celle de Trainspotting qui suivra deux années plus tard : une voix off reflète la conscience de David (Christopher Eccleston) et laisse entrevoir un mauvais présage, après quoi s’enchaîne une suite de travellings déchaînés à ras le sol, appuyée par l’électro de Letfield. Ce dynamisme jubilatoire nous emmène à l’appartement des trois amis, lieu témoin des rebondissements à venir.

Afin d’incarner le trio de choc à la complicité décadente, le casting régale et dérange. On ne présente plus Ewan McGregor qui, grâce à son rôle du malin Alex, amorce sa riche et brillante carrière. Le personnage de David révèle l’ampleur du talent de Christopher Eccleston, bien connu du petit écran notamment pour son rôle du prêtre Matt Jamison dans The Leftovers. Enfin, la glaciale Juliet est interprétée par Kerry Fox, dont le premier rôle très remarqué dans Un ange à ma table de Jane Campion lui a ouvert la porte du cinéma indépendant.

À mesure qu’il s’aventure sur des chemins de plus en plus perturbants et sanglants, Petits meurtres entre amis reste teinté d’humour noir et maintient l’attention jusqu’aux dernières secondes, réjouissantes. Entre divertissement et fin traitement des relations humaines, Boyle introduit avec brio sa marque de fabrique et son sens du rythme.

A découvrir également dans notre rétrospective Danny Boyle :
– L’interview de Danny Boyle
– Trainspotting (1996)

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